Béthune : une étude pour mieux protéger les femmes du cancer du poumon recherche des participantes

L'étude Cascade, pilotée par l'AP-HP, vise à détecter plus efficacement le cancer du poumon chez les femmes. Pour aider la recherche, qui sera en partie menée à Béthune, les médecins cherchent des femmes volontaires pour un dépistage et un suivi.

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"Nous avons déjà 537 participantes, et nous devons en inclure 2400 au total", entame la Professeure Marie-Pierre Revel, radiologue pour l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. L'établissement a lancé en avril 2022 l'étude Cascade, qui vise à explorer les méthodes de dépistage les plus efficaces pour détecter le cancer du poumon chez les femmes. 

"Le but de l'étude Cascade est de valider qu'un radiologue généraliste, qui se forme au dépistage, et qui se sert de l'intelligence artificielle comme deuxième lecteur, est aussi performant que deux experts. Les précédentes études qui ont démontré le bénéfice du dépistage par scanner ont presque toutes fait appel à une-double lecture par des spécialistes d'imagerie thoracique. Il faut montrer qu'on peut simplifier ce processus grâce à la formation et à l'apport de l'intelligence artificielle" détaille l'experte. 

Les femmes de plus en plus touchées

Si ces données sont concluantes, elles devraient permettre de généraliser et d'étendre davantage le dépistage. En 2022, selon les estimations de la Pr Revel, "le cancer du poumon a probablement dépassé le cancer du sein en nombre de décès chez les femmes. Les femmes représentent maintenant 35% des malades, une proportion qui a plus que doublé en 20 ans". La collecte de données féminines est donc essentielle pour protéger toute la population.

Pour aider la recherche, la Pr Revel et ses confrères recherchent des participantes à Paris, Grenoble, Rennes et Béthune. Marie-Pierre Revel y a sollicité son réseau, précieusement conservé après un an d'exercice à Lille. "Une étude uniquement menée à Paris ne serait pas convaincante. Il fallait une meilleure représentativité de notre territoire et on sait qu'à Béthune, beaucoup de femmes sont exposées au tabac." Le tabac, en effet, reste la première cause de cancer du poumon et le combat contre la cigarette est indissociable du combat contre la maladie.

Reléguer le cancer du poumon "à ce qu'il était avant l'ère de la cigarette"

C'est pourquoi, pour cette étude, l'AP-HP recherche des femmes entre 50 et 75 ans qui sont ou ont été fumeuses. Des critères précis ont été établis : avoir arrêté depuis moins de 15 ans et avoir fumé au moins 20 paquets par an, une estimation qui sera effectuée lors de la première visite de participation à l'étude. Pour ne pas biaiser le processus de détection, l'AP-HP précise que les participantes ne doivent pas présenter de symptômes attribuables à un souci pulmonaire (toux, crachats, essoufflements...)

L'intérêt pour les participantes est bien sûr de se faire dépister pour écarter tout risque et de bénéficier du suivi d'un infirmier spécialisé. "L'aide au sevrage est systématiquement proposé aux fumeuses actives lors de la visite d'inclusion. Ce n'est pas une injonction mais on propose des stratégies très efficaces, et le résultat est que 75% des fumeuses acceptent, avec soulagement, cette aide à se débarrasser de leur dépendance. Nous devons tendre vers une génération 2030 sans tabac. Ainsi on reléguera le cancer du poumon à ce qu'il était avant l'ère de la cigarette: une maladie exceptionnelle et non pas une maladie qui tue chaque année des dizaines de milliers de français."