Traversées de la Manche : 80 migrants ayant passé plusieurs heures en mer secourus au large de Boulogne-sur-Mer

Ce vendredi 18 juin, 80 migrants répartis dans trois embarcations distinctes ont été secourus au large de Boulogne-sur-Mer et de Leffrinckoucke alors qu'ils tentaient de rejoindre les côtes anglaises.

Une vingtaine de migrants, arrivés sur le bateau de la SNSM, ont été pris en charge par la protection civile dans le port de Boulogne-sur-Mer. Éprouvés par la tentative de traversée de la Manche dans des conditions météorologiques difficiles, ils ont reçu des couvertures de survie et tentent de faire sécher leurs vêtements trempés.
Une vingtaine de migrants, arrivés sur le bateau de la SNSM, ont été pris en charge par la protection civile dans le port de Boulogne-sur-Mer. Éprouvés par la tentative de traversée de la Manche dans des conditions météorologiques difficiles, ils ont reçu des couvertures de survie et tentent de faire sécher leurs vêtements trempés. © Léo Marron / FTV

Au large de Boulogne-sur-Mer, le bateau de la SNSM rejoint le port avec à son bord une vingtaine de migrants. Il est 13h30 ce vendredi 18 juin. Les visages sont fermés, les mines fatiguées. Certains d’entre eux ont passé plusieurs heures dans l’eau glacée de la Manche après une panne-moteur sur le bateau de fortune qui devait leur permettre de rejoindre les côtes anglaises.

Une embarcation de migrants, plongée dans la brume de la Manche ce vendredi 18 juin dans la matinée.
Une embarcation de migrants, plongée dans la brume de la Manche ce vendredi 18 juin dans la matinée. © Marine Nationale

Parmi le groupe, une majorité d’hommes et quelques femmes. Ils sont Vietnamiens, Kurdes, Erythréens, Soudanais, Ethiopiens ou Afghans comme Ghazi Khan. Après avoir reçu une couverture de survie par les pompiers et la protection civile présents pour les accueillir, ce jeune homme de 26 ans enlève ses chaussures trempées. Il raconte cette nuit difficile à notre équipe de France 3 sur place. "On voulait rejoindre l’Angleterre, on était à 25 dans ce bateau. On a passé trois heures dans l’eau". Il n’en est pas à son coup d’essai, cette traversée avortée était sa deuxième tentative. Et il l’assure, il va bientôt retenter sa chance par la mer.

Les tee-shirt des migrants secourus sont trempés. Certains affirment avoir passé plus de trois heures dans l'eau.
Les tee-shirt des migrants secourus sont trempés. Certains affirment avoir passé plus de trois heures dans l'eau. © Mustafa Mohammad / FTV

80 migrants secourus

A peine le premier groupe de migrants débarqué, la SNSM repart en mer pour porter secours à une vingtaine d’autres migrants récupérés eux aussi en difficulté par un bâtiment de la Marine nationale. "On a été déclenchés par le cross Gris Nez pour transborder des migrants qui avaient été récupérés sur un bâtiment de la Marine nationale, le Cormoran, explique Christian Pontier, bénévole à la SNSM de Boulogne-sur-Mer. On a fait deux rotations et il y avait au total 42 personnes à débarquer". 

Les migrants ont déposé leurs habits trempés pour les faire sécher sur le trottoir du port de Boulogne-sur-Mer.
Les migrants ont déposé leurs habits trempés pour les faire sécher sur le trottoir du port de Boulogne-sur-Mer. © Mustafa Mohammad / FTV

Un quotidien auquel ces sauveteurs sont désormais habitués. Pour preuve, ils étaient déjà en mer hier pour le même type d’opération. En début d’après-midi, c’est cette fois-ci le patrouilleur de service public Flament qui est dépêché au large de Leffrinckoucke pour prendre en charge 38 migrants et leur permettre de regagner la terre ferme dans le port de Calais.

Au total, 80 migrants ont été secourus sur la seule journée du vendredi 18 juin sur trois embarcations distinctes. Seul l’un d’entre eux a dû être emmené au centre hospitalier  de Boulogne-sur-Mer, se plaignant de maux de ventres. Les autres ont été pris en charge par les pompiers du SDIS 62, la protection civile et la police aux frontières.

Plus de 9 500 passages ou tentatives de passage de la Manche par des migrants désireux de rejoindre les côtes britanniques sur des embarcations de fortune ont été recensés en 2020, soit quatre fois plus qu'en 2019.

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