Rio 2016 – Gymnastique : les cinq secrets de Louise Vanhille

Louise Vanhille en mars 2015. / © MaxPPP
Louise Vanhille en mars 2015. / © MaxPPP

Les JO arrivent à grand pas. A cette occasion, la rédaction web de France 3 Nord Pas-de-Calais vous présente les sportifs qui défendront les couleurs nordistes à Rio. Aujourd’hui Louise Vanhille, benjamine des athlètes de la région Hauts de France, grande promesse de la gymnastique française.

Par Geoffrey Lopes

« Mes chers parents je pars, je vous aime, mais je pars… » Louise Vanhille n’a pas froid aux yeux. Elle n’a pas fugué comme le raconte la chanson. Elle a néanmoins bel et bien décidé de quitter ses parents et son frère à dix ans pour accélérer sa formation de gymnaste. Sept ans plus tard, 9 titres de championne de France en poche dont un chez les séniors, la voici propulsée à Rio pour disputer les Jeux olympiques. Karine et Thierry, ses parents, la couvent comme du lait sur le feu et l’encourageront au Brésil : « elle veut accrocher une place en finale du concours général au moins par équipe. Elle se sent bien et se prépare intensément. »

Relations très fortes avec la famille

Son départ prématuré du cocon familial de Leffrinckoucke a forgé son caractère. A Meaux et désormais à Saint-Etienne, la petite merveille de la gymnastique française a grandi et traversé son adolescence loin de son petit frère Paul et de ses parents. « Moralement elle de son côté et nous du nôtre nous ne l’avons pas toujours bien vécu. Elle a manqué de repères à son entrée au collège et elle a dû se faire à un nouvel environnement. Aujourd’hui, on ne la retrouve uniquement pendant les week-ends, souvent exténuée par le voyage. Il faut alors la mettre dans les meilleures conditions pour la laisser récupérer. » Les réseaux sociaux viennent à la rescousse de la famille et leur permettent  de conserver de forts liens. « Elle ne se livre pas beaucoup, ce n’est pas sa nature. Échanger en live avec elle lorsqu’elle baisse le pied moralement lui apporte énormément ».

La gym « par hasard »

A sept ans, la petite Louise cherche un sport à pratiquer. « On est plutôt sports collectifs dans la famille », racontent en choeur ses parents. Elle teste le football, le handball et la piscine sans succès. « À l’instar de beaucoup d’enfants, elle choisit alors de suivre une copine du quartier à la gym. C’est la révélation, elle a tout de suite adoré ça. On n’y connaissait rien, mais on s’est pris au jeu. » Surtout lorsque Louise remporte son premier titre de championne de France : « c’était une sacrée surprise, on ne s’y attendait pas. Elle ne recherchait pas forcément la performance. Finalement ce titre l’a lancée. » Le sourire jusqu’aux oreilles et la voix enjouée, Louise Vanhille raconte ce que la gym lui offre : « une sensation de voler, on se croirait dans un manège à sensation ! »


Mental d’acier

Louise se donne les moyens d’assumer son statut de championne. Pour réaliser ses objectifs, elle se consacre à la gymnastique pas moins de 30 heures par semaine, à côté du baccalauréat qu’elle prépare. « C’est important pour elle de concilier les deux. Elle déteste se trouver à la traîne. Avec les championnats du monde et les jeux elle a dû repousser les épreuves du bac à septembre prochain, mais elle s’en sort bien. Lorsqu’elle se fixe un objectif, elle fait tout pour y parvenir. Les sacrifices, efforts  et investissements parfois de longues durées ne lui font pas peur. » Pas même sa grave blessure à la cheville en décembre dernier. Elle a toujours cru en sa participation aux jeux olympiques et elle s’est accrochée.



Fort caractère

Dès qu’elle peut, Louise Vanhille prend le temps de se ressourcer. Une après-midi de shopping avec les copines, de simples moments de balade en famille. « Elle a souvent besoin de couper pour se ressourcer. C’est également pour cette raison qu’elle aime le lycée. L’école lui permet de se constituer un autre réseau que celui de la gym », raconte Thierry. Ses parents et l’une de ses anciennes entraîneuses s’accordent sur un point : « même si ça s’est un peu calmé, elle reste têtue. Petite, elle pouvait avoir un très mauvais caractère avant les compétitions. Elle rentrait dans sa bulle, on l’a sentait tendue et il ne fallait pas l’embêter. »

Un tempérament de coach

Licenciée dans le Nord, Louise garde un lien privilégié avec son club formateur de Dunkerque. « Lorsqu’elle en a l’occasion, elle passe à la salle pour s’entraîner. Elle défend le club lors du Top12 (NDLR championnat de France des clubs de gym) et de la coupe de France. Surtout, elle entretient de superbes relations avec les jeunes. Elle aime leur prodiguer des conseils et apporter son expertise sur la manière d’améliorer des gestes ou des positions. Elle paraît vraiment à l’aise avec eux. » Ses parents lui voient une carrière de coach toute tracée. Sans sauter d’étapes, elle projette dores et déjà Louane jusqu’au Brésil : « Je ne m’enfuis pas je vole, comprenez bien je vole, vers une médaille à Rio, je vole »

© MaxPPP
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Dates-clés

6 novembre 1998 : naissance à Dunkerque
2009 : championne de France avenir
2015 : championne de France sénior en barres parallèles

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