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Commémoration de la bataille de Craonne en 1814

© France 3 Picardie
© France 3 Picardie

Le 7 mars 1814, 37 000 soldats français opposés à 85 000 Prussiens et Russes à Craonne (02) offrirent l'une des dernières victoires de l'Empereur Napoléon Ier. De nombreux passionnés de cette époque se retrouveront dimanche pour commémorer cette bataille.

Par Gontran Giraudeau


Programme du dimanche 9 mars


  • 9h00 : arrivée des troupes sur le champ de bataille
  • 9h30 / 10h30 : bataille rangée
  • 11h00 : cérémonie d’inauguration de la plaque commémorative de la bataille de Craonne au cours de la campagne de France
  • 12h30 / 13h00 : réception à la mairie de Craonne
  • 14h00 : retour des troupes au bivouac et ouverture du bivouac au public

 

Bicentenaire des combats de la "Campagne de France"
Intervenants : Noël Genteur, maire (DVG) de Craonne et historien local ; Jean-Pierre Allart Responsable "valorisation", archives départementales de l'Aisne / Reportage : Rémi Vivenot, Eric Henry et Jérôme Houbron




La bataille de Craonne


C’est l’une des batailles imprévues par Napoléon 1er durant la campagne de France qui commence fin janvier 1814 dans les plaines de Champagne et s’achève à Fontainebleau en avril 1814.

Durant le printemps 1814, Russes, Prussiens, Allemands, Autrichiens, Anglais, Hollandais, Espagnols et Italiens sont alliés contre les Français, les Belges et les Polonais. En février, l’armée française avec ses alliés compte environ 300 000 hommes, en face les alliés en alignent plus de 400 000.

Bien que les événements principaux aient lieu dans le quart nord-est de la France, les batailles et mouvements de troupes se déroulent un peu partout sur le territoire national. Pour résoudre le problème des effectifs, la difficulté principale pour Napoléon est d’affronter les différentes armées les unes après les autres.

A la fin de la campagne de France, sous la pression des Anglais, les alliés ont près d’un million d’hommes sous les armes. En France la chambre des 500 a accepté d’anticiper la levée de la classe de 1815, plus de 80 000 hommes.

A partir d’avril 1814 beaucoup de généraux lâchent Napoléon en particulier le général Moreau qui, à Soissons, livre la ville au maréchal prussien Blücher sans combattre alors même que l’armée impériale s’apprêtait à l’affronter.

Leses 4 et 5 Mars 1814, cette trahison va permettre à l’armée prussienne de se replier vers la plaine de Laon et être ainsi renforcée et protégée par l’armée russe venue du nord. La bataille de Craonne se prépare. L’armée impériale à la suite du repli de Blücher sur Soissons décide de venir couper la retraite sur la plaine de Laon.

La rivière Aisne oblige Napoléon à faire passer son armée à Berry-au-Bac. La cavalerie de Nansouty enlève le nouveau pont et rejette l’ennemi sur Corbeny. L’anecdote tirée du manuscrit de 1814 des souvenirs de la campagne de France du baron Fain premier secrétaire de cabinet de l’empereur, mentionne la capture du colonel russe Gagarinn.

Le 6 mars, l’armée impériale s’avance sur Laon et s’arrête à Corbeny. Par un autre mouvement, l’armée russe, dite armée de Silésie, commandée par les généraux Voronzof, Vintzigerode et Sacken s’installe sur l’extrémité est du petit plateau de Craonne.

Cette position sur les hauteurs de la commune ne permet pas à Napoléon de l’attaquer de front. L’armée russe est solidement positionnée pour permettre à l’armée prussienne de se replier de Soissons sur Laon.

Napoléon passe la nuit à Corbeny. Cette nuit il se rappelle une connaissance, un officier du régiment de la Fère, le maire de Beaurieux, M. de Bussy, qu’il fait venir à son quartier et ensemble, les deux hommes vont préparer la bataille du lendemain 7 mars 1814.

Le 6 au soir, Napoléon envoie trois bataillons de 900 hommes prendre le village de Craonne aux Russes et ainsi protéger son armée d’une attaque surprise pendant la nuit du 6 au 7 mars. 

Le 7 au matin, la bataille est engagée. Extrait du manuscrit de 1814 : « Nos troupes parviennent successivement sur le plateau mais la grande difficulté est de s’y établir. Le maréchal Ney qui a passé la nuit au château de la Bove de Bouconville-vauclair et le maréchal Victor combattent à la tête de l’infanterie ; le maréchal Victor est blessé : le général Grouchy commande la cavalerie de l’armée, le général Nansouty commande la cavalerie de la garde ; tous deux sont blessés. Le général Belliard prend le commandement de la cavalerie ; le général Drouot dirige le feu de nos batteries ; il parvient enfin à faire reculer celles de l’ennemi ; mais sur cette arête, on ne peut que marcher devant soi. Les Russes se retirent pied à pied, et aucun mouvement de flanc ne peut précipiter leur retraite. La victoire de Craonne, disputée durant une grande partie de la journée, ne nous laisse pour trophées que les morts de l’ennemi. »

Les Russes sont poursuivis jusqu’à la grande route de Soissons à Laon à l’embranchement appelé l’Ange Gardien puis se replient sur Laon. Le soir de la
bataille le quartier impérial et l’empereur passent la nuit du 7 au 8 mars à Braye-en-Laonnois.

« une victoire à la Pyrrhus » (Napoléon Ier)


Le bilan de la journée du 7 mars est terrible pour les hommes qui s’affrontent. Douze mille soldats sont mis hors de combat ainsi que plusieurs milliers de
chevaux. Napoléon lui-même va nommer cette dernière victoire « une victoire à la Pyrrhus ». Malgré la victoire de la bataille des 6 et 7 mars, les résultats militaires sont fragiles, ils ne permettent pas à Napoléon de continuer les négociations de paix avec les alliés.

Les jours suivants une bataille décisive doit s’engager dans la plaine de Laon. Le 9 mars 1814, l’armée française forme une ligne face à la forteresse de Laon. En face, le maréchal Blücher a rallié toutes ses forces russes et prussiennes avec l’armée du prince royal de Suède. Le 10 à quatre heures du matin, Napoléon est prêt à déclencher la bataille lorsque deux dragons arrivent à pied de Festieux, des bivouacs du duc de Raguse, lui annonçant que Blücher a dispersé par une attaque surprise toutes les forces du duc pendant la nuit.

Cet évènement oblige Napoléon à renoncer d’attaquer les forces ennemies et à organiser la retraite. L’étau se resserre sur l'Empereur et, malgré d’autres petits succès comme celui de Reims, progressivement Napoléon au cours de la fin du mois de mars 1814, va se replier vers Fontainebleau d’où il abdiquera.

 

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