Le Béthunois Félix Dorfin échappe à la peine de mort en Indonésie

En mai 2019, Félix Dorfin était escorté jusqu'à sa cellule après avoir appris qu'il était condamné à mort. / © ARSYAD ALI / AFP
En mai 2019, Félix Dorfin était escorté jusqu'à sa cellule après avoir appris qu'il était condamné à mort. / © ARSYAD ALI / AFP

Condamné à la peine de mort en mai pour trafic de drogues, le Nordiste Félix Dorfin, originaire de Béthune, a finalement échappé à la peine capitale. Il ne devrait écoper que de 19 ans de prison.

Par MP avec l'AFP

Un tribunal indonésien a ramené à 19 années de prison la peine du Français Félix Dorfin, originaire de Béthune, qui avait été condamné à mort en mai pour trafic de drogue, a annoncé vendredi 2 août son avocat.

"Loué soit Dieu, la peine de Dorfin a été commuée", a déclaré l'avocat Denny Nur Indra, en citant l'arrêt de la Haute cour de l'île de Lombok, qui doit être rendu public vendredi.
 

Circonstances atténuantes


La justice indonésienne a beau être connue pour sa sévérité dans les affaires de drogue, la peine prononcée en première instance à l'encontre du Nordiste de 35 ans avait été une surprise, car elle allait au-delà des réquisitions du parquet qui avait demandé 20 ans de prison.

On ignore dans l'immédiat si le ministère public fera appel de la décision de la Haute cour de Mataram. "Nous allons réfléchir et décider d'un éventuel appel", a déclaré le procureur Ginung Pratidina.

Le porte-parole de la Haute cour, Masu'ud, qui comme de nombreux Indonésiens n'utilise qu'un nom, a justifié cette peine du fait de circonstances atténuantes, évoquant les regrets de M. Dorfin. "La peine de mort est décidée dans les cas où il n'y a pas de circonstance atténuante", a-t-il expliqué.
 

3 kilos d'ecstasy


Félix Dorfin avait été interpellé fin septembre 2018 à l'aéroport de Lombok - une île touristique proche de Bali - en provenance de Singapour avec en sa possession trois kilos d'ecstasy, d'amphétamines et de ketamine dissimulés dans une valise à double fond.

L'avocat avait décrit son client comme "une victime" qui ne savait pas ce qu'il transportait. "S'il avait su quelle était la cargaison, il ne l'aurait pas amenée ici", avait assuré l'avocat.
 

Scié les barreaux de sa cellule


Félix Dorfin avait réussi en janvier à s'évader du centre de détention de la police et était parti en cavale pendant 11 jours. Finalement retrouvé dans une forêt du nord de l'île de Lombok où il se cachait, il avait été arrêté le 1er février par des policiers qu'il avait, selon eux, tenté de soudoyer. 

Les circonstances exactes de son évasion restent floues. La police avait d'abord expliqué qu'il avait scié les barreaux de la cellule, et qu'il s'était échappé du deuxième étage du centre de détention de la police en descendant avec un sarong (pièce de tissu) et des rideaux attachés ensemble en guise de corde.

Mais peu après, une policière soupçonnée de l'avoir aidé à s'échapper contre des pots-de-vin de quelque 1 000 dollars avait également été arrêtée et inculpée. Les trafiquants de drogue encourent de longues peines de prison, voire la peine capitale en Indonésie, le pays musulman le plus peuplé au monde, qui a fait de la lutte contre les stupéfiants l'une de ses priorités.

Le gouvernement français s'était en mai dit "préoccupé" par la condamnation de première instance, réitérant l'"opposition constante (de la France) à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances". Un Français, Serge Atlaoui, est toujours dans le couloir de la mort en Indonésie. Il avait été condamné en 2007 pour trafic de drogue.
 

48 personnes condamnées à mort en 2018 


Les trafiquants de drogue encourent de longues peines de prison, voire la peine capitale, en Indonésie, le pays musulman le plus peuplé au monde, qui a fait de la lutte contre les stupéfiants l'une de ses priorités.

Jakarta a condamné à mort 48 personnes l'an dernier, dont 15 étrangers jugés coupables de trafic de drogue, selon les statistiques compilées par l'ONG Amnesty International.

Fin 2018, il y avait en Indonésie 308 condamnés dans le couloir de la mort même s'il n'y pas eu d'exécutions depuis 2016 dans ce pays. En 2015, deux Australiens, Andrew Chan et Myuran Sukumaran, condamnés pour avoir fait partie d'un réseau de trafic d'héroïne, ont été exécutés, déclenchant une crise diplomatique avec Canberra.
 

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