Keblack, la star du rap originaire de Nogent-sur-Oise, sort un nouvel album, Contrôle, aux sonorités afro et r'n'b et aux textes très personnels

Keblack, le rappeur aux millions de vues et de stream sur internet, a sorti son nouvel album Contrôle le 12 novembre. Nos journalistes Haron Tanzit et Nagib Ben Ghezala l'ont rencontré dans la ville où il a grandi, Nogent-sur-Oise.

Keblack a d'abord conquis le cœur des Bleus pendant l'Euro de football 2016 avec son titre "J'ai déconné", qui a fait danser Patrice Evra et Paul Pogba. Le grand public le découvre alors et se déhanche à son tour. Il transforme ensuite l'essai en 2017 avec "Bazardée", qui cumulera plus de 200 millions de vues sur YouTube. 

Tombé dans le rap quand il était petit

Très rapidement, Keblack se retrouve propulsé sur la scène internationale du rap francophone, avec des tournées qui l'emmènent entre autres en Côte d'Ivoire, au Congo, au Canada, et bien sûr partout en France. Mais tout a commencé dans le quartier de la Commanderie, à Nogent-sur-Oise, où il est né et où il a grandi, aux côtés de son ami de toujours, Naza, lui aussi devenu rappeur.

"On trainait ici avec Naza, avec tout le monde, on restait des heures et des heures. Je me suis fait engueulé plein de fois ici par mon père qui me cherchait", raconte-t-il en riant. Son amour pour la musique a commencé ici, avec sa bande de copains, fascinée par le groupe de rap local MGS, pour "Les Mauvais Gars du Son". "C'est un groupe de la génération de mon grand frère qui nous fascinait. Ils avaient un style particulier, avec beaucoup de jeux de mots." Il tire son inspiration de ce rap old school autant que de la rumba congolaise : "c'est le côté congolais qui fait que ça bouge !", explique-t-il.

"Je suis un caméléon"

Car réduire sa musique au rap serait une erreur. Toute une génération se déhanche sur les instrus entraînantes de ses sons, dans lesquels il n'hésite pas à chanter. "Je ne peux pas définir mon style ! Un jour je rappe, un jour je chante, le jour d'après je suis entre les deux... Je suis un caméléon en fait, c'est ça mon style", assure-t-il.

Un style qui a su séduire les jeunes à travers le monde, au-delà des ses espérances. "Je pensais que c'était pas vrai au début. Mon père m'a demandé si j'avais acheté des vues. J'ai dit non mais il m'a mis un doute. Mais quand j'ai fait le tour de la France, quand je suis parti en Afrique, j'ai vu comment les gens réceptionnaient le morceau ["Bazardée", ndlr], et j'ai compris que les 200 millions de vue, c'était réel, se souvient-il. C'est un morceau que j'ai écrit en studio, avec 4 ou 5 personnes, mes amis, et je me suis retrouvé devant 15 000, 20 000 personnes qui chantent le son à s'arracher les cordes vocales ! Ça fait super plaisir."

"Contrôle", l'ôde à l'amour

Aujourd'hui, à l'aube de ses 30 ans, le rappeur repéré il y a six ans par Youssoupha sort son troisième album, Contrôle. 17 titres aux sonorités afro et r'n'b et aux textes très personnels, qui tournent autour des relations amoureuses. "Il m'est arrivé plein de choses ces derniers temps, je suis devenu papa, et on y retrouve mes histoires d'amour sous différentes facettes. Le thème, c'est l'amour, mais avec plusieurs manières de l'aborder." 

Sur la tracklist on trouve bien sûr un featuring avec son éternel ami Naza, mais aussi avec Ninho, le rappeur le plus streamé de 2021 sur Spotify,  et Hatik, révélé pendant le premier confinement par la série à succès Validé. De quoi assurer un bon démarrage à cet album, qui va devoir se faire une place au milieu des sorties rap très attendues de ce mois de novembre : les nouveaux albums d'Orelsan, d'Hatik et de Tayc sont dévoilés cette semaine.

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