Dans l'Oise, les habitants peuvent adopter gratuitement une poule pour lui éviter l'abattoir et réduire les déchets

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Écrit par Céline Brégand .

En collaboration avec une éleveuse de l'Oise, la Communauté de communes du Plateau Picard propose à ses habitants d'adopter gratuitement des poules. L'avantage est double : les gallinacés évitent l'abattoir et contribuent par la même occasion à réduire les déchets des foyers.

"On constate que les poubelles prennent du poids et que la facture ne fait qu'augmenter alors que près de 30% de nos biodéchets pourraient être éliminés par des solutions alternatives comme le compostage et les poules", expose Marie-Amélie Vergé, chargée de mission auprès du directeur général des services de la Communauté de communes du Plateau Picard (CCPP). Face à ce constat, et dans le cadre de sa politique de réduction des déchets, la CCPP a donc décidé d'expérimenter pour la première fois une solution originale : donner des poules à ses habitants. 

Non seulement les adoptants pourront réduire leur production de biodéchets puisqu'une poule peut en consommer une centaine de kilos par an, mais ils permettront aussi à des poules de réforme de poursuivre leur vie au grand air. Les élevages remplacent ainsi leurs poules tous les 12 à 18 mois afin de pouvoir nettoyer leurs bâtiments. Les poules de réforme sont donc des poules pondeuses d'environ 18 mois, le plus souvent envoyées à l'abattoir lors du renouvellement. 

En tout, 6 500 poules pourraient être sauvées de l'abattoir

Mais depuis 2016, Claire Josselin, éleveuse de poules bio de Méry-la-Bataille dans l'Oise, a décidé de donner une nouvelle vie à ses 6 500 poules en les proposant à la vente. "Ça fait deux ans que je n'en envoie aucune à l'abattoir", se réjouit l'éleveuse, choisie comme partenaire par la CCPP. 

Les adoptants doivent garantir un bon accueil des gallinacés : disposer d'un poulailler avec un mètre carré par poule, un perchoir et un pondoir, un mangeoire, du grit afin qu'elles assimilent bien les aliments, un abreuvoir avec de l'eau à disposition en permanence, et un espace en plein air de 10 à 20 mètres carrés par poule protégé par une clôture.

Une transition douce à privilégier pour l'alimentation

Concernant l'alimentation des poules, Claire Josselin conseille une transition douce afin que les poules continuent de pondre. "Je conseille aux gens de les nourrir pendant un mois avec un mélange de l'aliment spécial que je leur donne depuis le début et de l'aliment [maïs, blé, ndlr] que les gens leur donneront par la suite", précise-t-elle. Les poules arrêteront de pondre si, du jour au lendemain, elles s'alimentent strictement de biodéchets et de blé.

Parmi les déchets alimentaires, elles mangent les épluchures de fruits et légumes, les croûtes de fromage, le pain dur, les restes de salade, les restes de coquillages et crustacés broyés ou encore les restes de repas cuits. Une liste plus complète des biodéchets à leur donner et ceux à proscrire est disponible ici

Manger des œufs frais et fertiliser son potager

En plus de consommer les biodéchets, la poule est "un animal plutôt sympathique" qui peut "nous aider dans le jardin", note Marie-Amélie Vergé. La fiente de poule constitue en effet un bon fertilisant pour le potager. La poule peut aussi aider à réguler les proliférations d'insectes envahissants. La durée et la fréquence de ponte des œufs ne sont cependant pas prévisibles et dépendent de chaque poule. 

La collectivité prend en charge deux à trois poules par foyer. Au-delà, il faudra acheter les poules à l'éleveuse.

Marie-Amélie Vergé, chargée de mission auprès du directeur général des services de la Communauté de communes du Plateau Picard

Les adoptants ont jusqu'au 25 août pour se manifester par téléphone (03 69 12 50 70) ou par mail (jadopteunepoule@cc-plateaupicard.fr). En date du 17 août, "230 personnes se sont dit intéressées" par l'adoption d'au moins une poule, indique la chargée de mission de la CCPP. Après vérification des bonnes conditions d'accueil et la mise en place d'un contrat d'adoption, les habitants pourront venir récupérer leurs poules directement chez l'éleveuse le 30 août l'après-midi et le 31 août le matin.

"La collectivité prend en charge deux à trois poules par foyer [habitant la CCPP, ndlr]. Au-delà, il faudra acheter les poules à l'éleveuse", précise Marie-Amélie Vergé. Pour les personnes résidant hors de la CCPP qui souhaitent adopter une ou plusieurs poules, il faut contacter directement l'éleveuse (au 06 25 43 38 13) et débourser trois euros par animal. 

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