Des élèves privés d'accueil périscolaire à cause d'un conflit financier entre deux mairies

À Vaudancourt, dans le sud-ouest de l'Oise, certains enfants ne pourront plus participer aux activités périscolaires dans le village voisin à cause d'un conflit entre leurs mairies. Les parents s'inquiètent. Dès le lundi 8 janvier, ils ont dû trouver des solutions de substitutions pour garder leurs enfants hors du temps scolaire.

En tout, ce sont quatre élèves de Vaudancourt qui sont concernés. Ils n'ont plus accès à la garderie le soir, mercredi et durant les vacances scolaires depuis ce lundi 8 janvier. En cause : un désaccord entre leur village et le village voisin de Courcelles-lès-Gisors.

Les parents s'inquiètent. "On a appris vendredi pour ce lundi que nos enfants n'auraient plus accès aux activités extrascolaires. Ces services autour de l'école sont indispensables pour nous, parents qui travaillons", explique Marie Fourny, mère d'une enfant de 8 ans scolarisée à Courcelles-lès-Gisors qui habite à Vaudancourt.

Les communes qui n'ont pas d'écoles sont tenues de payer les frais de scolarités de leurs administrés aux mairies des écoles qui les accueillent. En revanche, les frais périscolaires sont soumis à l'appréciation des maires entre elles. Elles peuvent décider de s'entraider gratuitement. C'est ce qui s'est passé pour les jeunes habitants de Vaudancourt, accueillis dans l'école de Courcelles-lès-Gisors depuis plusieurs générations. Jusqu'aux précédentes élections, cet accueil, périscolaire uniquement, était pris en charge complètement par la commune hôte.

En 2016, la commune de Courcelles-lès-Gisors a estimé qu'elle ne pouvait plus assumer l'entièreté de ces frais seuls et qu'elle demanderait des compensations financières aux communes alentours qui envoyaient des élèves. Ce qui a été accepté par la municipalité de Vaudancourt.

Un conflit d'ordre financier

Cette année, le maire de Vaudancourt, Jean-Michel Colson, s'est inquiété du montant de cette compensation, passé de 10 000 € en 2016 à 16 000 € en 2023. "Au début, on a payé sans regarder et puis mon adjointe qui travaillait dans une école a remarqué que c'était beaucoup plus cher que la moyenne de l'Oise. À la limite, je ne conteste pas le prix, mais la transparence. Je veux savoir où va cet argent. Il faut bien savoir qu'ils ont aussi des aides de la CAF."

À ça, le maire de Courcelles-lès-Gisors, Alain Frigiotti, répond : "en comptant uniquement les dotations de la CAF, je serais dans le négatif de 70 000 €". Il explique la hausse par une revalorisation salariale des employés. Alain Frigiotti ajoute : "On a fait les comptes deux fois. La première fois, on a compté le salaire d'un animateur. Exactement comme pour les autres communes, qui ne trouvent rien à redire. Ça ne lui plaisait pas. La deuxième fois, on en a discuté devant le préfet et il l'avait prévenu qu'en comptant tout, il devrait payer plus. La deuxième fois, on a compté 22 000 € et ça a été validé par le trésor public."

"Ils ne seront pas réintégrés tant que Vaudancourt ne paiera pas"

La situation semble figée depuis le mois d'août, date à laquelle la dernière médiation a eu lieu avec le préfet grâce à une lettre envoyée par un parent d'élève désespéré. Le maire de Courcelles-lès-Gisors est clair : "Je les prends à la cantine pour ne pas trop pénaliser les parents, mais pour le reste, ils ne seront pas réintégrés tant que Vaudancourt ne paiera pas." Celui de Vaudancourt n'est pas moins ferme "Pour les élèves présents, il est obligé de les garder jusqu'à la fin de leur scolarité. Les autres, je les enverrai vers Gisors pour les prochaines années."

"Qu'ils se remettent d'accord et qu'on n'en parle plus"

Dans tout cela, les parents ont peu de solutions. "Le foyer rural de Chaumont-en-Vexin accueillera les enfants pour les vacances. Pour les deux élèves qui sont concernés par le périscolaire, c'est une maman qui s'en occupera". Une solution qui ne paraît pas idéale pour tous les parents : "Le foyer rural ne prend pas les enfants en périscolaire et il est à 15 km. J'espère que ça reviendra à la normale. Qu'ils se remettent d'accord et qu'on n'en parle plus", s'agace Marie Fourny, parent d'élève.

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