Calais : regain de tensions entre migrants soudanais et érythréens

A Calais, la zone des Dunes, située près du port, est de nouveau sous tension. Depuis jeudi, plusieurs rixes ont éclaté entre migrants soudanais et érythréens qui cherchent à rejoindre l'Angleterre et se disputent le peu d'espace disponible dans la ville pour les campements.  

Campement de migrants à Calais dans la zone des Dunes.
Campement de migrants à Calais dans la zone des Dunes. © FRANCE 3
Une centaine de migrants campent actuellement dans la zone des Dunes, dans un bois situé entre le port de Calais et les quartiers résidentiels. Depuis jeudi, d'importantes rixes ont éclaté entre communautés soudanaise et érythréenne. Une lutte de territoire pour trouver une place où s'installer et dormir. 

"Il y a eu des bagarres, la police est arrivée à temps, c'était un soulagement quand ils sont arrivés", témoigne un migrant. "On a toujours un problème pour trouver une place", explique un autre. "Il n'y a pas de sécurité. Ici, c'est la loi de la jungle."
 
Calais : regain de tensions entre migrants soudanais et érythréens


"Les endroits où ils ont la possibilité de vivre se rétrécissent"


Dans ce secteur de la ville, les expulsions de la police sont quotidiennes. Chaque matin, ces exilés doivent déplacer leurs tentes mais reviennent inlassablement une fois les forces de l'ordre parties. Un jeu du chat et de la souris que déplorent les associations qui viennent en aide aux migrants à Calais. Elles dénoncent une mise sous pression exercée par les autorités.

"Les endroits où (les exilés) ont la possibilité de vivre se rétrécissent", constate Hugo Diehl, de l'association Human Rights Observer. "Donc ils sont forcément en recherche d'un nouvel endroit pour vivre. Ça peut être une explication".
 
Autour de la zone des Dunes où se concentrent les migrants, l'espace se réduit en effet. La mairie prévoit une vaste opération de démantèlement pour la fin de l'année. D'ici là, elle est en train de poser un kilomètre de grillage pour empêcher le retour des campements. "Imaginez si rien n'était fait", justifie Philippe Mignonet, adjoint de la maire LR de Calais, Natacha Bouchart, en charge de la sécurité. "Il ne s'agit pas de limiter le nombre de migrants. Il s'agit de bien faire comprendre que Calais n'est pas un lieu de destination". 

Cette fermerture progressive de la zone des Dunes pourrait conduire les migrants à se déplacer vers d'autres secteurs de la ville.
  
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
migrants à calais société immigration migrants