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Pourquoi Mont-Saint-Eloi est-il un des plus beaux villages du Nord Pas-de-Calais ?

Pourquoi Mont-Saint-Eloi est-il un des plus beaux villages du Nord Pas-de-Calais ?
Pourquoi Mont-Saint-Eloi est-il un des plus beaux villages du Nord Pas-de-Calais ?

Les vestiges d’une abbaye du Xe siècle, des pierres d’antan et une église au toit étonnant … Des forêts, des collines et des carrières ... On vous fait découvrir Mont-Saint-Eloi, un des plus beaux villages du Nord Pas-de-Calais.

Par Elise Benoit - Emmanuel Quinart - Frédérik Giltay - Sergio Rosenstrauch

Partez en balade dans le Pas-de-Calais, direction le joli village de Mont-Saint-Eloi traversé par la Scarpe. Découvrez ses menhirs, ses églises et ses collines… Ses 1028 habitants, les Montéligéens, vivent au pied de ruines majestueuses en plein cœur du pays d’Artois.
 
La carte postale de Mont-Saint-Eloi


C’est où Mont-Saint-Eloi ?

Situé entre Arras et Béthune, à 19 km de Lens, Mont-Saint-Eloi domine les collines et les forêts de l'Artois. Pour y arriver depuis Calais, prenez l’A26 sur 116 km et si vous partez de Lille, il vous faudra rouler durant 60 km.
 


Ce qu’il faut savoir sur Mont-Saint-Eloi

Le village de Mont-Saint-Eloi est composé de trois hameaux. En 1821, Mont-Saint-Eloi absorbe la commune d’Écoivres qui, en 1816, avait elle-même absorbé celle de Bray.
 
DSC_3755_-1 Paysage d'Artois
Vue sur le vallon de la Scarpe depuis la place du Mont-Saint-Eloi.

Depuis la préhistoire, Mont-Saint-Eloi a vécu bien des vies et les hommes s'y sont installés dès 4000 avant JC.

Avec sa position privilégiée sur la voie romaine qui reliait Thérouanne à la cité des Atrébates et sa colline qui culmine à plus de 150 mètres au-dessus des plaines de l'Artois, le village a servi de poste d'observation que ce soit pour César et ses Romains (paraît-il) ou pour les Alliés durant la guerre de 14-18.
 

Mont Saint Eloi by Olivier on 500px.com


Les incontournables de Mont-Saint-Eloi

Les vestiges de l'abbaye de Mont-Saint-Eloi / © EMMANUEL QUINART
Les vestiges de l'abbaye de Mont-Saint-Eloi / © EMMANUEL QUINART


Les vestiges de l’abbaye 

Sur la colline dominant Arras, vous pourrez observer les deux tours mutilées de Mont-Saint-Eloi. Elles témoignent à la fois de la grandeur d’une abbaye qui rayonna sur tout l’Artois, et de la violence des combats de la Première guerre mondiale dans ce secteur. 
 
Les tours de l'Abbaye de Mont-Saint-Eloi sont classées monuments historiques. / © EMMANUEL QUINART
Les tours de l'Abbaye de Mont-Saint-Eloi sont classées monuments historiques. / © EMMANUEL QUINART

Le lieu doit son nom à Saint Eloi, l'un des premiers évangélisateurs de la région, qui aurait séjourné sur la colline de Mont-Saint-Eloi. 

Une légende souffle que cette abbaye aurait été fondée au VIIe siècle par  l'évêque d’Arras Saint Vindicien. Autre théorie, l’abbaye augustine aurait vu le jour en 929, lorsqu'un écolier retrouve le tombeau de Saint Vincidien. L'évêque Fulbert aurait alors fait ériger sur le mont, un monastère abritant les reliques de Saint Vindicien. 
 
Le quatrième étage de l'abbaye de Mont-Saint-Eloi / © EMMANUEL QUINART
Le quatrième étage de l'abbaye de Mont-Saint-Eloi / © EMMANUEL QUINART

C'est à cette abbaye que le village doit l'essentiel de son développement. Durant la Révolution française, les bâtiments de l'église sont déclarés "bien national". Ils sont alors vendus, démantelés et transformés en carrière de pierre, en 1793. 
 
