Des employés municipaux de Saint-Quentin refusent d'être géolocalisés

Des agents de la mairie de Saint-Quentin ont débrayé pendant une heure, vendredi 27 mars, pour contester l'installation de pointeuses et la géolocalisation des véhicules professionnels.

Des dizaines d'agents territoriaux de Saint-Quentin ont arrêté de travailler, pendant une heure, vendredi 27 mars. Ils se sont rassemblés devant la mairie de la ville pour manifester. Objet de leur mécontentement : l'installation de pointeuses et d'un système de géolocalisation sur les véhicules de fonction.

"Mouchards", "flicage", "manque de confiance vis-à-vis des travailleurs" : les critiques sont franches et la sentence radicale, les employés municipaux grévistes - entre 200 et 400 selon les sources, sur 1.500 agents - refusent en bloc ce dispositif.

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Reportage de Zohra Hamdane et Rémi Vivenot. Intervenants : employés ; Yvon Brin, Représentant intersyndical des territoriaux, Mairie et agglomération de Saint-Quentin ; Robert Renard, Directeur général des services, Mairie et communauté d'agglomération de Saint-Quentin ©INA

Optimisation des moyens


Comme souvent, tout est affaire d'argent :

  • Selon la mairie, le dispositif coûte 50.000 euros et permettra d'optimiser l'utilisation des 400 véhicules de la mairie et de l'agglomération. Un investissement pour faire des économies donc, sachant que les recettes des collectivités locales s'amenuisent avec la réduction de la dotation de l'Etat.
  • Selon l'intersyndicale, le dispositif coûte 200.000 euros et s'en prend aux employés, déjà touchés par les politiques de réduction des coûts. "On parle depuis des années d'économies sur les remplacements, le régime indemnitaire, le décalage de grade de 6 mois (...) et on nous annonce qu'on a l'argent pour ça."
Les dispositifs de géolocalisation sont utilisés depuis plusieurs années par des organismes privés et publics. Ils doivent être soumis aux comités d'entreprise et à l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Cette dernière avait, dans une délibération de 2006, fixé les conditions et limites du système.