En Picardie, la Ligue contre le cancer s'inquiète de la baisse des dons

Depuis le début de la crise sanitaire, les dons aux associations se sont concentrés sur la recherche contre le coronavirus/covid-19 ou les structures en lien avec les effets négatifs du confinement. Des ressources qui font désormais défaut à des associations comme la Ligue contre le cancer.

Dans l'Aisne, l'Oise et la Somme, les comités départementaux de la Ligue contre le cancer constatent une baisse des dons depuis le début de la crise sanitaire liée au coronavirus/covid-19.
Dans l'Aisne, l'Oise et la Somme, les comités départementaux de la Ligue contre le cancer constatent une baisse des dons depuis le début de la crise sanitaire liée au coronavirus/covid-19. © L.Vadam/Maxppp

"Les dons des personnes ont majoritairement été transférés vers les associations qui luttent contre le covid-19 et celles qui luttent contre les violences faites aux femmes. En plus, pendant le confinement, on a dû annuler pas mal d'actions comme Mars bleu. Et si on n'a pas de visibilité, les gens nous oublient." Au comité de la Ligue contre le cancer de la Somme, les comptes ont été faits : depuis le début de la crise sanitaire, le comité a perdu 34 000 euros de dons par rapport à la même période en 2019.

Continuer à être visible

Une baisse des dons constatée dans tous les comités départementaux de France et que les instances nationales de la Ligue contre le cancer veulent contenir : 

Mais pas question de se laisser abattre. Pour avoir une présence pendant le confinement, le comité de la Somme a lancé le #BBCCChallenge ou Balance ta boulette contre le cancer challenge : des anonymes font des vidéos dans lesquelles ils vont passer une boule de papier inscrite d'un appel aux dons. Une idée reprise par d'autres comités départementaux :

Rattraper la situation

La collecte associée à cette opération a permis de récolter 860€. D'autres rendez-vous sont en cours de réflexion pour essayer de rattraper la situation : "on réfléchit de mettre en place un événement sportif dématérialisé en lien avec Octobre rose, explique Caroline Colin, bénévole en charge de la communication au sein du comité de la Somme. On va relayer pour la première fois dans le département l'opération Septembre en or qui sensibilise et appelle aux dons pour la recherche contre les cancers pédiatriques. On travaille à la forme que ça va prendre. On aimerait que tout soit prêt d'ici fin juin pour que les gens puissent avoir le temps de s'inscrire. Les gens donnent surtout en décembre, lors d'Octobre rose et Mars bleu. On a loupé le coche de Mars bleu. On espère se rattraper avec Septembre en or et Octobre rose"

Si le manque de dons n'est pas comblé, le comité de la Somme va devoir des choix dans ses financements : "on ne pourra pas donner autant à la recherche locale, envisage Caroline Colin. On sait aussi qu'on va être limités dans nos aides financières aux malades."

Trouver d'autres sources de financement

Dans l'Aisne, "on va faire ce qu'on faisait avant mais on va essayer d'en faire plus : des lotos, des repas et surtout une campagne publicitaire pour solliciter des dons", explique la présidente du comité axonais de la Ligue contre le cancer, Roselyne Godderidge. Mais la baisse est suffisamment importante pour que l'inquiétude soit présente : "on a une réserve financière pour le fonctionnement. On n'est pas à la faillite mais ce qui est sûr, c'est qu'on ne fera aucun bénéfice cette année et malheureusement, ce sont les malades qui vont en pâtir".

Dans l'Oise, la Ligue contre le cancer est fermée depuis le 2 mars. Et le constat est le même que dans la Somme et l'Aisne : "on n'a pas de chiffre précis mais on voit bien que ça baisse depuis le confinement", déplore Isabelle Beirens, la présidente du comité isarien. Pour elle, cette situation aura au moins le mérite de faire avancer des projets plus vite que prévus : "je ne veux pas courir après les donateurs. Ils ont déjà donné à d'autres associations, explique-t-elle. Je veux trouver d'autres sources de financement. Dons on a mis en place d'autres activités pour récupérer de l'argent. On va essayer de se diversifier. On va intensifier ce qu'on a mis en place il y a déjà quelques années : la collecte de radiographies argentiques et de cartouches d'encre." 
 

"La tonne de radios argentiques, c'est 500 euros la tonne. Et c'est très lourd une radio argentique ! On a démarché les vétérinaires qui ont répondu très favorablement, raconte Isabelle Beirens. Et on prépare un listing des adresses mails des dentistes du département. On fait tout par mail pour éviter de dépenser de l'argent en envois postaux. On faisait déjà attention aux dépenses mais là on va faire encore plus attention à tout."

Ne pas oublier la prévention

Et si la situation n'est pas rétablie, ce sont les soins support aux malades qui vont en subir les conséquences : "on aura moins de choses à leur proposer pour les aider dans leur guérison".

Autre projet : la collecte de verre, dévolue à la Ligue contre le cancer il y a plusieurs années. Pour Isabelle Beirens, la crise actuelle doit faire réfléchir au modèle économique dont dépendent les comités de la Ligue : "dans l'Oise, on travaille à passer du don au revenu : les gens donneront toujours mais il faut trouver des fonds ailleurs et autrement", assure-telle. 

Ce qui inquiète aussi beaucoup Isabelle Beirens, c'est l'incertitude qui plane encore sur les campagnes de sensibilisation et de prévention :"on espère pouvoir faire Octobre rose. C'est un grand rendez-vous qui nous permet de faire de la prévention et du dépistage. On espère pouvoir faire notre course annuelle le 27 septembre pour Septembre en or. On ne fait rien depuis le mois de mars et il ne faut pas laisser tomber la prévention et le dépistage."

Sachez que si vous faites un don à la Ligue contre le cancer au niveau national, il sera reversé au comité de votre département d'habitation.

 

 

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