Les urgences de l'hôpital de Senlis fermées pour 2 mois : "C’est dramatique"

Du 31 juillet au 1er octobre, le service des urgences de Senlis dans l'Oise sera complètement fermé, faute de personnel. L'ouverture partielle initialement prévue est annulée. Une première.
Urgences de l'hôpital de Senlis
Urgences de l'hôpital de Senlis © FTV

Victime d’un gros accident ? Un petit bobo le soir ou la nuit ? Avec les congés – bien mérités en cette année de covid – des médecins et personnels paramédicaux, le service des urgences devait passer ce samedi en mode été et le 15 renvoyer vers Creil, l’autre hôpital du Groupe hospitalier public du sud de l’Oise (GHPSO).

Pendant deux mois, du 31 juillet au 1er octobre, seuls du conseil et de la petite chirurgie devaient être réalisés à Senlis, et uniquement en journée.

Finalement, ce sera encore plus simple : "Il s'avère que ce dispositif ne peut être mis en place en l'état, annonce la direction dans un communiqué. Les urgences (...) seront fermées à compter du samedi 31 juillet 2021 8h30 et jusqu'au 2 octobre 8h30 au plus tard. La totalité des urgences adultes du GHPSO seront donc regroupées temporairement sur le site de Creil."

La maternité est néanmoins préservée : les urgences gynéco-obstétricales continueront de fonctionner 24/7.

"Ce sera difficile pour Creil d’assumer"

Cette fermeture est une première pour ce service. Avant d'être officiellement communiquée, la réorganisation initiale avait été révélée par le Comité de défense de l’hôpital de Senlis, qui lutte depuis douze ans contre la fusion avec l’hôpital de Creil (effective depuis 2012) et ses conséquences. "Nous avons été alertés anonymement par des membres du personnel", précise sa présidente, le Dr Véronique Pruvost-Bitar.

"Pas très surprise" mais émue par ce traitement infligé à la "porte d’entrée" et "vitrine de l’hôpital", l’angiologue soulignait que les patients ne seraient surveillés la nuit que par un interne sécurisé uniquement par un médecin du SMUR ou un anesthésiste qui "ont eux aussi leur activité", sinon par un urgentiste ou réanimateur de Creil "à 13 kilomètres". Le problème ne se posera plus.

Elle ajoutait que les lits-portes où les patients des urgences peuvent normalement rester plusieurs jours en observation seront également fermés. Enfin, elle ne voit toujours pas comment tous les patients pourront être soignés à Creil.

En temps normal, les urgences de Creil sont déjà débordées. Les gens attendent des heures dans des brancards. A moins que les 100 000 habitants du territoire soient partis en vacances, ça va être très difficile pour Creil d’assumer.

Véronique Pruvost-Bitar, présidente du Comité de défense de l’hôpital de Senlis

Si la Senlisienne regrette qu'on "déshabille l'un pour rhabiller l'autre et toujours dans le même sens", les urgences de Creil avaient dit leur préférence pour une fermeture complète du service. Pas parce qu'elles sont ravies de récupérer la patientèle (le groupe des Blouses blanches annonce "une surcharge de travail conséquente et dangereuse" avec "un allongement du temps pour être soigné" et des "hospitalisations brancards") mais parce que la direction aurait ainsi "avoué la situation de crise". C'est donc finalement le cas.

L’inquiétude est renforcée par le risque d’une surtension hospitalière causée par la 4e vague de Covid-19 avec une vaccination trop tardive. "On se retrouvera à transférer les gens à des centaines de kilomètres, imagine Véronique Pruvost-Bitar. C'est dramatique !"

A plus long terme, la pérénité des urgences de Senlis est mise en doute. La fermeture estivale n’est que temporaire, mais les réanimations de Senlis avaient elles aussi connu ce traitement... avant de fermer définitivement.

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