Cimetière du Mont Saint Eloi / Cimetery

Puis durant la Première Guerre mondiale, des tirs d'artilleries prennent pour cible les tours, utilisées par les Alliés comme poste d'observation. De ce lieu saint, seules les deux tours monumentales de l’abbaye, classées monument historique, subsistent encore ainsi qu’un abreuvoir, les vestiges de murs ou de l’entrée de l’abbaye qui se dévoilent aux alentours.
 
Le Mont Saint.-Eloi - WW1 Ruins of the Village and the Abbey. And a Poem by Ezra Pound. 

Les églises du village

L’actuel village possède deux églises, l'église Saint-Joseph de Mont-Saint-Eloi et l’église Saint-Martin d’Ecoivres. 
 
Panorama mont2

Avant d’être rattachés à Mont-Saint-Eloi en 1821, la commune d’Ecoivres et son hameau Bray, formaient un village à part entière. L’église Saint-Martin d’Ecoivres symbolise donc cette autonomie d’autrefois. Lors de la Révolution, les villageois avaient détruit l’édifice tout en conservant le clocher pour le transformer en beffroi. La nef et le chœur ont été reconstruits en 1834 grâce au châtelain voisin. 
 
L’église Saint-Martin d’Ecoivres / © EMMANUEL QUINART
L’église Saint-Martin d’Ecoivres / © EMMANUEL QUINART

Le clocher à flèches à crochets sculptés de l’église Saint-Martin rend l’édifice surprenant. Ses crochets, disposés pour poser des échelles et des échafaudages lors des travaux de réfection, ont été sculptés en forme d’animaux et de visages grimaçants. Une particularité qu’elle partage avec sept autres villages arrageois.
 
La surprenante église Saint-Martin et son clocher à flèches à crochets sculptés / © EMMANUEL QUINART
La surprenante église Saint-Martin et son clocher à flèches à crochets sculptés / © EMMANUEL QUINART
 
Le clocher à flèches à crochets sculptés de l’église Saint-Martin / © EMMANUEL QUINART
Le clocher à flèches à crochets sculptés de l’église Saint-Martin / © EMMANUEL QUINART
 
Les crochets de l'église Saint-Martin ont été sculptés en forme d’animaux et visages grimaçants. / © EMMANUEL QUINART
Les crochets de l'église Saint-Martin ont été sculptés en forme d’animaux et visages grimaçants. / © EMMANUEL QUINART


La petite curiosité de l’église Saint-Martin : croix en grès ou pilori ?

Les historiens locaux sont divisés concernant une curieuse colonne portant la date de 1587. Installée à gauche de la porte principale de l’église Saint-Martin, elle possède trois trous disposés en triangle en son centre. Selon les Monuments Historiques du Pas-de-Calais, cette colonne a été déterrée du cimetière en 1925 pour être placée contre le mur de l’église. 

Cette colonne pourrait être le fût d’une ancienne croix en grès ou alors un ancien pilori. Les trous encore visibles servaient à fixer le carcan ou le système de maintien du condamné exposé en place publique. 
 
La petite curiosité de l’église Saint-Martin : croix en grès ou pilori ? / © EMMANUEL QUINART
La petite curiosité de l’église Saint-Martin : croix en grès ou pilori ? / © EMMANUEL QUINART

Les carrières de craies

Les environs de Mont-Saint-Eloi offrent une belle illustration des strates géologiques de l’Artois formées entre 90 et 60 millions d’années avant nous.

Au sommet des collines du Mont-Saint-Eloi ou du bois de Maroeuil, les couches de grès, sable et craie s’accumulent. Ces roches étaient utilisées dans l’architecture locale : le grès en soubassement et en pavage, la craie sur les murs, l’argile pour fabriquer des briques ou des tuiles et le sable mélangé à la chaux pour faire du ciment. 
 
Les carrières de craies / © EMMANUEL QUINART
Les carrières de craies / © EMMANUEL QUINART


Les Pierres Jumelles

Parmi les champs qui dominent les hauteurs d’ Ecoivres se dressent deux colosses de pierre. Deux blocs de grès brut qui mesurent pour le plus haut 3,30 m et 3 m pour le plus petit et qui pèsent environ huit tonnes.

