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Salle de sport exclusive pour Abdeslam à Fleury-Mérogis : un député interpelle le Garde des sceaux

Le député (Les Républicains) des Hauts-de-Seine Thierry Solère a demandé vendredi au garde des Sceaux les raisons de la mise à disposition d'une salle de sport à Salah Abdeslam pour son usage exclusif à Fleury-Mérogis, dans une lettre que l'AFP s'est procurée dimanche.
La prison de Fleury-Merogis.
La prison de Fleury-Merogis. © AFP
Thierry Solère s'est rendu le 29 juin à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, où il a notamment pu "mesurer l'ampleur du dispositif qui entoure la détention" de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie du commando jihadiste responsable des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, les plus meurtriers de l'histoire en France.

"J'ai été très étonné de constater qu'une cellule avait été transformée en salle de sport, et encore plus étonné d'apprendre que son usage était exclusivement réservé à cet individu", a écrit le député au ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas. "Sur ce dernier point, je souhaiterais connaître les raisons et motivations qui ont conduit votre ministère à une telle décision", a-t-il ajouté.

Sous surveillance vidéo 24h/24

Cette salle de sport spéciale est équipée d'un rameur pour faire de l'exercice, et un autre équipement de musculation est commandé, selon un article publié dans le Journal du dimanche, qui a accompagné Thierry Solère dans sa visite. Le JDD précise que Salah Abdeslam dispose aussi "sur le toit", d'un "petit espace de promenade à son seul usage", sous surveillance vidéo.

Arrêté le 18 mars en Belgique, après une cavale de plus de quatre mois, transféré en France le 27 avril, Salah Abdeslam est depuis placé en quartier d'isolement à Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande prison d'Europe, dans une cellule spécialement aménagée, sous la surveillance permanente de caméras. La principale hantise de l'administration pénitentiaire est un suicide du jihadiste, à l'image de Yassin Salhi, l'homme qui avait décapité son patron dans une mise en scène islamiste et s'est pendu fin 2015 dans sa cellule, à Fleury-Mérogis. Dans son courrier, Thierry Solère s'est également alarmé "du niveau de surpopulation carcérale" à Fleury-Mérogis, "qui atteint aujourd'hui 190%, un record inégalé, selon le député qui déplore que des matelas soient "posés à même le sol dans les cellules afin d'y accueillir les nouveaux détenus".
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