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Âge de départ, réversion, minimum-retraite... les principales préconisations de Jean-Paul Delevoye sur les retraites

Jean-Paul Delevoye (à droite) a officiellement remis ses préconisations ce jeudi au Premier ministre Edouard Philippe. / © KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Jean-Paul Delevoye (à droite) a officiellement remis ses préconisations ce jeudi au Premier ministre Edouard Philippe. / © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, ancien élu du Pas-de-Calais, a présenté ses préconisations ce jeudi matin aux organisations syndicales et patronales, pour le futur "système universel" voulu par Emmanuel Macron.

Par YF avec AFP

► Un "âge d'équilibre" à 64 ans avec décote / surcote


Jean-Paul Delevoye propose que le futur "système universel" comprenne un "âge d'équilibre" assorti d'un système de décote/surcote, à 64 ans pour la génération née en 1963, dans son rapport rendu public ce jeudi. En clair, les assurés pourront "toujours" partir à la retraite à l'âge légal de 62 ans, mais avec le dispositif de décote/surcote, il s'agit d'inciter "au prolongement de l'activité" .

Pour y parvenir et garantir l'"équilibre du système" en place dès 2025, Jean-Paul Delevoye préconise que "l'âge du taux plein" permettant une retraite complète "soit le même pour tous, contrairement à aujourd'hui où il est compris entre 62 et 67 ans en fonction de la durée travaillée". Cet âge "évoluera comme l'espérance de vie", précise l'ancien député et sénateur du Pas-de-Calais dans ses préconisations. 

Ceux qui partiront avant cet âge pivot, vivement contesté par plusieurs syndicats, verront le rendement de leur retraite diminuer de 5% par année d'écart, quand ceux qui prolongeront leur activité bénéficieront d'un rendement majoré de 5% par an. "Chaque jour travaillé permettra d'acquérir des points", note le haut-commissaire, qui juge ce nouveau système "plus juste" car "un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour tous". Et "les salariés du privé, des régimes spéciaux et les fonctionnaires auront des cotisations identiques".
 

► Un minimum-retraite à 85% du Smic net


Jean-Paul Delevoye propose de garantir un minimum de retraite égal à 85% du Smic net, contre 81% pour les salariés et 75% pour les agriculteurs actuellement.

Ce nouveau minimum "bénéficiera notamment aux exploitants agricoles, aux artisans, aux commerçants et aux personnes, souvent des femmes, qui ont durablement travaillé à temps partiel", précise-t-il.
 

► Une majoration de 5% dès le 1er enfant


L'ancien maire de Bapaume propose de majorer les droits à la retraite de 5% par enfant et dès le premier enfant, contre 10% actuellement pour les parents de trois enfants et plus.
 
Cette majoration des points acquis pourra être partagée entre les deux parents, alors que la majoration actuelle est accordée aux deux parents. A défaut, elle sera attribuée à la mère, les femmes, qui "ont une pension moyenne inférieure de 42% à celle des hommes", devant être "les principales bénéficiaires des mesures de solidarité liées aux droits familiaux".
 

► Une réversion garantissant 70% de la retraite du couple


Jean-Paul Delevoye propose que les pensions de réversion versées aux veuves et veufs garantissent 70% du total des retraites perçues par le couple.

Ce "dispositif unique" pour tous remplacerait "les 13 règles différentes existant actuellement", sans modifier "les règles applicables aux retraités actuels". Les femmes sont aujourd'hui les principales bénéficiaires des pensions de réversion.

 



Ces préconisations devraient servir de base au projet de loi sur les retraites, maintes fois repoussé. Il devrait être présenté au Conseil des ministres à l'automne, avant un examen au Parlement probablement après les municipales de mars 2020, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2025.

Comme FO, la CGT prévoit déjà de mobiliser en septembre contre la réforme. Elle a dénoncé dans un communiqué un "projet de régression sociale", "injuste, individualiste". Ce nouveau système "est destiné à faire des économies sur le dos des salariés en accélérant la baisse de leurs pensions et en reculant l'âge d'accès à une retraite pleine et entière", affirme la centrale de Montreuil.

L'Unsa a souligné que "des zones d'ombre subsistent" et redit "son opposition à la mise en place d'un âge pivot".  
 

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