ENTRETIEN. Franck Haise, entraîneur du Racing Club de Lens "du foot mais pas seulement"

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Écrit par Amandine Caniard avec Matthieu Rappez et Sylvain Charley (France Bleu Nord)

Interview exclusive et confidences avec Franck Haise aux côtés de nos équipes de France 3 Nord Pas-de-Calais et France Bleu Nord.

Retrouvez en vidéo, l'intégralité de l'interview :

Une journée type pour vous, ressemble à quoi ?

Certains membres du staff arrivent avant moi, vers 7h. Pour ma part, j’arrive vers 8h, mais je suis l’un des derniers à partir avec Alex, l’analyste vidéos, ça varie, j’essaie de faire maximum 19h. Certains moments dans la semaine, en fin de journée, je vais faire du sport ou je vais me promener. Il y a des amplitudes importantes, car il n’y a pas vraiment de week-end dans le monde du football. Ça fait 20 ans que je suis entraîneur, j’ai toujours travaillé 50 à 70 heures par semaine, mais c’est un métier de passion, les heures ne sont pas les mêmes heures.

Vous êtes arrivé en 2017 plutôt dans l’anonymat… avez-vous conscience de votre aura auprès des supporters ?

J’ai beaucoup de retours sympas, touchants, encore ce matin avec des enfants et des accompagnants pour des jeunes qui sont dans des hôpitaux. C’est plaisant, je suis très heureux et je le partage, car c’est un travail collectif. Comme tous les clubs de football il y a des hauts et des bas et c’est une reconnaissance pour nous.

Ce que l’on ne voit pas de l’extérieur ?

Tout ce que nous avons mis en place sur la diététique, le yoga, la psy, un staff beaucoup plus compétent sur les analyses vidéo par exemple. Ça a beaucoup bougé, mais le gens ne sont pas toujours au courant.

Ce qui est central, c’est que nous avons des êtres humains avec leurs forces, leurs failles, leurs doutes. Et ce n’est pas parce que ce sont des joueurs de foot professionnels, il faut quand même les accompagner, parfois leur tendre la main et leur amener des gens avec des compétences autour. Chacun prend ce qu’il a envie de prendre. Il faut mettre ses compétences au service des joueurs.

Que vous apporte le yoga ?

Je ne vais pas parler pour les joueurs, mais ce que je retrouve, au-delà de bouger mon corps, c’est avoir le mental au repos. Parfois à la fin de ma séance de yoga, je me rends compte que je n’ai pas assez décroché. Après quelques années de pratique, j’arrive de plus en plus à laisser le mental au repos, lorsque cela arrive, c’est que c'est une bonne séance. Même un entraineur doit réussir à couper.

Première titularisation avec les Bleus pour Jonathan Clauss, comment l’avez-vous vécu ?

On savait que Jonathan était "pré-convoqué" mais lui, ne le savait pas encore, car une pré-convocation c’est une chose, mais s’il n’y a pas la convocation derrière… On savait, les heures suivantes que ça sentait bon pour lui et pour le club. Chaque travail récompensé est une reconnaissance pour l’ensemble du collectif.

Quelques sifflets lors du match de l’équipe de France contre la l'Afrique du Sud, à Lille, mais ça a changé au fil du match. Jonathan a tout fait pour que ça se passe bien et les supporters soutiennent l’équipe de France. Au moment de sa sortie, pour ma part, je n’ai entendu que des applaudissements.

"Foot-business" qui écoutez-vous ?

J’écoute France Inter le matin en prenant mon café, dans ma voiture aussi. J’écoute mon staff lorsqu’on me parle de football, sur le médical, physique, tactique, car j’ai une équipe de personnes compétentes et en qui j’ai confiance. Eux, je les écoute, même si c’est moi qui décide. Florent Ghisolfi, notre directeur sportif, apporte son ressenti sur les matchs. Sur la presse écrite sportive "Le journal L’Equipe", je vais lire certaines informations, et même les informations sur d’autres sports. J’aime bien le rugby, le handball. Le rugby, je suis l’équipe de France et j’aime beaucoup les valeurs et j’écoute aussi les entraîneurs de rugby.

L’Europe serait une belle récompense pour le club après le retour en Ligue 1 ?

Lorsque nous gagnons deux matchs, on nous parle de l’Europe et si nous perdons un match, on nous dit que l’Europe s’éloigne. Ce qui compte, c’est de construire les choses et de travailler avec certains objectifs. Aujourd’hui dire que l’Europe est un objectif pour le Racing Club de Lens, moi, je lutte contre ça, ce n’est pas un objectif lorsqu’on sait que nous étions en Ligue 2, il y a deux ans. Par contre, de travailler pour s’améliorer, pour être le plus haut possible, pour avoir l’ambition un jour par le travail et les évolutions dans le club, d’amener de nouveau le Racing Club de Lens en Europe. Il n’y a pas de tabou avec l’Europe, je ne souhaite pas qu’en interne, on se dise comme l’année dernière, "nous sommes 7ème, c’est une déception". Là, je deviens fou !

Cahuzac sur le départ "à 99%"

Yannick Cahuzac sait qu’il est sur la fin de sa carrière et que Seko Fofana et Cheick Doucouré font une très grosse saison au milieu de terrain. Ce qui est exceptionnel, c’est que "Cahu", à chaque entraînement, il tire la bourre et fait tout pour que son équipe soit la plus performante. On a toujours eu des échanges francs et directs. Oui, c’est la fin de joueur au RC Lens à 99%, mais il y aura d’autres ouvertures pour lui en tant que joueur ou dans un staff.

La fuite des talents au prochain mercato ?

C’est trop tôt pour savoir. On a réussi à peu bouger l’effectif cadre la saison dernière avec un seul gros départ, celui de Badé à Rennes. Ce sera certainement différent l’été prochain car certains performent et ça attise les convoitises ! Mais je n’en sais pas plus que vous. Des joueurs sont courtisés, quand ça marche, c’est logique !

Entraîneur du Racing Club de Lens à vie ?

Je suis dans un très beau club, je ne sais pas combien de temps que ça va durer. Ça va faire 5 ans que je suis au Racing Club de Lens, c’est déjà un beau et long moment dans le football. Je m’éclate toujours, nous verrons l’avenir en temps et en heures.