Nord Pas-de-Calais : les cheminots en grève sur les sites fret SNCF de Somain et Lens pour dénoncer l'état des voies

Deux piquets de grève ont été installés à Lens et à Somain par des salariés du fret de la SNCF. Ils souhaitent alerter sur la situation des voies de fret à Somain et sur le conflit d'un cheminot avec la direction à Lens. 

Les cheminots du fret de Somain et du Technifret de Lens, soutenus par le syndicat Sud-Rail, ont commencé une grève ce jeudi 15 avril à 5 heures du matin notamment pour dénoncer leurs conditions de travail, qu'ils jugent "dégradrées"

"À ce jour des entrées et des sorties de voies sont inutilisables créant aussi des manœuvres et des risques supplémentaires d’accident ferroviaire ou de travail", explique le syndicat Sud-Rail Lille Hauts-de-France dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux. Les salariés grévistes estiment qu'il est difficile de réceptionner les trains car la moitié des faisceaux serait hors-service. "A ceci s'ajoute le cheminement dans les voies qui est compliqué et la végétation qui recommence à pousser", précise le communiqué.

"Nous faisons grève pour protester contre l'état du triage de Somain. Les infrastructures ne sont plus entretenues. La moitié des voies est inutilisable, cela nous oblige à faire des manoeuvres pour dégager des voies", abonde Christophe Soufflet, élu CSE national au fret de la SNCF.  "Nous nous mobilisons pour avoir un outil de travail", s'étonne le syndicaliste qui dit que "rien qui bougera tant qu'une date pour les travaux ne sera pas annoncée".  

Un conflit avec la direction à Lens

Les grévistes regrettent le peu de moyen débloqué pour le triage de Somain : seulement 600.000 euros ont été annoncés, ce qui permettra à peine de rénover une voie selon le syndicaliste. Il met en comparaison les millions d'euros débloqués pour le déménagement du siège parisien de la direction du fret SNCF. Christophe Soufflet s'interroge aussi sur le peu de moyens donnés au fret alors que ce type de transport est valorisé, dans les discours, par le gouvernement pour assurer la transition écologique du transport de marchandises.

Le député de la 16e circonscription du Nord, Alain Bruneel (PCF) a, il y a quelques jours, interpellé le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, sur la question et l'a invité à se rendre à Somain. "Il ne m'a pas répondu, pour l'instant", assure Alain Bruneel qui estime que la gare de triage est "laissée à l'abandon". "En 2006, il y avait 600 salariés sur ce site. Aujourd'hui, ils sont 50", regrette-t-il.

Le gouvernement devait, en décembre 2020, présenter un plan pour la revalorisation de la place du fret dans le transport de marchandises en France (il n'en représente actuellement que 10%, ndlr). Le plan pourrait finalement sortir dans les mois à venir. "Quelle sera la place de la gare de Somain dans ce plan ?", s'interroge le député communiste. 

Les grévistes font également grève en soutien à leur collègue Dimitri Malinski, salarié du technifret de Lens, en conflit avec la direction. "Je travaille sur un poste de qualification C depuis 3 ans mais la direction ne veut pas me donner le statut et donc le salaire qui va avec", explique-t-il sans pouvoir se l'expliquer. Ses collègues disent être prêts à porter le dossier au conseil des prud'hommes.

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