INSOLITE. "Je dors dans l’eau comme dans un lit" : le nouvel exploit de Stève Stievenart, nageur de l’extrême

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Stève Stievenart a dormi une nuit complète dans une eau à 37 degrés en Italie. ©Stève Stievenart

On le surnomme "le phoque", il est le premier Français à avoir réussi la traversée de la Manche aller-retour sans combinaison. Stève Stievenart se raconte dans un livre, "Stève le phoque", sorti le 23 mars 2023. Sa dernière performance ? Dormir dans l’eau, encore mieux que dans un lit.

Beaucoup de sportifs de haut niveau arrêtent leur carrière à 40 ans. Lui, c’est l’âge qu’il a choisi pour démarrer la sienne ! A bientôt 46 ans dont six années de nage extrême, Stève Stievenart revient sur son itinéraire dans Stève le phoque, le destin exceptionnel d’un homme sauvé par la mer, publié le 23 mars 2023 aux éditions Michel Lafon.

Difficile, voire impossible de résumer ici en quelques lignes le parcours atypique de Stève Stievenart. Stève avec un accent grave, il y tient ! Autodidacte, il a été photographe et défenseur de la nature dès son plus jeune âge, éditeur de magazines, artiste et sportif de haut niveau.

Il raconte : "J’ai commencé jeune par la course à pied, puis les courses de scooters et de jet-ski, j’ai même été champion du monde en 2005, puis j’ai fait des courses automobiles sur glace, du triathlon en Ironman avant de basculer dans la nage extrême !"

Un an d’écriture pour ce livre qui montre qu’on peut tomber très bas (Stève s’est retrouvé quasiment SDF à la suite d’une rupture et d’autres aléas de la vie) et rebondir : "C’est la mer qui m’a sauvé. Je me suis lancé dans mon rêve d'enfant, la traversée de la Manche à la nage. C’est mon grand amour."

"Quand j'avais cinq ans, mon grand-père m'emmenait voir le départ. C’est l’Everest de la natation, un peu notre Tour de France à nous. Cette traversée, elle existe depuis 1875 et elle est chargée d’histoire."

Six ans après ses débuts, le palmarès du nordiste impressionne. Stève Stievenart a fait cinq traversées de la Manche dont un aller-retour, en simple maillot de bain.

Il est le premier Français à avoir accompli cet exploit : "Cela représente 35 heures de nage, beaucoup de nuit. C’est long la nuit, il fait froid. Le danger, c’est de s’endormir, le froid a raison de vous au bout d’un moment !"

"Dans l'eau, c’est un combat permanent, continue le nageur. Mon équipe est là, elle me lance la nourriture et le liquide avec une corde, toutes les 30 minutes. Je n’ai pas le droit de toucher le bateau et j’ai quinze secondes pour manger et boire !"

La liste des performances de Stève est longue. Il a même décroché un record du monde l’année dernière, en bouclant une double triple couronne, à savoir un aller-retour dans la Manche, deux fois le tour de Manhattan et deux fois la traversée de l'île de Santa Catalina à Los Angeles en Californie !

Des défis réussis grâce à son travail et à son entraîneur Kevin Murphy, à qui il rend hommage dans le livre : "C’est mon papa spirituel. Il a 74 ans aujourd’hui, il a traversé 34 fois la Manche, j’ai énormément progressé à ses côtés."

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Le nageur de l'extrême Stève Stievenart est entouré d'une solide équipe, dont son entraîneur Kevin Murphy. ©Stève Stievenart

Stève Stievenart dort dans l'eau !

Non content d’accumuler les performances sportives, Stève Stievenart travaille également sur la question du sommeil et vient de réaliser un nouvel exploit : il est le premier homme à dormir dans l'eau ! 

Je dors une nuit dans l’eau, comme vous vous dormez dans votre lit ! Toutes les tensions du corps sont soulagées.

Stève Stievenart, nageur de l'extrême

"Cela fait quelques années que j’expérimente le sommeil dans l’eau, à différents endroits de la planète, explique-t-il. Là, j’ai passé une nuit complète dans une eau à 37 degrés en Italie, dans des sources naturelles, sous la surveillance de mon équipe."

"Je dors une nuit dans l’eau, comme vous vous dormez dans votre lit. Pour récupérer entre deux traversées, c’est vraiment révolutionnaire. L’organisme est en apesanteur et toutes les tensions du corps sont soulagées, c’est incroyable."                                                                                                                 

Connaissez-vous bien Stève Stievenart ?

