Sandrine Rousseau lance un plan de financement participatif pour les victimes de violences sexuelles

Sandrine Rousseau a également écrit un livre, "Parler". / © MAXPPP
Sandrine Rousseau a également écrit un livre, "Parler". / © MAXPPP

L'ancienne vice-présidente du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, Sandrine Rousseau, lance ce vendredi une campagne de financement participatif pour permettre à son accociation d'accompagner les femmes victimes de violences sexuelles. 

Par Jeanne Blanquart

Quelques semaines après la sortie de son livre "Parler" et alors que la parole des femmes se libère, notamment sur les réseaux sociaux, Sandrine Rousseau lance ce vendredi une campagne de financement participatif pour permettre à son association d'accompagner les victimes de violences sexuelles. "On ne peut pas demander à une femme d'aller porter plainte, seule, sans un réseau d'accompagnement derrière", explique l'ancienne vice-présidente du Conseil régional du Nord Pas-de-Calais.

"L'idée pour les bénévoles c'est d'accompagner les victimes jusqu'au commissariat. De prendre un café avec elles avant, éventuellement d'expliquer, une fois entrées dans le hall, que la personne est là pour porter plainte pour agression sexuelle. Puis d'apporter un soutien moral pendant le dépot de plainte, en vérifiant que tous les mots prononcés sont bien repris."

Parler pour que ça compte - Sandrine Rousseau


Pour concrétiser ce projet et créer des groupes d'accompagnement locaux, l'association doit trouver 10 000 euros par ville. "Pour le moment, on a assez de bénévoles pour ouvrir des antennes à Lille, Paris et Toulouse. Mais il nous manque des fonds", explique Sandrine Rousseau. D'où le lancement d'une campagne de crowdfunding sur la plateforme GoFundMe, afin de sensibiliser le public et de réunir des dons. 



Un accompagnement complémentaire


Si Sandrine Rousseau a souhaité lancer cette association, c'est pour proposer un accompagnement "complémentaire" à ce qui existe déjà, à savoir des aides juridiques, psychologiques, médicales etc. "On travaille déjà avec d'autres associations", précise Sandrine Rousseau. Un engagement qui fait écho à son livre, dans lequel elle explique à quoi point il est difficile de s'exprimer lorsqu'on est victime de ce type de violence, mais aussi au mouvement de libération de la parole qui a lieu sur les réseaux sociaux en ce moment. 


Suite à l'affaire Weinstein, de nombreuses femmes ont en effet partagé leurs expériences sur Facebook, Twitter, parfois sous le simple hashtag #MeToo, parfois en racontant plus en détails comment elles se sont trouvées victimes d'agressions sexuelles. Des témoignages aussi nombreux que différents, allant du harcèlement au viol. "C'est une bonne chose que la parole se libère, mais il faut l'accompagner pour que ça se transforme en changement", poursuit Sandrine Rousseau. "Et il ne faut pas se tromper de combat. Ce ne sont pas les femmes contre les hommes. Nous devons nous adresser à tous ceux qui veulent faire changer les choses."

Sur la diversité des situations, l'ancienne élue régionale y voit davantage une force. "Effectivement il y a des délits, des crimes, mais pour toutes ce sont les mêmes sentiments, les mêmes auditions, les mêmes fois où on nous demande de répéter 15 fois la même chose, la même peur, la même honte."



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