Les incendiaires présumés de la voiture du maire de Creil relaxés

Le véhicule de fonction de Jean-Claude Villemain, maire de Creil, a été incendié devant son domicile dans la nuit du 19 au 20 mai 2020. / © Images amateur
Le véhicule de fonction de Jean-Claude Villemain, maire de Creil, a été incendié devant son domicile dans la nuit du 19 au 20 mai 2020. / © Images amateur

Les 4 hommes soupçonnés d'avoir incendié la voiture de fonction du maire de Creil dans l'Oise dans la nuit du mardi 19 au mercredi 20 mai ont été relaxés faute de preuves suffisantes.

Par Gontran Giraudeau et Jennifer Alberts


Les 4 incendiaires présumés de la voiture de fonction de Jean-Claude Villemain, le maire de Creil, ont été relaxés par le tribunal de Senlis vendredi 22 mai. Âgés de 18 à 22ans , ces jeunes Creillois ont nié les faits. Selon le tribunal, les preuves de leur culpabilité n'étaient pas suffisantes, comme le rapporte Oise hebdo. Si deux témoins affirmaient les avoir vus sur place au moment des faits, les accusés se sont défendus en argumentant qu'ils étaient là en curieux.

Le maire de Creil a réagi sur sa page Facebook à l'annonce de cette relaxe sur un ton amer :
 
La voiture de fonction du maire de Creil Jean-Claude Villemain  été incendiée vers minuit dans la nuit de mardi à mercredi. Trois hommes majeurs ont été interpellés et placés en garde à vue. En début d'année, le véhicule personnel de M. Villemain avait déjà été incendié volontairement.

Le 20 mai, "trois hommes majeurs ont été interpellés par la police et placés en garde-à-vue", nous a déclaré Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République de Senlis, confirmant une information révélée par le Courrier picard.

Jean-Baptiste Bladier a aussi confirmé que l'acte volontaire est privilégié par les enquêteurs : "En l'état actuel des choses, ce n'est pas un hasard. A priori, l'incendie a été déclenché par un cocktail Molotov".

450 foyers privés d'électricité

"Nous avons été réveillés par des voisins", révèlait ce mercredi matin Jean-Claude Villemain, maire de Creil. Les faits se sont en effet produits vers minuit dans la nuit de mardi à mercredi. Le feu serait parti de son véhicule de fonction, un Renault Scénic, stationné devant la maison. 

Les flammes se sont alors propagées jusqu'à la limite du domicile, faisant fondre la barrière et le compteur de gaz. Une torchère de 2,5 mètres de haut s'est formée faisant "un bruit de moteur de réacteur audible à 40 mètres. Elle a brûlé pendant une heure, le temps que les équipes de GRDF interviennent. Ce matin, 450 foyers du quartier sont privés de gaz", selon M. Villemain.

 
Le feu serait d'origine volontaire : selon le maire de Creil, des témoins auraient vu des jeunes hommes s'enfuir au même moment.

La police nationale, présente jusqu'à trois heures du matin, a relevé des éléments sur les lieux.
 

Cet incendie pourrait être un acte de vengeance selon Jean-Claude Villemain. Le couvre-feu, prolongé par la municipalité au-delà du 11 mai (finalement annulé par le tribunal administratif d’Amiens), "a pu troubler les habitudes de certains acteurs de l'économie parallèle".

Mais il n'écarte pas l'hypothèse d'une intimidation dans le contexte d'une reprise de la campagne des municipales : "Ce n'est pas innocent que cet incendie arrive au démarrage du second tour, car tout le monde se prépare pour la fin juin."

 

La campagne des municipales a déjà été marquée par des actes d'intimidation. En début d'année, la voiture personnelle de Jean-Claude Villemain avait déjà été incendiée : "Il y avait un contrat sur mon véhicule. La police a interpellé un mineur, qui a été interdit de séjour dans l'Oise et placé en centre fermé". Le commanditaire n'a pas été identifié, mais un mineur a été interpellé et mis en examen.

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