Ce sont les deux "Pierres Jumelles" nommées aussi "Pierres d'Acq" ou encore "Pierres droites" et enfin "Pierre du Diable". Ces deux menhirs datent de 3000 ans avant JC et font partie des sites mégalithiques concentrés dans certaines vallées de la région comme Les Sept Bonnettes de Sailly en Ostrevent ou le Gros Caillou d'Oisy-Le-Verger.
 
Les Pierres Jumelles / © EMMANUEL QUINART
Les Pierres Jumelles / © EMMANUEL QUINART

Une légende raconte qu'une reine du VIe siècle, la reine Brunehaut, aurait voulu construire une route pour la mener au pays des Morins. Pour cela, elle aurait obtenu de l'aide du diable en lui vendant son âme.

"Âme qui lui appartiendrait s'il finissait la route en une nuit, avant le premier chant du coq. Un peu avant le lever du jour, la reine réveille le coq qui se met à chanter avant l’heure fatidique. Furieux de s’être fait berner, Satan lâche les deux énormes pierres qu’il tenait encore. Elles se plantèrent dans le sol, là où nous les voyons encore," indique Caroline Noël.
 
Une des deux Pierres Jumelles, huit tonnes de grès brut datant de 3000 ans avant JC. / © EMMANUEL QUINART
Une des deux Pierres Jumelles, huit tonnes de grès brut datant de 3000 ans avant JC. / © EMMANUEL QUINART


Une curiosité à ne pas manquer à Mont-Saint-Eloi

Non loin des deux tours de l'abbaye, place Hamilton, vous pourrez observer une plaque commémorative à la mémoire de François Faber.
 

La plaque commémorative en l'honneur de François Faber, légionnaire mort au combat au Mont-Saint-Eloi et cycliste vainqueur du Tour de France en 1908. / © France 3 Nord Pas-de-Calais
La plaque commémorative en l'honneur de François Faber, légionnaire mort au combat au Mont-Saint-Eloi et cycliste vainqueur du Tour de France en 1908. / © France 3 Nord Pas-de-Calais

François Faber, vainqueur de l'Enfer du Nord en 1913 et du Tour de France en 1909, était également un légionnaire pendant la Grande Guerre.

Le militaire perd la vie le 9 mai 1915 pendant la bataille de l'Artois, alors que son bataillon prenait d'assaut les "Ouvrages blancs". Son corps n'a jamais pu être retrouvé, mais il a été officiellement déclaré mort par le tribunal de la Seine, le 10 mai 1918.

François Faber, vainqueur en 1908 du Tour de France, mort au front en 1915 à Mont-Saint-Eloi
La Sculpture de vélos devant l'abbaye, un hommage fait à François Faber lors du passage du Tour de France de 2015. / © EMMANUEL QUINART
La Sculpture de vélos devant l'abbaye, un hommage fait à François Faber lors du passage du Tour de France de 2015. / © EMMANUEL QUINART


Une balade à Mont-Saint-Eloi

Le chemin des trois abbayes propose de découvrir les traces des abbayes de Mont-Saint-Eloi, Etrun et Maroeuil. Vous y découvrirez quelques vestiges qui ont échappé aux destructions révolutionnaires sur un circuit pédestre de 16 kilomètres.

=> Imprimer le PDF de la balade des trois abbayes


Le mot d'un habitant

"Le Moulin de Bray est l'exemple typique du village y associant la qualité du patrimoine, la quiétude, la douceur de vivre et rappelant le passé ou le meunier y moudrait le grain pour les boulangers et les habitants", indique Jean-Pierre Bavière, maire du village.


La carte des plus beaux villages du Nord Pas-de-Calais

 

Les plus beaux villages du Nord et du Pas-de-Calais, c'est quoi ?

Ce village a été choisi pour figurer sur notre liste des plus beaux villages du Nord et du Pas-de-Calais selon des critères d’intérêt architectural, de préservation du patrimoine, de qualité de l’environnement… Nous nous sommes posé une question simple : cela vaut-il le coup de découvrir Rubrouck ? 

Si vous pensez que votre village mériterait d’être dans cette liste, n’hésitez pas à nous contacter par mail : france3nordpasdecalais@gmail.com La liste sera dévoilée au fil des semaines sur notre site. Rendez-vous tous les samedis !

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