Jean-Paul Delevoye épinglé pour un “oubli” dans sa déclaration d'intérêts, démissionne de la fonction polémique

Jean-Paul Delevoye le 3 décembre 2019 / © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Jean-Paul Delevoye le 3 décembre 2019 / © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le Nordiste, haut-commissaire aux Retraites, a oublié de déclarer une de ses activités bénévole dans les assurances. Il a annoncé sa démission de ces fonctions dans la matinée de lundi.

Par EM avec AFP

Jean-Paul Delevoye est administrateur de l’Ifpass (Institut de formation de la profession de l’assurance) et il ne l'a pas déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). C'est Le Parisien qui révèle cette information ce lundi. Il a annoncé dans la matinée qu'il démissionnait de ces fonctions liées aux assurances. ""Pour clore toute polémique, j'ai démissionné ce matin de mes fonctions d'administrateur de l'Ifpass" avec effet immédiat, a annoncé le haut-commissaire dans un communiqué lundi, précisant n'avoir assisté "qu'à trois conseils d'administration" depuis qu'il s'est vu confier le chantier des retraites en octobre 2017, la dernière fois "en décembre 2018".
 
ASKIP : l'oubli fâcheux de Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux retraites

Sa non-déclaration a fait polémique car elle est gênante pour le haut-commissaire aux Retraites, sur le devant de la scène depuis de nombreuses semaines. Y-a-t-il conflit d'intérêts ? On sait que les assureurs observent avec attention la réforme en cours et ses conséquences éventuelles sur leur activité. "La réforme des retraites ouvre des perspectives", expliquait fin octobre le directeur d'AG2R La Mondiale.

L'activité du Nordiste Jean-Paul Delevoye était bénévole mais le fait qu'il ne l'ait pas déclarée pose question. Dans les fonctions bénévoles déclarées, n'est inscrite que sa fonction de président de la Chartreuse de Neuville. 
 
© CAPTURE D'ECRAN Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)
© CAPTURE D'ECRAN Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)

Une "erreur" et "une omission par oubli", avait réagi M. Delevoye auprès du quotidien. Il dit "n'y (avoir) pas pensé une seconde", en reconnaissant que "ce n'est pas responsable". En plein conflit social sur la réforme des retraites, l'information a suscité immédiatement des réactions dans les rangs de la gauche et de la droite.
 
© CAPTURE D'ECRAN SOCIETE.COM
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"Pur hasard", a ironisé le porte-parole du PCF Ian Brossat sur Twitter : "Rien à voir avec le fait qu'il saccage les retraites par répartition. Et hasard aussi si le gouvernement a accordé une fiscalité super avantageuse pour ceux qui placent leur argent dans des fonds de pension en avril dernier."
 

A travers son haut-commissaire "on voit le vrai visage de cette réforme des retraites", où "tout est fait pour pousser les futurs retraités vers des fonds d'assurance", a dénoncé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel sur Public Sénat. "Le monde de l'assurance, lui, n'a pas oublié de déclarer ses liens avec la réforme des retraites que prépare" Jean-Paul Delevoye, a abondé le numéro 2 de La France insoumise Adrien Quatennens.


"Maladroit"


A droite, la députée Les Républicains Valérie Boyer a jugé que "la macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au-dessus des règles". La porte-parole de LREM Aurore Bergé a reconnu sur BFMTV que l'oubli de Jean-Paul Delevoye est "maladroit" car "la confiance nécessite énormément de transparence", mais ajouté qu'il allait démissionner de cette fonction d'administrateur, ce qui "clarifiera les choses".

La déclaration d'intérêts du ministre délégué, publiée samedi et visible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique
(HATVP)
, mentionne aussi sa fonction de "président du think-tank Parallaxe de HEP Education au sein du groupe de formation IGS" depuis 2017, un poste rémunéré en 2018 et 2019 à hauteur de 5.368,38 euros mensuels, soit un montant annuel de 64.420 euros net.  Y figure aussi, concernant ses activités passées, entre 2016 et 2017, une fonction de conseiller du délégué général d'IGS (25.000 euros net en 2016 et 40.000 euros net en 2017).

 

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