La CGT va assigner Goodyear en justice pour relancer les négociations avec Titan

L'avocat de la CGT, Fiodor Rilov, a annoncé que le syndicat allait assigner le groupe Goodyear en justice pour entrave à la reprise du site d'Amiens-Nord, pour forcer le groupe à rassurer son (ancien) partenaire de négociations sur le nombre de salariés à embaucher.

Comme promis, la CGT passe à l'offensive judiciaire. Le syndicat va assigner le groupe Goodyear pour entrave à la reprise de l'usine d'Amiens-Nord fermée en janvier, en violation, selon la CGT, du protocole de fin de conflit.

"Nous allons déposer une assignation devant le tribunal de grande instance d'Amiens, lui demandant d'enjoindre Goodyear de cesser de faire obstacle à la reprise même partielle du site d'Amiens-Nord", a-t-il déclaré jeudi soir l'avocat du syndicat, Maître Fiodor Rilov.

Goodyear a jusqu'à présent décliné toute communication sur les raisons exactes de l'échec des tractations avec Titan, son partenaire habituel, au nom de la confidentialité des tractations.

Titan aurait abandonné à cause d'une obligation...


Le 27 novembre, Goodyear Dunlop Tires France a annoncé la rupture "définitive" de ses discussions avec l'équipementier américain Titan pour reprendre au moins les activités pneus agraire d'Amiens-Nord et sauver ainsi plus de 300 des 1.143 emplois perdus.

Le lendemain, pour expliquer cet échec, Maurice Taylor, le patron de Titan, a invoqué le Code du travail français, et notamment l'obligation, selon lui, de réengager "652 ou 672" anciens salariés amiénois. De son côté Goodyear restait muet sur les raisons du blocage.

...qui n'existe pas, selon la CGT


Selon le texte de l'assignation que Me Rilov a communiqué, la CGT exige que Goodyear "signifie à la société Titan et à tout autre repreneur potentiel que rien, ni personne n'impose comme condition préalable à une offre de reprise la promesse de reprendre un nombre minimum de salariés".

Me Rilov avait souligné le 4 décembre que pour que M. Taylor soit contraint de réengager des salariés "il faudrait que les contrats de travail de ces salariés soient en cours". "Or, ils ont été licenciés il y a maintenant près d'un an", avait-il observé.

Pourtant Alain Gest, président d'Amiens Métropole, avait confié - en marge d'une grande réaction politique - que le ministre de l'Economie lui-même, Emmanuel Macron, se demandait si Titan n'avait pas raison sur cette question. Il existerait un certain flou juridique.

En entretenant le flou, Goodyear serait dans l'illégalité


Le 4 décembre, la CGT du site Goodyear d'Amiens-Nord avait exigé du géant américain du pneumatique des clarifications.

Jeudi, lors d'un comité d'établissement à Amiens-Nord où ce point avait été mis à l'ordre du jour à la demande du syndicat, "malheureusement (...) Goodyear a refusé" de confirmer que le code du travail n'obligeait pas Titan à reprendre les anciens salariés, a affirmé la CGT dans un communiqué. Ce qui, selon elle "empêche ainsi l'arrivée sur le site d'Amiens-Nord du candidat repreneur Titan", cela "en violation de l'article 11 de l'accord de fin de conflit au terme duquel le groupe doit tout faire pour ne pas empêcher l'arrivée d'un repreneur".
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