"Le but, c'est d'éviter que les institutions oublient ces catastrophes", trois questions à Allan Turpin, maire d'Andres et président de l'association "Stop inondations Pas-de-Calais"

Allan Turpin, le maire d'Andres, a décidé de créer aux côtés d'autres élus une association dont il est le président, pour lister les problématiques, recueillir un maximum d'informations concernant l'état des réseaux et interagir directement avec les interlocuteurs pour limiter et éviter de nouvelles inondations.

Il y a un peu plus d'un mois, la commune d'Andres, comme d'autres dans le Pas-de-Calais a été particulièrement touchée par les inondations. 

Le village de 1600 habitants situé entre Guînes et Ardres a dénombré pas moins de 22 maisons sinistrées, lors de ces dernières inondations.

Pourquoi avoir décidé de créer une association ? 

"Tout simplement parce que la commune d'Andres est sujette aux inondations et aux fortes montées des eaux. En 2006, il ne faut pas oublier que la commune a été fortement impactée, avec le ruissellement de l'eau, une cinquantaine de maisons a été touchée. Après, cet événement il y a eu beaucoup de promesses de l'intercommunalité pour freiner ce ruissellement. Pour autant, aujourd'hui rien n'a avancé, il n'y a pas eu d'ouvrages structurants mis en place. Et là, il y a moins d'un mois, nous avons connu de nouveau des inondations importantes. J'ai vu des administrés de ma commune en souffrance. Quand j'ai circulé dans les communes voisines aussi impactées, j'ai constaté que les gens étaient aussi en souffrance. Dans un premier temps, j'ai décidé de faire une pétition, pour améliorer la lutte contre les inondations à Andres et dans les communes environnantes. Et quand j'ai vu que les 500 signatures avaient été dépassées, on a fait une réunion publique pour que les administrés puissent s'exprimer. Et ensuite avec l'ensemble de ces retours, on a décidé de créer l'association."

Quel est le but de cette association ? 

"Le but, c'est d'éviter que les institutions oublient ces catastrophes et de porter notre parole. L'idée, c'est aussi d'avoir un échange et un rapport direct avec les administrés pour faire remonter les problèmes constatés. Il y a déjà plusieurs élus des communes alentour qui font partie de l'association : le maire de Guines, d'Hames-Boucres, de Brêmes-les-Ardres, Louches et Nielles-lès-Calais. Plus on est nombreux et plus on mobilise les gens et plus on pourra intervenir et peser dans les dialogues avec les privés. L'idée, c'est de maintenir une pression constructive sur les interlocuteurs pour que les sujets en rapport avec les inondations, gestions des fossés et des wateringues soient résolus. Nous avons déjà commencé à mettre en place des sections sur les différentes communes pour recueillir les problématiques repérées lors des inondations pour mettre en place des plans d'action. Nous ferons ensuite le tri pour s'adresser aux bons interlocuteurs : municipalités, sections de watringues, de l'institution intercommunale des watringues ou de VNF."

Qu'est ce qui a été décidé suite à votre première réunion ? 

" Cette réunion a eu lieu le mardi 12 décembre dernier. Nous avons décidé en assemblée, de saisir les différentes institutions relatives aux wateringues, pour connaître leurs cartes initiales des watergangs et fossés ainsi que les nouvelles cartes établies pour connaître les raisons des changements, les suppressions de fossés et watergangs. Et aussi, solliciter VNF, pour connaître l'état des réseaux et les investissements à venir. Cela va nous permettre de comprendre le fonctionnement de l'ensemble du réseau, mais de manière très précise et de faire connaître aussi notre association à ces institutions."