Procès Kabou : une enquête "compliquée" à cause du peu d'indices laissés par l'accusée

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jeanne Blanquart avec AFP
Au 2e jour du procès en appel de Fabienne Kabou.
Au 2e jour du procès en appel de Fabienne Kabou. © MAXPPP

Retrouver Fabienne Kabou fut "compliqué" à cause du peu d'indices laissés par l'accusée jugée en appel pour l'assassinat de sa fillette de 15 mois à Berck, ont estimé lundi des enquêteurs, preuve d'une "préméditation" selon une partie civile.

Le 20 novembre 2013, "nous sommes saisis de la découverte d'un corps sans vie sur la plage et on n'a aucune trace de sa provenance", témoigne à la barre un commandant de la police judiciaire de Lille, au deuxième jour du procès en appel de Fabienne Kabou devant les assises du Nord.



Ce fut "compliqué" de retrouver l'accusée : "Elle n'avait pas de véhicule, donc pas d'immatriculation, pas de documents d'identité, pas de sécurité sociale ni de documents bancaires, la petite n'avait pas d'existence légale...", liste-t-il, précisant toutefois qu'une poussette a été retrouvée à proximité.



L'enquêteur estime que "le seul élément probant" a été "le témoignage de l'hôtelier à qui elle a donné son nom". Sans ça "auriez-vous pu la retrouver ?" questionne l'avocate de la défense, Fabienne Roy-Nansion. "Très peu de chance", reconnaît le policier. Autre indice de taille : "les images de la vidéosurveillance de la gare".

Lors de son procès en première instance à Saint-Omer, Kabou avait affirmé avoir "semé des petits cailloux" pour que les enquêteurs retrouvent sa trace, jugeant même cela "ridicule" car "quand on prémédite un crime on ne souhaite pas qu'on remonte à l'assassin". Puis, elle avait évoqué la sorcellerie pour expliquer son geste. Kabou avait finalement été interpellée chez elle en banlieue parisienne après neuf jours d'enquête.



Préméditation ? 


Aux policiers, "elle explique d'abord qu'elle a confié sa fille à sa mère au Sénégal, puis, quand elle prend conscience des preuves qu'on a, elle avoue", relate encore l'enquêteur. Selon lui, "à aucun moment elle n'évoque des faits surnaturels". "Elle vous dit pourtant "je me sentais portée"", rétorquent les avocats de l'accusée, Fabienne Roy-Nansion et Frank Berton.



Selon l'enquête, ce 19 novembre 2013, il faisait "presque 0 degré" et avec le coefficient de la marée de 84, "l'enfant aurait pu être emporté". Dans ce cas, "personne n'aurait signalé la disparition de l'enfant puisque personne ne connaissait son existence, à part le père, mais qui pensait que sa fille était au Sénégal", note un autre policier de la PJ.

Pour Caroline Rémond, avocate de l'association L'Enfant Bleu, partie civile, ce manque d'indices "prouve" que Kabou est une "criminelle" qui avait "prémédité son geste du début à la fin".


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