Inondations dans le Pas-de-Calais : des patrouilles pour vérifier l'état des ponts et des routes organisées par le Département

Près de 500 km de route du Pas-de-Calais auraient été endommagés par les inondations exceptionnelles du mois dernier. Une enveloppe prévisionnelle de travaux de 50 millions d'euros vient d'être dégagée par le Département, pour reconstruire routes et ouvrages et des patrouilles sillonnent la campagne pour réparer et diagnostiquer, exemple à Nielles les Bléquin.

On se souvient de ce bitume brisé sur la Départementale 127, laissant un trou béant de plus d’un mètre de profondeur entre Samer à Doudeauville, empêchant les résidents de rejoindre leurs habitations.

On garde en mémoire cette route Départementale 341, défigurée par un cratère en raison de la pression trop importante du ruissellement des eaux de pluie, fermée à la circulation après Desvres.

Et cette route communale éventrée à Quesque qui ne permettait plus la circulation. Au plus fort de la crise, 120 routes avaient été barrées dans les zones inondées, soit 300 km !

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Effondrement des routes du boulonnais après les inondations du mois de novembre 2024 ©FTV

Si aujourd’hui, circuler dans le Pas-de-Calais ne relève plus du parcours du combattant, c’est que les travaux se sont mis en place rapidement. Mais certaines de ces routes dites « départementales » restent très fragiles.

Sur 6.200 km de routes, près de la moitié du réseau a été impacté

Pour gérer cette situation exceptionnelle, le département a mis en place une cellule de coordination et de suivi avec ses 500 agents, dont 400 sur les routes. 

Carte interactive Departement du Pas-de-Calais sur mes travaux en cours :

"Sur les 6.200 km de routes, c'est près de la moitié du réseau qui a été impacté", indiquait le conseil départemental, lors du vote en séance plénière, d’une première enveloppe de "50 millions d'euros", le 4 décembre dernier.

Même si la majorité des routes a pu être réouverte dans le Pas-de-Calais, l’entrée dans la période hivernale annonce des épisodes de gel qui vont fragiliser les chaussées, d’autant que les bordures sont encore gorgées d’eau en cette mi-décembre.

Patrouilles et inspections des ponts et des routes départementales

Leur inspection est donc toujours en cours, grâce à des mesures de « déflexion », qui consistent à faire passer une charge pour voir si elles s'enfoncent. Même chose concernant les 373 ponts touchés par les crus.

Ce lundi matin, une équipe est intervenue à Nielles les Bléquin. Ici, les intempéries du 6 novembre ont occasionné d’importants dégâts de chaussée, de berges et surtout, la montée des eaux a fragilisé le pont de la Place. 

"Nous sommes sur un bassin agricole important, la rivière a débordé 8 jours après les inondations" explique Christophe Wimetz, responsable de secteur au service des routes du Département. "Ici, la route est complètement molle, comme une éponge. On a donc limité le passage des camions, on rétablit l’écoulement des fossés, pour passer l’hiver, on y reviendra au printemps. C’est une mise en sécurité pour éviter aux conducteurs de perdre le contrôle de leurs véhicules."

Fermé à la circulation, le pont permettait d’enjamber la rivière le Bléquin, ce petit affluent de l’Aa. Nadège Saint-Georges, responsable route et mobilité dans l’Audomarois pour le conseil départemental du Pas-de-Calais est venue aussi ce matin. "Prés de 40 ouvrages ont été inspectés. Il faut regarder la voûte et vérifier que la structure est en bon état ainsi que les murs de soutènement. L’objectif est bien d’éviter l’effondrement."

Avec une enveloppe de 50 millions d'euros pour la remise en état du réseau. C'est presque le quart du budget d'investissement du département !

"Avec ces patrouilles et ces inspections, nous sommes actuellement en train de voir si la somme allouée peut convenir" explique Jean Claude Dissaux, Vice-président du Conseil départemental du Pas-de-Calais, en charge de la voirie, des infrastructures et de la mobilité. 

"Il se peut que les 50 millions ne soient qu’une avance. Les ponts, les digues et les routes, c’est le quotidien des habitants, le quotidien de nos entreprises. C’est l’économie toute entière de notre région qui est en jeu. Nous avons 6 200 km de route dans notre département, il faut absolument qu’on puisse les emprunter ! »

Il faudra attendre de stabiliser les sols avant d'entamer ces travaux. Des travaux qui pourraient durer très longtemps car dans certains endroits du Département, l’eau continue de remonter.