Dans l'Oise, Joy fait partie des 10 chiens en France capables de détecter la Covid-19 à partir d'échantillons de sueur

En France, grâce au programme de l'école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort, une dizaine de chiens sont aujourd'hui capables de détecter la Covid-19 à partir déchantillons de sueur. L'un d'entre eux est une malinoise de 7 ans, membre de la brigade cynophile du SDIS de l'Oise.

Joy, la malinoise du SDIS de l'Oise, entraînée à détecter la Covid-19
Joy, la malinoise du SDIS de l'Oise, entraînée à détecter la Covid-19 © Delphine Dubourg / FTV

À partir d'échantillons placés dans des boîtes, Joy, une malinoise de 7 ans, membre de la brigade cynophile du SDIS à Tillé dans l'Oise, est capable de détecter ceux qui sont porteurs du Covid-19. "C'est une chienne qui est très calme, mais le plus difficile, c'était de lui faire mettre la tête dans un cône, explique Didier Roisse, officier expert cynetechnique au SDIS de l'Oise. Une fois cette phase d'apprentissage réussie, on a pu évoluer sur le virus de la Covid avec ses variants et ses mutations."

Pour le moment, seule une dizaine de chiens sont opérationnels pour détecter le virus. La méthode, fiable à 97%, a été créée en mars 2020 dans le cadre du programme Nosaïs de l'école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort (EnvA) dans le Val-de-Marne. La détection olfactive des cancers du côlon existe déjà au Liban alors pourquoi pas le Covid, se demandent les experts vétérinaires. 

Les membres de l'équipe Nosaïs, composée notamment de cynotechniciens et chiens des SDIS 78 et 60, travaillent alors sur les types de prélèvement possibles. "La méthodologie mise en place consiste à prendre des compresses de sueur de gens qui étaient malades en réanimation et ensuite de formater la chienne à cette odeur", précise Didier Roisse. 

L’odorat du chien, beaucoup plus développé que celui de l’homme, peut ainsi déceler une odeur en ne disposant que de quelques microgrammes de la substance recherchée. À ce jour, les chiens marquent les variants anglais, sud-africain et brésilien. "L'équipe attend de pouvoir tester sur variant indien dès que des prélèvements sont disponibles", indique l'EnvA.

Un prélèvement "simple et rapide"

Pour effectuer les tests, les échantillons présentés sont obtenus à partir de compresses placées pendant 5 minutes sous les aisselles. "Ce test est intéressant parce que c'est un test qui est non invasif, c'est-à-dire un prélèvement qui est simple à faire avec une lecture assez rapide", indique le lieutenant colonel Nicolas Dirn, vétérinaire chef des sapeurs-pompiers de l'Oise. 

À la différence du test PCR, qui est un prélèvement direct du virus ou d'un fragment de virus, le test d'olfaction canine s'effectue à partir d'une réponse de l'organisme à la présence du virus. "Chacune des réponses inflammatoires de l'organisme a un marquage olfactif et c'est là-dessus que le chien travaille", poursuit-il. 

Vers des dépistages à grande échelle

À ce jour, les chiens formés ou en cours de formation appartiennent aux SDIS de l’Oise, des Yvelines, de Seine-et-Marne, de Corse du Sud, de Gironde, ainsi qu’à la Gendarmerie nationale de Dordogne et à l’école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort. 

En mai 2021, selon l'EnvA, plus de 50 pays travaillent sur ce sujet, à différents stades (formation initiale, validation, déploiement…) dont 35 en suivant les méthodes et préconisations du programme Nosaïs. "L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pousse le concept et a déjà organisé plusieurs séminaires permettant de regrouper informations et avancement des recherches, indique l'EnvA. Certains pays ont déjà déployé des chiens, en particulier les Emirats Arabes Unis, avec qui nous travaillons depuis mars 2020, en aéroports, frontières et via des unités mobiles de dépistage canin."

À terme l'objectif est, en effet, d'envisager rapidement la mise en place de dépistages à grande échelle dans des aéroports ou des stades sportifs par exemple.

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