Calais : après les affrontements de jeudi, les policiers reviennent en force pour déloger les migrants du même camp

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Écrit par Martin Fort
Le 1er décembre dans un camp de migrants à Calais, lors de la visite de la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa (au fond à gauche).
Le 1er décembre dans un camp de migrants à Calais, lors de la visite de la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa (au fond à gauche). © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Ce dimanche, plusieurs dizaines de forces de l'ordre ont été mobilisées pour déloger les migrants d'un camp à Calais, ce qu'elles n'avaient pas réussi à faire jeudi provoquant des affrontements avec les exilés. Les associations dénoncent "des représailles".

A Calais, la situation entre les migrants et les forces de l'ordre est tendue depuis quelques jours. Jeudi 30 décembre, des affrontements avaient eu lieu à la suite d'une habituelle opération de démantèlement d'un camp d'exilés.

Ce dimanche, une importante opération de police s'est déroulée à partir de 13h50 à Calais, à l'endroit où se sont déroulées les violences de jeudi. Selon Human Rights Observers (HRO), une centaine de gendarmes et de CRS était présente pour déloger la cinquantaine de migrants occupant les lieux à ce moment-là. Emma, de l'association HRO, et sur place au moment des faits, estime qu'une trentaine de tentes, et parfois les nombreux effets personnels qui étaient à l'intérieur, ont été subtilisés par les forces de l'ordre "sans possibilité de les récupérer" pour les migrants. 

Elle évoque une opération qui ressemble "à des représailles", après les affrontements de jeudi, dans lesquels une quinzaine de policiers et trois migrants ont été blessés. 

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A Calais, le 2 janvier. ©Human Rights Observers
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A Calais, le 2 janvier. ©Human Rights Observers

"Il est inadmissible que les forces de l'ordre ne soient pas respectées"

Le procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer, Patrick Leleu, a déclaré auprès de l'AFP que l'opération avait deux objets : mener à bien l'évacuation qui n'avait pas pu être réalisée jeudi en raison des heurts et "si possible procéder à des interpellations" en lien avec cet épisode.

Selon Natacha Bouchart, la maire (LR) de Calais, il n'y en a eu aucune ni jeudi, ni ce dimanche, ce qu'elle ne trouve "pas normal". "Il est inadmissible que les forces de l'ordre ne soient pas respectées", juge-t-elle, évoquant "un manque de fermeté". Une personne aurait été interpellée selon la Voix du Nord. Selon la maire, "il est possible d'être ferme en restant humain". Ainsi, les incidents pourraient être évités à l'avenir si "le commissaire allait voir les responsables des différentes communautés de migrants pour échanger avant l'opération comme cela se faisait avant 2017"

Aussi, elle lance un appel au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, pour que les directives données aux forces de l'ordre ne puissent pas causer de dérangements pour les riverains. Dans les affrontements de jeudi, certaines vitres des maisons avoisinantes avaient été cassées par les jets de projectiles. "Les riverains ont le droit de vivre dans des conditions sereines", alerte-t-elle.

L'Etat veut à tout prix éviter que les migrants puissent se fixer quelque part

Pour les migrants, après l'opération de police qui s'est terminée vers 17h30, aucune solution de relogement n'a été proposée selon les associations qui en ont discuté avec le commissaire.

Ces démantèlements sont présentés comme indispensables par les services de l'Etat pour "éviter la reconstitution d’un important campement insalubre et de soustraire les personnes migrantes des réseaux mafieux de passeurs qui les incitent à traverser la Manche au péril de leur vie", selon les mots de la préfecture du Pas-de-Calais. Aussi, le gouvernement souhaite à tout pris éviter la formation de camps servant de fixation provisoire pour les migrants avant de tenter de rejoindre l'Angleterre par la mer ou en s'introduisant dans des camions. 

Le 27 novembre 2021, 27 migrants sont morts alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Angleterre en bateau

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