Explosion à Beyrouth : une veillée hommage s'est tenue à Compiègne

Mardi 11 août, des habitants de Compiègne et de l’agglomération se sont retrouvés dans le cadre d’une veillée pour rendre hommage aux victimes de l’explosion survenue à Beyrouth.
 

Ils étaient nombreux réunis sur le parvis de la place de l’hôtel de ville entre recueillements et discussions, alors que les notes de chansons rendant hommage à Beyrouth et au Liban enrobaient l’atmosphère. Libanais de passage ou Picards d’adoption, amoureux du Liban ou simples amis, près de 150 personnes ont ressenti le besoin de se retrouver à Compiègne où la communauté libanaise est grande.
Mardi soir, beaucoup ont témoigné "du besoin d’être là", "du devoir de soutien" qui les a poussés à se rassembler après l’explosion meurtrière qui a frappé Beyrouth, le 4 août 2020. "On était tous effondrés, dans l’impuissance et la souffrance. Il fallait que j’organise quelque chose pour les Libanais, ceux qui aiment le Liban, pour nous recueillir," témoigne Samar Mayssirel, coorganisatrice du rassemblement, qui réside en France depuis 30 ans. "J’ai vite fait de contacter la mairie qui a répondu positivement très rapidement. C’est bien sûr une goutte dans l'océan, mais l’idée était de pleurer ensemble, de nous souvenir de nos moments au Liban. On a besoin de partager cette douleur, de prier pour ces victimes qui n’ont rien demandé à personne. Pour se dire, on a fait un geste."
 

"Ce sont des gens qui ont pris leurs balais et sont allés aider leurs voisins"



Hugo, Adrien et leur père sont venus en famille. Ils étaient à Beyrouth le jour de l’explosion. "Je n’ai pas vu l’explosion parce que j’étais en train de jouer à la console," débute le premier avant que son petit frère ne poursuive. "Ma mère était sur le balcon. Elle a vu l’explosion et est entrée en courant en nous disant de nous éloigner des vitres car elles pourraient exploser. Le fils de mon parrain s’est fait projeter de deux mètres cinquante."

Malgré le drame, cette famille franco-libanaise a maintenu son voyage annuel en France destiné à rendre visite à leurs grands-parents installés en Picardie. Un sacré dilemme. "Ce qui était terrible, c’est qu’il n’y a aucune force du gouvernement, armée ou police qui est venue aider. Ce sont des gens qui ont pris leurs balais et sont allés aider leurs voisins,"  contextualise leur père. "C’était génial à voir et en même temps très triste. Partir était d’autant plus difficile car on a eu l’impression de laisser les gens tout seuls, de ne pas pouvoir aider. C’était donc important de venir à cette veillée, de nous reconnecter."
 

"Il faut passer par des ONG pour être sûr que les financements arrivent aux populations"


Ce rassemblement était aussi une manière de sensibiliser pour George Diab, adjoint de la mairie et lui aussi franco-libanais. "Sur le plan pratique, on essaie de lancer et de participer à des campagnes d’aides. Le plus important en ce moment, c’est l’aide médicale, de dégager les blessés, de reconstruire car de nombreux Beyrouthins sont à la rue. On va sûrement lancer une collecte, mais c’est une goutte d’eau. L'idée, c'est surtout que tout le monde essaie de sensibiliser ses connaissances afin de mettre la pression et que les organisations soient vigilantes à ce que l’aide arrive à la population. Vu la classe politique qu’on a au Liban en ce moment, c’est difficile d’avoir une confiance totale. Il faut passer par des ONG pour être sûr que les financements arrivent aux populations."
 

Pour d’autres, le rassemblement était donc également un moyen "d’exprimer leur colère" envers les dirigeants du pays. "Je suis d’autant plus en colère que ce qui s’est produit n’est pas une fatalité", soutien l'un d'eux. C’est le résultat d’une décennie de négligence et d’incompétence de la part de ceux qui ne nous gouvernent même pas. Ils se contentent de piller ce pays et on en arrive à ce qu’on a vu. Cela devait finir par exploser d’une manière ou d’une autre en raison de la manière dont le pays est gouverné."

Rappelons que le bilan de l’explosion s’élève d’après les derniers constats à près de 170 morts et plus de 6 000 blessés.
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