Coronavirus : "Le football est-il au-dessus des lois ?", le coup de gueule d'un joueur du RC Lens sur la reprise

Le milieu de terrain du Racing Club de Lens, Manu Perez, a poussé un coup de gueule sur Twitter sur les modalités de reprise de l'entraînement envisagées pour les clubs professionnel de football après le 11 mai.

Manu Perez, à son arrivée à Lens, l'été dernier.
Manu Perez, à son arrivée à Lens, l'été dernier. © MAXIME LICTEVOUT / FRANCE 3
Alors qu'aux Pays-Bas, les instances du football ont décidé d'arrêter leurs championnats professionnels, dans d'autres pays, les joueurs se préparent à reprendre l'entraînement et les compétitions en fonction des modalités de déconfinement.
 
C'est le cas notamment en France, où l'association des médecins des clubs professionnels (AMCFP) a remis ses recommandations pour une reprise de l'activité, en Ligue 1 et en Ligue 2, dans les meilleures conditions sanitaires possibles. Selon Le Parisien / Aujourd'hui en France, ils ont esquissé un protocole en quatre étapes : tests médicaux dès la fin du confinement entre le 11 et le 15 mai (tests Covid-19, biologique, cardiaque, psychologique…) ; reprise individuelle estimée à sept jours ; reprise par petits groupes estimée à une semaine également ; reprise collective espérée autour de 29 mai.

Selon le quotidien francilien, "d'ici à cette date de libération, tous les joueurs devront être testés au moins une fois par semaine avant de pouvoir entrer sur le terrain d'entraînement".
 

Des tests vont être réalisés, certes. Mais ne seraient-ils pas plus plus utiles à notre population la plus fragile, comme nos séniors par exemple ?


Des propositions qui ont fait bondir Manu Perez, milieu de terrain du Racing Club de Lens, qui a vivement réagi dimanche soir sur Twitter. "Le football est-il au-dessus des lois ?", s'interroge-t-il. "Deux mois qu'on nous parle de gestes barrières... aujourd'hui impossible à appliquer dans la reprise de notre activite, sans la dénaturer".
 
"Des tests vont être réalisés, certes. Mais ne seraient-ils pas plus plus utiles à notre population la plus fragile, comme nos séniors par exemple ?", poursuit-il. "Et j'entends parler de solidarité alors que tout le monde tire la couverture à soi et défend ses propres intérêts ! Quelle farce ! Amoureux du football, oui, mais pas de celui dont vous êtes en train de dresser le tableau".

Manu Perez a précisé ensuite que ses tweets "n’engagent que moi" et non son club, deuxième de Ligue 2 avant l'arrêt du championnat en mars.
 

Des clubs ont déjà pris les devants


En tout cas certains dirigeants de clubs ont déjà pris les devants en vue d'une reprise rapide des compétitions. C'est le cas notamment de Bernard Joannin, le président de l'Amiens SC, avant-dernier du championnat de Ligue 1 et donc en position de relégable avant l'arrêt des compétitions. Il a affirmé dimanche au Parisien / Aujourd'hui en France que "tous les joueurs, tous les staffs, les dirigeants" et lui-même avaient déjà effectué des tests Covid-19.  

"Tous ceux qui pouvaient être en contact avec les joueurs durant leur réathlétisation ont été testés. Ça doit faire une quarantaine de personnes", a-t-il indiqué. "Je ne suis pas un spécialiste mais les tests naso-pharyngés (PCR) peuvent être pratiqués gratuitement avec une ordonnance et sans si vous le payez. Pour les tests sérologiques, on a envoyé les prises de sang en Allemagne. On aura les résultats lundi. Tout ça a un coût mais on ne dépense pas l'argent qu'on n'a pas".
 
Waldemar Kita, président du FC Nantes (13e de Ligue 1), a également indiqué à nos confrères avoir "défini les laboratoires d'analyse". "Chaque club doit trouver un laboratoire capable de lui donner au quotidien des analyses", explique-t-il. "Les médecins de clubs centralisent les résultats et les envoient à la Ligue. C'est une organisation simple". "Moi, j'ai été testé mais je sais très bien que 24 heures après, en ayant été au contact de quelqu'un d'autre, le résultat peut changer. Il faut passer les tests pour savoir où l'on en est. Quand il y aura une reprise collective, il faut un dépistage quotidien ou tous les deux jours", estime le dirigeant des Canaris.

Selon L'Equipe, le LOSC (4e de Ligue 1) envisage dans son protocole de reprise d'effectuer des tests Covid-19 tous les trois jours.
 

Un joueur de Montpellier placé en réanimation


La reprise des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 suscite en effet des inquiétudes quant au risque de contamination. Mardi dernier, Junior Sambia, un joueur de Montpellier (8e de Ligue 1) âgé de 23 ans, a été hospitalisé en urgence en raison du Covid-19. "Suite à des problèmes digestif et respiratoire, l'un de nos joueurs est hospitalisé à Montpellier depuis deux jours en milieu spécialisé pour bénéficier de soins appropriés", a confimé le club héraultais jeudi soir dans un communiqué.
 
Le jeune joueur a été placé en réanimation dans une clinique montpelliéraine, dans le coma et sous assistance respiratoire, mais son état de santé semblait s'améliorer ce week-end. "Ils ont arrêté l’assistance respiratoire", a annoncé samedi son agent, Frédéric Guerra, à RTL. "Le processus est long. Mais il n’est plus dans le coma. On va, sans doute, vers des bonnes nouvelles. Il respire seul, et c’est une bonne chose".
 
Michel Der Zakarian, l'entraîneur montpelliérain, a confirmé cette information samedi, à Midi-Libre. "Samedi soir il respirait à nouveau tout seul après avoir été intubé pendant deux jours et demi quand même. On est vraiment soulagé qu’il ait récupéré".

"On essaye de se préparer pour une reprise avec toutes les consignes sanitaires préconisées par les médecins de clubs. Pour moi ça va être compliqué", a-t-il ajouté.
 
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