Au fil des ans et des prouesses, Stève Stievenart est devenu très médiatique. On croit tout savoir du nageur, loin de là. Pour France 3, il répond dans Mise au net aux questions que les internautes se posent sur lui via les moteurs de recherche.

 Pourquoi Stève le phoque ?

Le phoque, c’est un surnom qu’on m’a donné en Angleterre, lors d’un entraînement de dix heures. Les Anglais mangent beaucoup de sucreries ; moi je suis arrivé avec mes poissons gras, mon haddock, mes harengs et mes sardines. Mon entraîneur m’a dit : "Mais tu manges comme un phoque !". Et c’est resté, Steve the seal en VO !

 Qui est votre compagne ?

Elle s’appelle Frédérique et elle m’accompagne depuis maintenant six ans. On partage les mêmes passions. Elle a même arrêté de travailler pour me suivre dans mes aventures, elle s’occupe de la logistique et de l’équipe.

J’ai trouvé une personne qui comprend que dormir avec le phoque, ça nécessite des adaptations. Il n’y a pas de chauffage à la maison, on dort la fenêtre ouverte, il fait huit degrés dans la chambre, la douche est dans le jardin. Ça la fait rire, elle est à fond dans mes projets. Avec Frédérique, on écrit une très belle histoire.

 Vous avez croisé des dauphins de très près

C’était aux Etats-Unis, je suis dans l’eau et je me dis : "Je ne vais pas y arriver !". J’en appelle à la nature et les dauphins arrivent autour de moi, une maman et son petit. Un moment extraordinaire ! On a échangé un regard incroyable et ça m’a redonné de l’énergie. Le son qu’ils émettent vous traverse l’organisme et ça vous réinitialise. Je suis reparti pour 28 heures de nage, ça m’a fait un bien fou. D’autres dauphins sont arrivés et c’est une énergie incroyable !

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Stève Stievenart a pu compter sur le soutien des dauphins lors d'une traversée aux Etats-Unis. ©Stève Stievenart

Vous croisez des méduses aussi

Il faut faire avec, elles sont chez elles ! Il y  a des endroits où elles sont plus virulentes que d’autres, notamment dans le North Channel. Les filaments peuvent atteindre 20 mètres de long. Moi je m’entraine volontairement dans les bancs de méduses, pour m’immuniser ou presque. Dans les grandes traversées, le risque c’est la surprise. Avoir déjà vécu ces situations, ça rend les choses beaucoup plus faciles.

Où vivez-vous ?

Je suis d’origine picarde mais je suis installé à Wimereux. J’adore revenir là où j’ai commencé. Dès que je peux, je m’entraine à la maison. Mais je suis souvent parti pour nager à travers le monde !

Les internautes s'interrogent sur votre poids

A la base, pour la course à pied, je faisais 63 kilos, et aujourd’hui 110 ! J’ai pris 47 kilos en quatre ans pour résister aux eaux glaciales de mes traversées. C’est une prise de poids nécessaire  pour pouvoir affronter le froid avec du bon gras. Ne plus courir est mon grand regret mais pour passer le temps pendant les longues traversées, j’imagine que je cours, je me fais mes marathons dans la tête !

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Le nageur de l'extrême Stève Stievenart sur le plateau de "Vous êtes formidables " le lundi 3 avril 2023. ©FTV

Les exploits de Stève suscitent des vocations en France. Le nordiste précise : "Il y  a des pays où la nage extrême est vraiment mise à l’honneur, comme les Etats-Unis, l’Australie ou l’Angleterre. Ça fait partie de leur culture, chez nous ça arrive tout doucement. Pas mal de jeunes veulent se lancer dans la traversée du détroit."

"Ça se professionnalise, il y a des sponsors, des gens veulent en faire leur métier. On travaille en étroite collaboration avec la Fédération Française de natation pour avoir une école pour accompagner ces jeunes." Une structure qui bien sûr verrait le jour à Wimereux !

En attendant, Stève le Phoque s’entraîne en vue d’une grosse performance, 50 heures de nage non-stop  ; il n’en dira pas plus pour l’instant. Et cet amoureux de la mer, qui aime à rappeler que ses traversées sont avant tout un voyage intérieur, continue de s’occuper de sa fondation, Stop plastic pollution, pour sensibiliser à la protection de nos fragiles océans.

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