Le Parlement européen réclame 56.000 euros à l'eurodéputée FN Mylène Troszczynski

© France 3 Picardie/Benoît Henrion
© France 3 Picardie/Benoît Henrion

Depuis juin dernier, les indemnités de l'eurodéputée FN du Nord-Ouest Mylène Troszczynski font l'objet d'un recouvrement de la part du Parlement européen : elle doit rembourser plus de 56.000 euros perçus pour l'emploi de l'un de ses deux assistants parlementaires.

Par Jennifer Alberts


La députée européenne FN du Nord-Ouest Mylène Troszczynski, belle-fille du leader historique du parti dans l’Oise, Michel Guiniot, doit rembourser 56.000 euros au parlement européen. C'est une partie de la rémunération de deux de ses assistants pour lesquels elle n’a pas apporté la preuve suffisante qu'ils ont effectué toutes les tâches prévues par leur contrat de travail et dans le respect de la réglementation du parlement.

Une procédure de recouvrement entamée

Des preuves réclamées par le secrétariat général du parlement dans le cadre de la centaine d'enquêtes qu'il mène chaque année sur l'utilisation de leurs fonds par les parlementaires européens. Mais dans ce cas, l'Olaf n'a pas été saisi.

Joint par téléphone, l’avocat de Mylène Troszczynski, Maître Marcel Ceccaldi dénonce une attaque contre le Front National, qui n’entretient pas on le sait les meilleurs sentiments pour l’Union européenne…Mais depuis juin dernier, le Parlement européen ponctionnent les indemnités d'eurodéputée de Mylène Troszczynski pour recouvrir cette somme de 56.000 €.

Des questions de gros sous qui commencent à se multiplier à droite et au Front National. En 2015, l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) a été saisi en 2015 par le parlement européen pour enquêter sur l’emploi présumé fictif par le FN de plusieurs assistants parlementaires européens. Dans le cas de deux d’entre eux, l’Olaf a relevé de graves irrégularités. Ce qui a donné lieu à une procédure de recouvrement de près de 340.000 euros dont Marine Le Pen devait s'acquitter avant fin janvier. Un recours a été déposé devant un tribunal du Luxembourg contre ce recouvrement.

Une information judiciaire ouverte dans le cas de Marine Le Pen

La présidente du FN a également contre-attaqué en Belgique, déposant le 24 janvier une plainte pour "faux" et "usage de faux" à l'encontre du secrétaire général du Parlement et du directeur de l'Olaf. "Cette plainte vient justement de faire l'objet d'une désignation d'un juge d'instruction belge", a indiqué Me Ceccaldi dans un communiqué.

En parallèle, et suite au travail de l’OLAF, le parquet financier de Paris a ouvert une information judiciaire pour abus de confiance, faux et usage de faux et escroquerie en bande organisée, l’instruction de ce dossier est en cours et on ne sait pas encore qui sont les députés européens ou les assistants parlementaires qui sont concernés…

Par ailleurs, d'après un rapport de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf), Marine Le Pen a admis avoir salarié fictivement son garde du corps Thierry Légier, employé comme assistant parlementaire d'octobre à décembre 2011. Marine Le Pen a reconnu que "les bulletins de salaire établis sur la période d'octobre à décembre 2011 (...) n'ont jamais été payés" à Thierry Légier, et "qu'elle n'avait pas employé M. Légier pendant ces trois mois", selon des extraits de ce rapport, publiés jeudi par Mediapart et Marianne.

Le FN a contre-attaqué

Faux, a rétorqué la présidente du FN sur France bleu, il n'y a "absolument rien de fictif", il s'agissait uniquement de "régulariser des salaires et charges (...) une régularisation comptable" qui s'est faite avec le Parlement européen, assure-t-elle.

Une version démentie par l'institution. Le Parlement "n'a fait aucun document de régularisation. Ce n'est pas l'esprit maison de faire des faux contrats", a déclaré à l'AFP une source parlementaire. Le document d'embauche de M. Légier avait "toutes les apparences d'un contrat normal. Ce n'est que grâce à l'enquête de l'Olaf que l'administration a mis en doute la réalité de cet emploi d'assistant", d'après cette source.

Interrogé par l'AFP, l'Olaf a de son côté indiqué que son enquête a bien "révélé que la députée a produit un contrat de travail purement fictif", concernant son garde du corps.


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