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La suppression de la taxe d'habitation inquiète les maires de villes moyennes

© PHILIPPE HUGUEN / AFP
© PHILIPPE HUGUEN / AFP

Dans la Somme, les maires de villes moyennes s'inquiètent du projet d'Emmanuel Macron de supprimer la taxe d'habitation. Les mairies de Péronne et Ham peinent à boucler leur budget 2018.

Par Romane Idres avec Thierry Bonté

Emmanuel Macron l'a réaffirmé lors de la Conférence nationale des territoires au Sénat ce lundi 17 juillet : il entend bien supprimer la taxe d'habitation. Une nouvelle qui devrait réjouir de nombreux Français, surtout les foyers les plus modestes. Mais à y regarder de plus près, la mesure pourrait avoir des conséquences directe sur la vie quotidienne.

Dans des villes moyennes comme Ham ou Péronne dans la Somme, qui comptent entre 5 000 et 10 000 habitants et dont le revenu moyen des habitants est plutôt modeste, les recettes de la taxe d'habitation représentent 15% du budget annuel. Avec cet argent en moins dans les caisses, difficile d'assurer les mêmes services qu'auparavant. "Depuis quelques années déjà,  nous devons faire face aux baisses de dotations de l'Etat", souffle Grégory Labille, maire de Ham. "Pour l'instant, nous sommes incapables d'évaluer le montant exact de la baisse impactée par cette mesure, mais on sait déjà qu'il va falloir faire des choix, des choix politiques.


Moins d'impôts, moins de services ?


Faire des choix, voire des sacrifices. L'édile envisage de rendre payants des services qui étaient jusque là gratuits, comme la navette qui dessert la ville. "Un moyen de transport qui rend bien service aux habitants, mais qui coûte environ 50 000 euros à la commune", précise-t-il. Autre solution : augmenter le prix des services payants comme la cantine ou la garderie. Autrement dit, les foyers dépenseraient moins en termes d'impôts, mais plus en termes de services de la vie quotidienne. 

Dans les rues de Péronne, les passants que nous avons interrogés sur le sujet se disent tous favorables à la suppression de cette taxe. Mais lorsqu'on leur demande s'ils sont prêts à supporter la réduction de services communaux comme les bibliothèques, les écoles de musique et de danse, les équipements sportifs... Bien souvent, ils répondent que non. 

Macron promet de compenser les pertes


À la mairie de Péronne justement, on cherche d'autres pistes pour faire face à l'éventuelle baisse de budget impliquée par la mesure. "On devra sûrement transférer des compétences à la communauté de communes, comme les crèches, les espaces sportifs, les écoles de musique...", explique pascal Demey, directeur général adjoint des services de la ville. 

Les maires comptent surtout sur la promesse d'Emmanuel Macron de compenser à l'euro près l'intégralité des pertes en augmentant les dotations. Une promesse que les élus ont du mal à croire pour le moment. "Pour l'instant, on n'a pas d'informations concrètes ni d'orientations, on ne reçoit que des commentaires. On n'a pas une vision précise, à l'euro près. Cette compensation, aujourd'hui, on ne peut pas la caler sur notre budget 2018, car nous n'avons pas de chiffres."

En somme, pour le moment, les municipalités ne peuvent pas inclure cette promesse dans les prévisions pour le budget 2018. Pour cela, il faudra attendre de connaître les modalités précises des compensations, et leur montant exact.




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