Déconfinement : la plateforme automobile du Meux dans l'Oise espère enclencher la vitesse supérieure

Au point mort depuis deux mois, la zone de stockage de voitures au Meux dans l'Oise attend beaucoup du "plan auto" annoncé demain par le gouvenement. L'activité de cette branche automobile a en effet chuté de 80 % depuis mars.

Les plateformes automobiles accusent une perte de chiffre d'affaires pendant la crise sanitaire.
Les plateformes automobiles accusent une perte de chiffre d'affaires pendant la crise sanitaire. © GCA
Nichée sur les bords de l'Oise à quelques kilomètres au sud de Compiègne, la plateforme automobile du groupe Charles André a une activité proche de zéro depuis deux mois et le début du confinement.
À tel point que la soixantaine de salariés du Meux était au chômage partiel. Sur le site, il ne reste que les personnes chargées de la surveillance des 12000 voitures stationnées.


Voitures en transit

"Le Meux est le plus gros site du Nord de la France de notre groupe avec 130 000 voitures stockées annuellement", précise Arthur Pic, directeur général adjoint en charge de la division logistique auto de GCA, un groupe presque centenaire basé à Montélimar. "Nous sommes le lien entre les usines de production de véhicules et les concessionnaires. Les voitures neuves transitent quotidiennement par notre hub. Entre 1 000 et 1 200 sont stockées au Meux tous les jours. Certaines partent très vite en livraison et d'autres restent plusieurs semaines."

Renault, Nissan, Mercedes, BMW ou Jaguar sont les marques stationnées sur ce gigantesque parking à ciel ouvert de 32 hectares. Le marché de l'occasion est aussi sur le site. En effet, des véhicules de location courte ou longue durée sont rapatriés dans l'Oise dans l'attente d'être livrés à des revendeurs automobiles ou à des concesionnaires, pour être écoulés ensuite en voitures d'occasion.

Le site à l'arrêt

Cette plate-forme géante stocke donc des milliers de voitures pour quelques semaines ou quelques jours. Mais depuis deux mois, il n'y a eu aucun mouvement sur le site. Aucune arrivée, aucun départ. A cause de la crise du covid-19, l'activité est figée, même si un frémissement se fait sentir depuis la sortie du confinement le 11 mai.

De quoi rassurer Arthur Pic, même si le bilan de mars et d'avril s'annonce difficile. "Nous ne sommes pas encore au niveau de mai 2019, loin de là. Néanmoins ça remonte crescendo. Dans notre activité très cyclique, nous sommes en attente des commandes dans les concessions. Toute la filière espère beaucoup du plan auto pour relancer la machine car actuellement  les clients attendent avant de passer commande. Cependant, nous ne  sommes pas inquiets pour le long terme car nous avons la chance d'être un groupe solide."

Outre les plateformes automobiles, le groupe est présent dans une dizaine de pays d'Europe avec 9 200 salariés. Il est positionné sur deux autres activités : le transport de matières dangereuses et les plateformes logistiques.
 

"Le marché va rebondir"

Des annonces sur les aides aux consommateurs devraient permettre de conditionner la relance des achats de véhicules neufs, et donc faciliter progressivement la reprise du marché. Par ailleurs, d'éventuelles relocalisations d'usines de production changeraient aussi la donne pour l'activité des plateformes. Géographiquement, Le Meux est bien positionné. Sa proximité par exemple avec le port de Zeebruges, qui accueille beaucoup de voitures produites à l'étranger, est un atout. Une fois les véhicules arrivés par camions dans l'Oise, ils peuvent partir dans toute la France. 

Pour les loueurs, Arthur Pic espère qu'il ne s'agit que d'un "gros trou d'air comme pour tout le secteur du tourisme et que le marché va rebondir. On aura toujours besoin de voitures de location dans les gares, les villes et les aéroports."  

La chaine de logistique du circuit, qui part du constructeur vers l'automobiliste, a souffert elle aussi, et n'avait pas besoin de ce virus pour gripper un marché automobile de plus en plus difficile.
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