Ouverture de l'enquête publique environnementale sur le canal Seine-Nord-Europe

Depuis le 5 octobre, l'enquête publique environnementale concernant le secteur 1 du canal Seine-Nord-Europe est ouverte. Pendant un mois, les citoyens vont pouvoir se rendre en mairie pour s’informer et s’exprimer sur les aménagements écologiques du projet.

© FTV
Jusqu'au 5 novembre, les habitants de douze communes de l'Oise sont invités à participer à une enquête publique environnementale concernant le secteur 1 du canal Seine-Nord-Europe de Compiègne à Passel (Oise).

Journal de l'enquête publique environnementale Secteur 1 - Canal Seine-Nord-Europe (PDF)


Chacun peut se rendre en mairie pour s’informer et s’exprimer sur les aménagements écologiques du projet. Le dossier d'enquête est consultable sur place et sur internet.
 
Trois commissaires enquêteurs indépendants assurent des permanences durant les quatre semaines (voir calendrier plus bas). Ils étudieront l’ensemble des contributions sur le projet et rédigeront ensuite un avis.

Cette enquête publique est un préalable à l’arrêté d’autorisation environnementale et au démarrage des travaux à partir de 2021.

Calendrier des permanences de la commission d'enquête

 
Canal Seine-Nord-Europe : ouverture d'une enquête publique environnementale dans l'Oise
 

Un canal imaginé il y a plus de 40 ans 

La liaison Seine-Nord-Europe est un projet visant à relier par un nouveau canal à grand gabarit le port du Havre au Benelux. Il est évoqué dès les années 1970. Le président de la République Nicolas Sarkozy le relance finalement en 2007 : les premiers tracés sont alors dévoilés, le canal est reconnu d'utilité publique.

Il s'agit d'un canal de 107 kilomètres de long entre Cambrai (Nord) à Compiègne (Oise), permettant de créer une voie directe vers les plus grands ports européens que sont Anvers et Rotterdam.

Selon la Société du canal Seine-Nord-Europe, l'établissement public en charge de la conduite du projet, entre 3000 et 6000 personnes vont travailler chaque année sur ce chantier : près d’une trentaine de métiers ont été identifiés (conducteurs d’engins, coffreurs, canalisateurs etc). Ces salariés devront être logés, nourris et transportés, ce qui devrait générer plusieurs milliers d'emplois indirects.

Les premiers travaux devraient commencer dans l’Oise l’année prochaine pour une mise en service en décembre 2028.

Un gouffre financier

Ce projet pharaonique compte pourtant de nombreux détracteurs, à commencer par la Cour des comptes européenne (CCE) qui l'a jugé peu réaliste dans un rapport publié en juin dernier. Cette institution qui contrôle la gestion financière de l'Union européenne et de ses institutions estimait que les coûts du projet avaient "pratiquement triplé", pour s'établir à 4,97 milliards d'euros.

Selon Oskar Herics, membre autrichien de la CCE, le projet, qui accuse un retard de 18 ans, ne sera "pas mené à bien dans son intégralité d'ici à 2030".





 
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