Pauvreté : 24 départements, dont le Pas-de-Calais, demandent la mise en place immédiate du "revenu de base"

24 départements socialistes, dont le Pas-de-Calais, demandent que le revenu de base soit généralisé dès aujourd'hui, après l'ouverture d'un débat sur ce thème au sein de l'Assemblée nationale. 
 
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Photo d'illustration. © DR
Passer à la vitesse supérieure et généraliser le revenu minimum universel ? C'est ce que proposent, dans une lettre ouverte aux parlementaires ce samedi 5 décembre, les présidents de 24 départements socialistes, dont le Pas-de-Calais.

Leur message est simple : il ne faut pas attendre l'issue d'un débat national qui vient de s'ouvrir à l'Assemblée nationale sous l'égide de la députée du Nord, Valérie Petit, du groupe Agir, allié à la majorité.

L'ouverture d'un débat public 

La parlementaire de la 9e circonscription du Nord avait en effet porté, jeudi 3 décembre, cette résolution pour ouvrir un "débat public" sur un tel mécanisme de revenu universel car "notre pays va faire face à un véritable choc de pauvreté qui touche désormais tous les Français. La pauvreté est bel et bien devenue un risque global, et c’est pourquoi, il nous faut une réponse universelle. Cette protection, ce filet de sécurité a un nom : c’est le revenu universel..." 

Généraliser aujourd'hui ce revenu 

Les présidents de 24 départements, dont Jean-Claude Leroy (Pas-de-Calais) appellent, ce samedi 5 décembre, à aller plus loin, et à agir maintenant sans attendre l'issue de ce débat national. Ils demandent ainsi la "généralisation dès aujourd'hui" d'un revenu de base pour "répondre à la crise inédite que nous traversons". 

Les signataires dénoncent le temps perdu, mettant l'accent sur ce projet de 2016 de revenu de base que la Gironde et 18 autres départements volontaires avaient expérimenté, alors que la "majorité parlementaire refusait tout débat sur le revenu de base. Ces deux ans écoulés nous auraient permis d'évaluer les effets d'un revenu de base sur les publics visés et de l'ajuster au mieux à leurs besoins." Un peu plus tôt dans la journée, un "collectif de 19 départements PS", cette fois sans les Alpes-de-Haute-Provence, le Lot, les Pyrénées orientales, le Pas-de-Calais, et le Tarn, avaient publié une tribune dans les colonnes de nos confrères du Monde avec le même message. 

Pour la députée du Nord qui fait partie du groupe Agir (alliée à la majorité), cette réforme est "trop complexe pour se passer d'un débat. Il faut se mettre d'accord sur le montant de ce revenu, son financement, et la façon dont on va mettre en place cette réforme, et cela prend du temps". 

Revenu de base versus socle citoyen

Autre point de désaccord : la définition de ce que serait ce revenu de base, dont l'idée avait été plébiscitée par Benoît Hamon, alors candidat PS à la présidentielle en 2017. Pour l'ex-députée LREM, qui avait signé, dès le mois d'avril 2020, une tribune pour appeler à l'instauration d'un revenu universel, il s'agit de mettre en place un "socle citoyen", un "mécanisme ambitieux qui serait déduit de l'impôt sur le revenu applicable dès 18 ans". 

Pour le parti socialiste, qui lui préfère le terme "revenu de base", il s'agit de créer "une unique prestation qui recoupe le RSA et la prime d’activité  ou le RSA, la prime d’activité et l’APL". 

Si la députée ex-LREM est en désaccord avec cette conception, elle se félicite que le débat soit, quant à lui, véritablement lancé. 

 
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