Dans l'Oise, des tentatives d'enlèvement de collégiens inquiètent les parents

Depuis plusieurs semaines, l'inquiétude monte dans les communes de Bacouël et Breteuil-sur-Noye dans l'Oise : deux tentatives d'enlèvement de collégiens ont été signalées à la gendarmerie. Et plusieurs autres ont été évoquées sur les réseaux sociaux.

"C'était à 7h30 mercredi matin (le 13 janvier, ndlr). Ma fille allait vers son arrêt de bus. Elle était la seule à prendre le car. Une voiture était garée pas loin et un homme avec une casquette et une capuche est descendu et l'a poursuivie. Le deuxième homme a démarré la voiture et l'a suivie." L'arrêt de bus en question est situé rue Yves Maréchal dans le centre de Bacouël dans l'Oise. Un village de 500 habitants situé au nord-est de Beauvais : 

Prise de panique, la collégienne de 14 ans a la présence d'esprit d'actionner l'alarme anti-agression qu'elle porte sur elle. Elle frappe également à la porte d'une maison "où il y avait de la lumière, continue son père. L'homme est alors remonté dans la voiture et ils ont pris la fuite". La gendarmerie est alors alertée et la nouvelle circule rapidement sur les réseaux sociaux :

La jeune fille n'a pas vraiment eu le temps de bien voir le véhicule. Elle dira qu'il s'agit "d'une petite voiture de couleur foncée". Cette histoire, elle la raconte quelques jours plus tard au principal du collège Compère Morel de Breteuil-sur-Noye où elle est scolarisée. Un collège situé à quelques kilomètres de Bacouël. "Un collégien m'a fait le même signalement mi-décembre avant les vacances de Noël, confie Nicolas Brulé, le principal. Ça s'est passé également à Bacouël. J'ai contacté la mairie et nous sommes en contact informel avec la gendarmerie : les gendarmes sont au courant de ces événements".

Une première tentative en décembre

Le 16 décembre 2020 en effet, un collégien de 11 ans aurait lui aussi vécu la même situation à l'arrêt de bus de Bacouël. "Il part de la maison à 7h12, nous raconte Josette Poirée, sa mère. Donc il devait être 7h15/7h20 quand c'est arrivé. Un homme avec une casquette a surgi sur son chemin. Il a demandé à mon fils de venir avec lui. Mon fils a dit non. L'homme a insisté en disant qu'il avait quelque chose à lui montrer. Mon fils s'est mis à courir. Il a rejoint son copain qui a vu une voiture avec la portière à moitié ouverte et l'homme monter dedans. Le conducteur a mis les pleins phares pour que la plaque ne puisse pas être notée, à mon avis."

Contacté, le maire de cette petite commune n'a pas voulu nous parler. Bernand Pelou a néanmoins expliqué à Oise hebdo être "au courant et la gendarmerie aussi. J’invite toutes les personnes qui auraient vu tout type de comportement suspect à se manifester en appelant la mairie et surtout en laissant un message sur notre répondeur quand elle est fermée".

Rumeurs et emballement des réseaux sociaux

Des tentatives d'enlèvement qui affolent les parents et les réseaux sociaux : des signalements sont faits mercredi 13 janvier autour du collège Anatole France à Montataire et Marseille-en-Beauvaisis. Marseille-en-Beauvaisis où on dit n'avoir rien entendu à ce sujet.

Mais à Montataire, "ces signalements sont pris très au sérieux par l'administration du collège, la mairie, la police nationale et la police rurale. On s'est mobilisés quand la rumeur est sortie. Mercredi, des agents de la police rurale se sont mis en surveillance à la sortie du collège", précise le cabinet du maire. Une autre tentative d'enlèvement aurait eu lieu jeudi matin aux abords du collège et de l'école maternelle de Breteuil-sur-Noye. "C'est faux, nous confie la police municipale. On s'est postés pas loin et nous n'avons rien vu. L'agent qui fait traverser les enfants devant l'école maternelle a bien observé et il n'a rien vu. On a vérifié avec les images de vidéo-surveillance mais rien non plus".

Des parents sur leurs gardes

Les parents de la collégienne de 14 ans menacée le 13 janvier ont demandé au transporteur scolaire de mettre sur sa ligne un arrêt proche de son domicile. "La mairie a apparemment demandé la même chose et je vais appuyer ces demandes", précise Nicoals Brulé, le principal du collège de Breteuil-sur-Noye.

Quant au petit garçon de 11 ans, il ne va plus tout seul à son arrêt de bus. "Il est retourné au collège le lendemain mais on a pris nos dispositions : comme on commence tôt le matin mon mari et de moi, on l'emmène chez son copain et sa mère les emmène tous les deux au bus." 

Une enquête est en cours et le parquet de Beauvais a été saisi du dossier.

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