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Réforme des universités : comme des centaines d'autres étudiants, Izia est privée de Master 2 en psychologie à Amiens

© Luc Nobout/IP3 PRESS/MAXPPP
© Luc Nobout/IP3 PRESS/MAXPPP

Alors qu'elle a validé quatre longues années d'études universitaires de psychologie, Izia se voit refuser l'accès au Master 2. Une situation incompréhensible qui concerne des centaines d'autres personnes.

Par Célia Vanier

"Les oubliés de la réforme psycho 2017". C’est ainsi que se nomme la page Facebook qui réunit des centaines d’étudiants français qui, alors qu’ils passé quatre ans à étudier la psychologie, se voient obligés d’arrêter net leurs études, sans aucune perspective ni alternative.

Izia fait partie d’entre eux. Amiénoise d’origine, elle a obtenu sa licence en 2016 et a brillamment validé sa première année de master quand la plupart des étudiants la redoublent. Avec 13,5 de moyenne et un stage accompli avec succès, elle se retrouve, en 2017, face à un refus de poursuivre son cursus.
 

Sélection drastique


L’université d’Amiens sélectionne une douzaine d’étudiants seulement (sur 15 autorisés) pour cette cinquième année, laissant sur le carreau des dizaines d’étudiants. Une sélection drastique qui laisse les apprentis psychologues dans l’incompréhension la plus totale.

En cause, la réforme nationale des universités, qui déplace la sélection en Licence 3 et non en Master 1. En somme, les règles du jeu ont changé, et les étudiants déjà dans la course en pâtissent, situés dans une forme de "vide juridique".
 

Une lettre à Emmanuel Macron


"Désormais, le master se fera en un bloc de deux années sans sélection entre les deux", décode Honorine. Originaire de l’Oise, étudie à Lille. Elle se trouve dans la même situation qu’Izia. À l’origine de la page Facebook Les oubliés de la réforme psycho, elle a envoyé un courrier au Président de la République Emmanuel Macron et aux ministres de l’éducation pour les inviter à trouver une solution à cette situation. Dans ce courrier, elle fait pas de sa "colère, [son] sentiment d’injustice et de dépit".

Honorine a validé sa première année de Master avec une mention Bien et une belle moyenne de 14,2/20 (14/20 pour son mémoire) à Lille. Aujourd’hui, elle est désemparée. Sur 10 candidatures, elle a déjà reçu 9 refus. Elle attend  encore une réponse de l’université d’Amiens. Niveau du Master 1 insuffisant, options en inadéquation avec le Master 2… "Les motifs de refus sont aberrants les uns que les autres".
 

Un sentiment de gâchis


Honorine, Izia et les autres sont dépités et désœuvrés. "Avec un licence, on ne peut rien faire. J’ai l’impression d’avoir passé 4 ans à étudier pour rien, 4 années gâchées. Je ne sais pas si j’aurai la force de continuer dans ce domaine", témoigne Izia.

D’après Honorine, certains recours sont possibles si aucune place n’est attribuée aux étudiants de Master 1. Il serait possible de faire une demander pour obtenir une place en M2 dans une autre formation. Quitte à ce qu’elle n’ait rien à voir avec la psychologie… Un maigre lot de consolation pour les centaines d’étudiants livrés à eux-même cette rentrée.

Début août, une étudiante de la faculté de psychologie de Nancy a attaqué son université pour l’avoir refusée en Master 2 sous des prétextes jugés fallacieux et sans transparence par son avocat. Le tribunal administratif lui a donné raison. Un espoir pour les centaines d’étudiants dans son cas.
 

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