Dans l'Oise, l'inflation met le pâtissier chocolatier Yvon Berthelot, installé depuis 50 ans, au bord de la faillite

Yvon Berthelot possède quatre pâtisseries chocolateries à Noyon et Senlis, dans l'Oise. Ses produits sont renommés, pourtant depuis quelques mois, il ne s'en sort plus à cause de l'inflation : le prix de ses matières premières et sa facture d'électricité ont explosé.

Ses chocolats et pâtisseries sont bien connus à Senlis et Noyon : depuis 50 ans, Yvon Berthelot s'est fait un nom dans l'Oise. Propriétaire de quatre boutiques, il emploie 20 personnes. Alors que ses affaires étaient florissantes, aujourd'hui, il envisage de baisser le rideau. L'inflation des prix des matières premières et de l'électricité le pousse au bord de la faillite. 

Sa facture d'électricité va presque tripler 

En 2022, Yvon Berthelot a payé un peu plus de 18 000 € d'électricité pour alimenter ses deux fours et sa vingtaine de groupes frigorifiques. Pour 2023, son fournisseur lui annonce qu'il faudra débourser plus de 54 000 €.

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Face à l'inflation, le pâtissier chocolatier Yvon Berthelot envisage de fermer ses quatre boutiques de l'Oise ©Grégoire ALCALAY / Franck LEVASSEUR

"C'est 275 % d'augmentation, quand vous voyez ça, vous avez envie de dire qu'ils se sont trompés, non ?" se désole l'artisan. "Comment voulez-vous qu'on continue notre activité dans ces conditions-là, c'est impossible." Ce devis salé est la goutte d'eau qui fait déborder son inquiétude, elle n'a cessé de grandir pendant cette année marquée par l'inflation. 

D'après Yvon Berthelot, le prix du beurre a augmenté de 60 %, celui de la farine, d'un quart et le coût du sucre a doublé en 2022. Il ne peut pas répercuter ces hausses sur ses prix, la clientèle des petites villes où il est installé ne pourrait pas suivre. "Nous avons augmenté le prix de nos pâtisseries de 3 %, ajoute-t-il, ça couvre à peine le cartonnage". 

"On ne peut pas vendre dans ces conditions"

Yvon Berthelot a 80 ans. Ces difficultés financières compliquent la transmission de son activité. "C'est quand même lamentable, 50 ans que je suis à Noyon, que ça marche du tonnerre, terminer ma carrière comme ça me fend le cœur mais on ne peut pas vendre dans ces conditions".

" En deux, trois mois, tout a été balayé "

Morgan Isaac, président de la chambre des métiers et de l'artisanat de l'Oise

France 3 Picardie

Fermer boutique est sa seule option s'il n'obtient pas rapidement d'aide pour faire face à l'envolée de ses charges. D'après Morgan Isaac, président de la chambre des métiers et de l'artisanat de l'Oise, la situation d'Yvon Berthelot n'est pas un cas isolé : "Il y a une autre personne, 60 ans, elle a travaillé toute sa vie, elle devait transmettre son entreprise au printemps, mais son entreprise ne vaut plus rien. En deux, trois mois, tout a été balayé par le coût de l'énergie, ce n'est pas entendable."

Morgan Isaac craint que 30 % des entreprises de l'Oise fassent faillite dans les mois à venir. C'est pour cela qu'il soutient la proposition du président de la chambre des métiers et de l'artisanat des Hauts-de-France, Laurent Rigaud, qui consiste à diviser les factures d'énergie en trois tiers : un tiers payé par l'Etat, un tiers par l'artisan et un tiers par le fournisseur. 

Pour l'instant, un bouclier tarifaire a été mis en place par l'Etat pour les TPE qui ont moins de 10 salariés et deux millions d'euros de chiffre d'affaire. D'après Morgan Isaac, d'autres aides sont annoncées pour le début de l'année mais "il faut que l'Etat accélère, pour certaines entreprises, c'est une question de semaines".