A 8 ans, Andréa, le petit ange des bobos à la ferme a rejoint les étoiles

C'est pour elle que ses parents, Elodie et Louis, ont créé les Bobos à la ferme. Andréa, petite fille née polyhandicapée, atteinte d'une maladie neurodégénérative, que ses parents savaient condamnée. Pour lui offrir la plus belle vie possible, ils ont déplacé des montagnes et ouvert des gîtes adaptés afin d'accueillir les familles qui, comme la leur, traversaient les joies et souffrances du handicap. Un temps de répit pour les aidants, dans la bienveillance.

"Andréa a décidé de quitter sa ferme." C'est par ces mots qu'Elodie et Louis, les parents d'Andréa ont annoncé son départ sur la page Facebook des "Bobos à la ferme". Les Bobos à la ferme, un projet imaginé très vite après l'annonce du handicap d'Andréa. Elle avait alors 5 mois. Ses parents décident de quitter Paris, s'installent à la Madelaine-sous-Montreuil (Pas-de-Calais) et retapent une gentilhommière dans l'idée d'offrir des vacances, du répit aux familles qui, comme eux, ne trouvent pas de relais pour souffler, continuer. Aider les aidants - et les aidés -, un chantier dans lequel ils ont mis toute leur énergie. 

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Les bobos à la ferme, reportage octobre 2022. ©FTV

Dans le texte publié sur les réseaux sociaux, ils poursuivent : "elle y est entrée en 2016 avec la volonté d’y laisser un héritage. Personne n’y croyait vraiment. Qu’est-ce qu’une petite polyhandicapée pourrait créer d’utile ? Comme elle a toujours été un peu têtue, elle s’est obstinée. Papa a pris la truelle, maman a pris l’Apple. Ça a fait comme un grand mouvement de gens bien différents mais orientés vers un même but. Sans jamais prononcer un mot, elle a réussi à se faire entendre. Sans bouger de son fauteuil, elle a réussi à rassembler. Sur un regard, un sourire, une présence, elle est allée chercher le meilleur de tous ces gens pour créer une ferme à son image, un lieu pour les autres où elle se sentirait vraiment chez elle". 

Offrir du répit aux parents d'enfants handicapés

En 2017, les parents d'Andréa lancent "le Laboratoire de répit",  une association qui s'est fixée comme ambition de rendre effectif le droit au répit des parents aidant dans le cadre de séjours touristiques adaptés aux handicaps des enfants, favoriser l’inclusion sociale, le bien-être et la reconnaissance du rôle des aidants familiaux mais aussi soutenir le maintien à domicile des enfants handicapés. 

Il y a quelques jours, Andréa recevait la visite de Fadila Khattabi. La ministre déléguée aux personnes handicapées et aux personnes âgées est venue voir par elle-même l'étendue du projet menée par ces parents engagés. 

L'occasion de montrer le travail accompli ces dernières années, avec la construction de gîtes labellisés "Tourisme et Handicaps", adaptés aux familles, d'une salle sensorielle, d'une salle d'handibalnéo, du jardin potager et d'évoquer tout l'écosystème de personnes-relais proposé aux familles.

Dès les prémices de leur projet, Louis et Elodie savaient ce qu'ils voulaient : "construire en milieu ordinaire, une grande place pour des personnes extraordinaires. (...) Nous œuvrons pour insuffler ici cette simplicité oubliée, cette possibilité d’avoir le choix au quotidien. Tout du moins un peu de légèreté de nos vies d’avant. Car dès que l’on passe la frontière du handicap – car il s’agit bien d’un monde à part – tout n’est que complexité et nœuds dans un labyrinthe anxiogène." écrivaient-ils sur le site internet de l'association.

Aujourd'hui, les bobos à la ferme ont 6 salariés, des "relayeurs et relayeuses" en soutien aux aidants, ont ouvert 3 gîtes et accueillent diverses activités.

Les Bobos à la Ferme est aujourd’hui le premier tiers-lieu créé par des aidants pour des aidants en France. Il démontre que les aidants peuvent et doivent participer à la construction des solutions qui amélioreront demain leur propre condition.

Elodie et Louis Dransart, parents d'Andréa

Elodie et Louis expliquent : "si ce projet est issu d’une histoire individuelle singulière, il s’est aujourd’hui transformé en une aventure collective qui rencontre l’adhésion et le soutien de milliers d’aidants et de professionnels à travers la France. Si ce projet a permis à une famille particulière de retrouver du sens suite aux bouleversements qui l’ont touchée, il est aujourd’hui devenu un vecteur d’espoir et de rétablissement pour des milliers de familles.

Elle nous a, à maintes reprises, montré comment se relever quand on pensait que c’était fini. A nous maintenant.

Elodie et Louis Dransart

Une cérémonie d’hommage à Andréa a eu lieu ce samedi 18 mai à 12 h 15 au crématorium Le Rivage de Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais). Les parents de la petite fille appellent aux dons pour poursuivre l'œuvre entamée avec et pour Andréa : "Elle nous a, à maintes reprises, montré comment se relever quand on pensait que c’était fini. A nous maintenant. Nous espérons que nous serons toutes et tous à la hauteur de ce qu’elle nous a transmis, donné, révélé… Plus la nuit est sombre, plus les étoiles brillent, Andréa continuera à inspirer, rassembler, rayonner".

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