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Politique : l'été mouvementé d'Agnès Thill

Agnès Thill à l'Assemblée nationale le 2 juillet 2019 / © Christophe Morin / Maxppp
Agnès Thill à l'Assemblée nationale le 2 juillet 2019 / © Christophe Morin / Maxppp

Exclusion de LREM, loi bioéthique, "députée inapte"... Agnès Thill aura, probablement, passé des étés plus reposants. Coup d'œil sur l'activité d'une députée de l'Oise très médiatique.

Par A.P.

Le Monde, Libération, Le Figaro, le Huffington Post, Ouest-France... Agnès Thill fait parler d'elle. Deux ans après son élection, la députée de la deuxième circonscription de l'Oise s'est fait une réputation bien au-delà de son département. Une notoriété grandement alimentée par ses prises de positions et ses "petites phrases" controversées. L'été, saison idéale pour que se tassent les choses ? Ça dépend pour qui.
 

Le feuilleton Thill

On pourrait dire que cela a commencé comme ça, il y a bientôt neuf mois : 
 

Le 8 novembre 2018, en plein débat sur la procréation médicalement assistée (PMA), Agnès Thill regrette dans un tweet un "puissant lobby LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, NDLR)" à l'Assemblée nationale. Des propos instantanément repris, relayés et dénoncés. 
 

Le feuilleton Agnès Thill est bien "en marche". Les lecteurs, et ses électeurs, ont ainsi été tenus en haleine par la république en marche (LREM) pendant de longs mois, sans que personne n'ait eu un quelconque doute sur l'issue : Agnès Thill embarrasse la majorité, elle est exclue le 26 juin 2019. Et un épisode de plus. 
 

Un départ tonitruant 

 

L'élue, accusée d'homophobie par beaucoup d'associations LGBT, d'opposants politiques et en premier lieu, par son propre camp, ne peut plus siéger avec la majorité au palais Bourbon. Son parti lui reproche "d’avoir tenu des propos polémiques sur les réseaux sociaux et également par voie de presse à propos du projet du gouvernement d’ouvrir la PMA à toutes les femmes (...) préjudiciables à la cohésion du mouvement." L'été démarre bien dans l'Oise.
 

 

Réseaux sociaux, boulot, dodo

Et les semaines suivantes ne vont pas être plus reposantes pour Agnès Thill. L'ex-LREM réclame, dans la foulée de son exclusion, 10 800 euros à son ancien président de groupe, Gilles Le Gendre. "On doit donner 400 € par mois au groupe LREM de l'Assemblée nationale. J’avais réglé jusqu’en septembre 2021 inclus", explique-t-elle. Un combat qu'elle mène d'abord sur les réseaux sociaux. La députée est une "twittos" aguerrie, pas question de mettre en veille. Et elle se veut poétesse :
 

Une posture un brin victimaire, seule contre tous : l'élue n'hésite pas à qualifier son cas de "lapidation" politique. Agnès Thill amère, Agnès Thill vexée, mais Agnès Thill déterminée à défendre ses idées. Tenue à l'écart de ses petits camarades, la députée ne se prive pas pour attaquer. Le 22 juillet, la - désormais - dissidente publie cette tribune sur Twitter : "Nous seuls dirigeons et réglementons tout... C'en est dangereux (...) j'ai quitté la violence, l'intimidation, la menace, le chantage, la haine, le mépris, l'humiliation, l'arrogance, le jugement, les insultes, l'intolérance, les caricatures, l'irrespect, l'intérêt personnel, les combines anciennes, les certitudes, les ordres, les injonctions enrobées de sauce affective, psychologique, le tout dans un effet de groupe", peut-on lire. Ce n'est pas LREM qui quitte Agnès Thill, c'est Agnès Thill qui claque la porte au nez de ses compagnons de campagne. 
 
© Capture d'écran / F3 Picardie
© Capture d'écran / F3 Picardie
© Capture d'écran / F3 Picardie
© Capture d'écran / F3 Picardie

Des déclarations réitérées de nombreuses fois. Le 31 juillet dernier, elle tweete à l'attention du groupe parlementaire LREM : "ils ne soutiennent pas courage où il y a peur, n'encourage pas négociation où il y a conflit". Au début du mois, le 2 juillet, elle regrettait déjà de ne pas célébrer les deux ans de victoire d'Emmanuel Macron. "Il a été élu grâce à moi (et à nous tous) et je n’y suis pas. Ne pas oublier que ce qu’on affichait « écoute, bienveillance, consensus, tolérance, respect de l’autre, ouverture, inclusion, etc » est un parti qui exclut. Ne pas dire trop fort ni publiquement ses réserves ou oppositions." Bonne ambiance. Le divorce n'est, semble-t-il, pas encore totalement consommé.
 

Cette hyperactivité sur les réseaux sociaux, la députée s'en sert aussi pour parler de son grand combat de l'été : la loi bioéthique. Le projet de loi, validé fin juillet en conseil des ministres et discuté fin septembre à l'Assemblée, prévoit d’ouvrir la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes. Pour Agnès Thill, c'est un texte incomplet et la première étape avant l'autorisation en France de la gestation pour autrui (GPA). "Tout progrès doit-il être assouvi ? Est-ce un progrès d’encourager des femmes seules à avoir des enfants ? Va-t-on réduire la procréation à une technique et l’homme à ses gamètes ?" Abonde l'élue dans une interview accordée au site d'informations chrétien Aleteia

Le mois de juillet fut dense, août ne prévoit pas d'être plus calme. 
 

Tensions internes 

Car Agnès n'est pas seule à créer le personnage Thill. Dimanche 4 août, Patrick Fizet, vide son sac dans le Parisien. Le suppléant de la députée va jusqu'à la qualifier "d'erreur de casting". Loin d'être un allié pour braver la tempête politique, le numéro deux du duo refuse d'être associé à la parlementaire : "elle est inadaptée à la fonction de député mais par rapport à la profession de foi qu'elle a envoyé à LREM, personne ne pouvait le deviner. Quand on prend ce poste, il faut oublier ses problèmes personnels et s'investir." Comme un reproche à l'élue connue par autant de Français que de Picards. "Elle aime être sous le feu des projecteurs", glisse-t-il. De quoi, peut-être, expliquer pour de bon un été bien chargé. Impossible de l'affirmer définitivement toutefois : l'équipe de la députée, contactée à plusieurs reprises cette semaine, ne répond pas.
 

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