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Moules et poissons : la région Hauts-de-France lance un nouveau “plan d'action” pour aider les pêcheurs

Retour de fileyeurs au port de Boulogne-sur-Mer / © LDD
Retour de fileyeurs au port de Boulogne-sur-Mer / © LDD

Face aux difficultés rencontrées par les fileyeurs, mytiliculteurs, et pêcheurs à pied, la Région a voté deux plans d'actions pour protéger les emplois et le savoir-faire de la filière en Hauts-de-France.

Par LB

La Région Hauts-de-France dit "poursuivre son action en faveur des fileyeurs régionaux et de leur flottille de 40 navires, qui traversent une crise conséquente".

Un nouveau plan d’action est ainsi établi en lien avec les professionnels, et repose sur trois volets :
  • un diagnostic individuel des navires, en association avec l’Etat ;
  • un accompagnement des entreprises avec le dispositif « Booster TPE pêche artisanale » afin de préciser les besoins spécifiques d’accompagnement de chacun des artisans pêcheurs, correspondant à 40 000 € d’effort régional ;
  • une aide à la trésorerie.


10 fois moins de sole pêchée en 10 ans


Depuis 2009, la production de sole par les fileyeurs des Hauts-de-France a été divisée par 10, passant de 771 972 kg en 2009 à 75 931 kg en 2019. La flottille mono-spécifique de fileyeur (40 navires), qui réalise jusqu’à 80 % de son chiffre d’affaires annuel entre janvier et mai durant la saison de sole, a enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 40 % à 79 % selon les navires sur cette période et ne pourra pas compenser ces pertes sur le reste de l’année 2019.
 

Face à cette situation dramatique qui met en péril l'avenir des pêcheurs, la Région a déjà activé un fonds d'urgence en 2017 et l’a renouvelé en 2018. Un soutien que reconnait Stéphane Pinto, représentant des fileyeurs des Hauts-de-France. Ce dernier demande plutôt à l'Etat de "prendre conscience que certains pêcheurs ne souhaitent pas continuer leur activité, et qu'il faut intervenir auprès de l'Union Européenne pour remettre en place un plan de sortie de flotte".

Stéphane Pinto souhaite aussi que les études aillent désormais plus loin que la sole, et souligne "qu'il n'y a plus sur les étals boulonnais de limande, de plie, qu'il y a de moins en moins de turbot et de barbue. Pourquoi toutes les espèces de poissons plats ont disparu ?". Là encore, les fileyeurs pointent du doigt la pêche électriquée pratiquée pendant plusieurs années par les Néerlandais au large de nos côtes.
 

Plan d’action pour la pêche à pied et la mytiliculture


Avec 5,5 % de la production nationale, soit une production d’environ 4 000 tonnes de moules par an, les 22 entreprises mytilicoles des Hauts-de-France génèrent un chiffre d’affaires de 7,8 millions d’euros et emploient 80 mytiliculteurs et 10 emplois saisonniers.

Depuis 2011, des épisodes de mortalité récurrents des mollusques marins bivalves (coques, moules), qu’ils soient sauvages ou d’élevage, mettent en péril l’ensemble des entreprises de la filière mytilicole du littoral : éleveurs de moules de bouchot, pêcheurs à pied, entreprises de purification et de conditionnement des moules…
 
Moules de bouchot en baie de Wissant / © LDD
Moules de bouchot en baie de Wissant / © LDD

Les analyses n’ont pas permis de déterminer les différents facteurs responsables de cette mortalité et des études plus approfondies sont nécessaires. A ce jour, 10 concessions de 5 entreprises mytilicoles situées à Oye-Plage, Audinghen-Tardinghen et Dannes, ont constaté de fortes mortalités.

Face à cette situation, la Région a décidé d'actionner plusieurs leviers. Le fonds d'urgence est activé pour les 50 pêcheurs à pied professionnels titulaires d’un permis de pêche des moules en Hauts-de-France : leurs cotisations liées à l'achat des licences « moules » leur seront remboursées.
 

Prise en charge des intérêts d'emprunt


Aussi, une aide exceptionnelle sera attribuée aux entreprises mytilicoles touchées, dans la prise en charge de leurs intérêts d’emprunt pendant une durée maximum 12 mois, en fonction de la situation de chaque entreprise et ce, dans la limite d’un plafond global de 50.000 euros.

Une étude au cas par cas espérée par Myriam Pont, mytilicultrice basée à Calais, pas avare de critiques envers certains de ses confrères. Elle estime qu'il y a "de belles choses à faire dans le métier, mais avec pédagogie. La mortalité n'est pas arrivé par hasard".  
 
Les moules sur les étals calaisiens ne sont actuellement pas du pays mais viennent des Pays-Bas / © France 3 Hauts-de-France
Les moules sur les étals calaisiens ne sont actuellement pas du pays mais viennent des Pays-Bas / © France 3 Hauts-de-France

La perte réelle de production des conchyliculteurs ne pourra être calculée qu’en fin d’année, au moment de la récolte des bouchots. Cependant, une mesure nationale du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche pourrait-être mobilisée par anticipation pour accompagner les entreprises ayant constaté des pertes supérieures à 20 % de la production ou représentant plus de 35 % du chiffre d’affaires, mais avec une suspension temporaire d’activité.

La région ne gérant pas cette mesure, une analyse plus poussée de l’éligibilité des demandeurs doit être réalisée en collaboration avec les services de l’Etat. A ce stade, la Région sollicitera l’Etat pour garantir la mobilisation effective des aides FEAMP prévues en pareille situation.

Enfin, des projets de recherche seront engagés et soutenus à hauteur de 50 000€ pour déterminer les causes de cette crise nouvelle de mortalité mytilicole sur le littoral.

 

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