Prix du carburant : plusieurs barrages filtrants installés par les transporteurs routiers indépendants dans les Hauts-de-France

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jennifer Alberts

Lundi 21 mars, les patrons des petites entreprises de transport routier appellent à mettre en place des barrages filtrants sur les routes pour protester contre l'insuffisance des annonces du gouvernement pour palier la hausse du prix de l'essence. Dans les Hauts-de-France, la mobilisation a pris de l'ampleur dans la matinée.

Trois points de mobilisation sont dénombrés dans les Hauts-de-France.

Dans le Pas-de-Calais, depuis 5 heures du matin, plusieurs camions filtrent l'accès à la plateforme multimodale de Dourges, près de Lens, provoquant des bouchons en milieu de matinée. Peu de temps après, une douzaine de poids lourds se sont installés au centre régional des transports de Lesquin dans le Nord, empêchant les camions d'entrer et de sortir.

Des annonces gouvernementales jugées insuffisantes

"Une trentaine de camions à Dourges" étaient mobilisés, "une trentaine à Rouen et, pareil à Lesquin" près de Lille, a précisé lundi matin sur Franceinfo Christophe Caron, dirigeant d’une entreprise de transports de 15 salariés, près d’Arras et créateur de l’association France TPE Transport, qui regroupe des petits transporteurs. L’aide de l’État de 400 millions accordés aux entreprises de transport, soit 1 300 euros par camion, ne permet "pas de faire le plein d'un véhicule, a-t-il expliqué. Un plein de camion, aujourd'hui, c'est plus de 2 000 euros. On perd plus d'argent à faire rouler un camion que de le laisser au dépôt"

Christophe Caron réclame "un gazole comme les pêcheurs. On ne demande pas 50 centimes. Un euro hors taxes, ça sera très bien. Si on ne se fait pas déloger par les chars, on va essayer de rester le plus longtemps possible", a-t-il conclu.

Mobilisation indépendante

Dans la Somme, une vingtaine de camions étaient garés sur la départementale 934 au niveau du rond-point d'accès à l'A1 de Royes dès 4h du matin. Les manifestants organisaient le passage des voitures sous l'œil des gendarmes. Le rassemblement s'est intensifié dans la matinée avec près d'une quarantaine de poids lourds venus rejoindre la mobilisation.

Une mobilisation non soutenue par la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) qui rassemble une grande majorité des entreprises de transport routier. Suite à l'annonce du plan Résilience du gouvernement pour contrer la hausse des prix du carburant, la FNTR s'est félicitée dans un communiqué de presse que "les organisations professionnelles obtiennent une aide directe de 400 millions d'euros à destination des entreprises du secteur".

Vendredi 18 mars, Jean Castex avait annoncé : "une enveloppe globale de 400 millions d'euros sera dès à présent allouée aux entreprises du secteur en fonction de leur nombre de véhicules et du tonnage de ces derniers." Cette aide sera "versée rapidement" et concerne 520 000 véhicules : elle ira de 200 euros pour les véhicules utilitaires légers à 1 000 euros pour les autocars et 1 300 euros pour les tracteurs routiers.