Blocage du port de Calais contre la réforme des retraites : les grévistes bien décidés à poursuivre la lutte

Une centaine de travailleurs du port de Calais ont participé ce 16 mars 2023 à un blocage complet de la circulation, déterminés à faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites. Peu de temps après le début de l'action, le gouvernement a annoncé son intention de passer en force en utilisant le 49.3

Plusieurs heures de blocage, et une colère qui ne fait que monter. A l'appel de la CGT, une centaine de grévistes du port de Calais ont participé à une opération de blocage complet de la circulation, ce 16 mars. 

On cherche à faire plier le gouvernement parce que ça commence à bien faire.

Frédéric Hubert, délégué syndical central du port de Calais

France 3 Hauts-de-France

La sortie d'autoroute qui mène au portique d'entrée du port était, notamment, complètement obstruée à l'aide de poids-lourds. Devant leur point de blocage, les grévistes ont allumé des feux de palette, comme un symbole.

"Aujourd'hui, on cherche à faire plier le gouvernement parce que ça commence à bien faire. Jusqu'à présent, on avait été "soft", avec de petites actions. Mais comme le gouvernement ne veut rien entendre, on n'a plus d'autre choix que de bloquer le trafic complètement" expliquait Frédéric Hubert, délégué syndical central du port de Calais, en fin de matinée. 

"J'espère pour le gouvernement qu'il va nous entendre, parce qu'on n'est pas la seule branche qui va partir en grève illimitée et ça peut se radicaliser", avertissait de son côté Sébastien Ternisien, secrétaire général CGT du port de Calais.

"C'est inacceptable et extrêmement grave"

A 15h, après une matinée de suspense, la Première ministre Elizabeth Borne a annoncé l'intention du gouvernement de passer en force sa réforme des retraites, en actionnant l'article 49.3. Une annonce qui, à Calais, enflamme la colère des grévistes. 

Hervé Caux, membre de la commission exécutive de l'Union locale du Calaisis, était sur place jusqu'à la fin du blocage, aux alentours de 16h. "C'est tout simplement un déni de démocratie, c'est inacceptable et extrêmement grave. On ne comprend pas la stratégie de monsieur Macron, il n'en a simplement, pardonnez-moi, rien à foutre. Il y a un ras-le-bol général et je crois que ça va prendre une ampleur assez conséquente."

Le 17 mars, l'intersyndicale du Calaisis tiendra une réunion d'urgence pour organiser la poursuite des manifestations.