Des collégiens de l'Oise en visite au Mémorial de la Shoah pour faire perdurer le devoir de mémoire : "ils ont face à eux l'épreuve de l'histoire"

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Écrit par Eline Erzilbengoa avec Anthony Halpern

Quatre classes de 3e d'un collège de Chaumont-en-Vexin dans l'Oise se sont rendues au Mémorial de la Shoah à Paris dans le cadre d'une convention entre le musée et l'académie d'Amiens. L'objectif étant de permettre aux élèves d'en apprendre davantage sur le génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour la plupart des élèves de 3e du collège Saint-Exupéry de Chaumont-en-Vexin dans l'Oise, c'est une première. Jeudi 20 janvier, quatre classes ont découvert le Mémorial de la Shoah situé dans le 4e arrondissement de Paris. 

À l'intérieur, 40 millions de documents d'époque, faisant du musée le troisième centre d'archives au monde retraçant l'histoire du génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

L'occasion pour les élèves de mettre des noms et des visages sur les 76000 juifs déportés de France, dont moins de 5% d'entre eux ont survécu aux camps nazis. "J'apprends beaucoup de choses, c'est très instructif et j'espère que le plus de monde va venir dans ce musée", nous confie un collégien. "C'est assez perturbant de savoir qu'il y a des milliers de gens qui sont morts à cause d'une simple idéologie", ajoute l'une de ses camarades au cours de la visite.

"L'histoire ce n'est pas regarder en arrière, c'est être vigilant sur le présent"

"Dans nos expositions, nous valorisons énormément les archives, indique Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah. Cela permet aux élèves d'avoir face à eux l'épreuve de l'histoire, de voir que cela s'est passé dans notre pays et d'essayer de comprendre comment on en est arrivé là. L'histoire ce n'est pas simplement regarder en arrière, c'est être vigilant sur le présent."

Un rappel historique à point nommé en pleine campagne électorale, alors que les thèses révisionnistes foisonnent sur les réseaux sociaux. "Vous savez aujourd'hui avec les théories complotistes et les comparaisons honteuses que l'on voit dans les manifestations antivax, un collégien pourrait très bien expliquer à un adulte que ces théories sont vieilles comme le monde, que l'on ne compare pas un pass sanitaire avec une étoile jaune, que l'on ne compare pas ce qui se passe dans une démocratie comme aujourd'hui avec ce qu'il s'est passé sous l'Allemagne nazie. Ainsi, le sens de l'histoire est fondamental", estime le directeur du Mémorial.

Une convention pour former les enseignants et multiplier les visites

Pour renforcer le travail de mémoire, l'académie d'Amiens et le Mémorial ont signé jeudi 20 janvier une convention de partenariat valable 3 ans. 

"L'histoire de la Shoah est présente dans les programmes scolaires à l'école au CM2, au collège, au lycée et ici on a un partenaire qui a une expertise incomparable qui peut nous aider à renforcer cet enseignement, souligne Raphaël Muller, recteur de l'académie d'Amiens. La formation des professeurs est importante ainsi que tous les projets qui peuvent être menés : les visites ici ou bien encore des voyages de mémoire sur les lieux des camps de la mort et à Auschwitz Bikernau en particulier."

D'autant que la Picardie a été aussi directement concernée par le génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale avec notamment le camp de Royallieu, sorte d'antichambre des camps de concentration, installé à Compiègne. "On a aussi finalement cette histoire qui est présente dans notre région, abonde le recteur de l'académie d'Amiens. C'est une histoire fondamentale peut-être encore plus maintenant, c'est pour cela que je suis très content que cette convention ait pu être signée parce que cela va permettre d'améliorer encore plus notre enseignement."