Jonathan Boillet condamné à 30 ans de prison pour le meurtre de Sandy Cucheval

Au terme de quatre jours de procès devant les assises du Pas-de-Calais, Jonathan Boillet été reconnu coupable du meurtre de Sandy Cucheval, et condamné à 30 ans de prison assortis de 20 ans de sûreté. Un verdict qui suit les réquisitions de l'avocat général.

Les jurés de la cour d'assises auront donc suivi les réquisitions de l'avocat général. Au terme de 4 jours de procès, et 3 heures 30 de délibérations, ils ont reconnu Jonathan Boillet coupable d'avoir aspergé d'essence et brûlé vive son acienne compagne en novembre 2020 à Bully-les-Mines, et l'ont condamné à 30 ans de prison assortis de 20 ans de sûreté, et 10 ans de suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. 

À l'énoncé du verdict, Jonathan Boillet, debout, écoute et encaisse. Son avocate anticipait dès ce matin : "il sait que ce sera lourd et il sait que c'est mérité." Du côté de la famille de la victime, tous pleurent en sortant du tribunal. "Ça ne change rien, ça ne ramènera pas Sandy".

Un procès éprouvant

En cette dernière journée d'audience, Me Lemonnier, l'avocate de la défense aura eu la lourde tâche de faire entendre ce qui est demeuré "insupportable, inacceptable" pour son client tout au long du procès : "je le dis à sa place : Jonathan Boillet est coupable du meurtre de Sandy Cucheval". Car malgré les débats accablants, les expertises qui ne laissaient pas place au doute, les tentatives répétées de la Présidente, Jonathan Boillet n'aura jamais reconnu avoir tué son ancienne compagne. Encore "sidéré" aujourd'hui par ce qu'il s'est passé, mais incapable de verbaliser des aveux. Il concèdera l'avoir aspergée d'essence, mais ensuite c'est le "black-out". Une amnésie qui n'aura pas convaincu la cour ni les jurés. Une torture pour la famille de Sandy qui l'aura supplié jusqu'au bout d'avouer.

"Je vous demande de penser à Sandy"

Dans la matinée de ce vendredi 8 mars, les avocats des parties civiles avaient chacun livré une vibrante plaidoirie pour la victime, sa mémoire, et sa famille. "Lorsque vous vous retirerez après tout ce bruit, cette fureur et cette horreur, je vous demande de penser à Sandy", une phrase avec une résonnance particulière en cette journée du 8 mars. L'avocate des enfants de la victime semblait, elle, très émue : "pensez à la victime mais aussi à toutes les autres qui n’ont pas pu dire au revoir à leurs proches."

Une victime que tous ont décrite comme "une fille merveilleuse", "un rayon de soleil", "une super maman". Sandy Cucheval avait 33 ans.

"Zéro place pour la thèse de l'accident"

L'avocat général Xavier Alloy a démontré point par point la matérialité et l'intention du crime pour établir la culpabilité; "Tu ne pourras jamais me quitter, le jour où tu me quittes je te crève, c'est comme cela qu'il avait menacé sa compagne". Et de rappeler les multiples menaces de "cramer sa maison" avec ses enfants à l'intérieur, l'achat du bidon d'essence l'après-midi du drame. Avec cette conclusion sans ambiguïté : "il y a zéro place pour la thèse de l'accident".

Xavier Alloy requiert alors 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une peine de sûreté de 20 ans, un suivi socio-judiciaire de 10 ans, une obligation de soins pour l'alcool et les stupéfiants, ainsi qu'une interdiction de contact avec les quatre enfants de Sandy Cucheval et Nadège J., une ancienne compagne victime des violences de l'accusé.

Jonathan Boillet a dix jours pour faire appel de ce verdict.