Smic, plastiques jetables, timbres, homéopathie... Ce qui change au 1er janvier 2020

Smic, produits plastiques jetables, timbres, homéopathie... Ce qui change au 1er janvier 2020. / © PHOTO PQR / LE REPUBLICAIN/ LORRAIN, PHOTO PQR/OUEST FRANCE/MAXPPP, PHOTO PQR/L'ALSACE/MAXPPP
Smic, produits plastiques jetables, timbres, homéopathie... Ce qui change au 1er janvier 2020. / © PHOTO PQR / LE REPUBLICAIN/ LORRAIN, PHOTO PQR/OUEST FRANCE/MAXPPP, PHOTO PQR/L'ALSACE/MAXPPP

En ce début d'année 2020, les Français vont connaître de nombreux changements : augmentation du timbre, fin des produits plastiques jetables, lunettes remboursées à 100% ou la fin du remboursement de l'homéopathie.

Par Noémie Javey

Le Smic revalorisé de 15 euros 


Le salaire minimum sera revalorisé de 1,2% au 1er janvier 2020. Les 2,3 millions de bénéficiaires du Smic toucheront ainsi 1 219 euros net en 2020 contre 1 204 euros en 2019. Cette hausse est liée à une hausse de l'inflation de 0,7% et d'une progression de 0,5% des salaires des ouvriers et des employés. 
 

Les timbres augmentent de 10%


Les timbres connaissent des augmentations successives depuis plusieurs années. Cette année n'y déroge pas. A partir du 1er janvier 2020, le prix des timbres rouges et verts augmentera de 10%. Il faudra ainsi compter 1,16 euros pour l'envoi d'un courrier de moins de 20 grammes prioritaire (timbre rouge) et 0,97 euros pour un timbre vert, le plus utilisé en France. 
 

Un internaute estime à "8,6%" l'augmentation moyenne par an du prix du timbre sur les huit dernières années. 

Zone tampon pour se protéger contre les pesticides


Le vendredi 20 décembre dernier, le gouvernement avait annoncé que des distances de sécurité seront mises en place pour protéger les habitants qui vivent à proximité de terrain agricoles contre les pesticides. Des zones tampons vont ainsi être créées, d'une longueur différente selon les cultures :
  • 5 mètres pour les cultures basses comme les céréales
  • 10 mètres pour l'arboriculture, la viticulture, la forêt, les petits fruits et les cultures ornementales de plus de 50 centimètres. 
Dans la région, le recours aux pesticides divise. A la suite de l'annonce du gouvernement, les principaux syndicats agricoles ont fait part de leur colère, comme Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : "Comme l'ensemble des agriculteurs, je suis sous l'effet de la colère. Notre position à la FDSEA, c'était des zones non-traitées à zéro mètre. Accepter des zones de dix mètres de non-traitement aujourd'hui, c'est ouvrir la boite de Pandore parce que même à 8 km, les zones de non-traitement seront encore insuffisantes."
 

Au contraire, pour les associations environnementales, la mesure reste insuffisante. Nadine Lauverjat de l'association Générations Futures estime que "dix mètres c'est vraiment très faible. Il y a des études qui sont menées par Santé publique France qui considèrent que la population non-exposée doit être à 8 km des zones d'épandage donc vous imaginez bien qu'à dix mètres les populations continueront à être exposées."
 

Certains maires ont même pris des arrêté anti-pesticides malgré l'ultimatum du préfet. Le maire UDI de Trélon, dans le Nord, François Louvegnies : "On a pris les devants. Nous, maires, avons décidé d’interdire à 100 mètres des maisons l’utilisation des produits. Au-delà, on l’utilise, je ne vais pas les gêner ailleurs. Je ne mets pas en cause les traitements. Ce que je mets en cause, c’est la façon de les appliquer. Il faut que l’agriculteur travaille. Il faut qu’il gagne sa vie. Mais il faut aussi qu’on respecte complètement les habitants."
 


Vers une interdiction des produits plastiques jetables 


Pour 2020, il faudra dire adieu aux coton-tiges, assiettes et gobelets en plastique. Cette interdiction et son application a été précisée par un décret publié au Journal officiel le 27 décembre dernier. il fait suite aux dispositions de la loi Egalim d'octobre 2018 qui a décidé de l'abandon de ces produits plastiques nocifs pour l'environnement. 
 

D'autres objets viendront compléter la liste en 2021 comme les assiettes, les couverts, les plateaux-repas, les pots-à-glace, les saladiers, les boîtes et les pailles. 
 

Homéopathie : premier pas vers le déremboursement 


A partir du 1er janvier 2020, les petites granules d'homéopathie ne seront plus remboursées qu'à 15 % contre 30 % actuellement avant de ne plus du tout être remboursées en 2021. 

Le groupe Boiron, leader mondial de l'homoéopathie dispose d'un important établissement dans la métropole lilloise, à Villeneuve-d'Ascq, employant une centaine de salariés. A l'été 2019, la Haute autorité de santé a déclaré que les produits homéopathiques "n'ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d'un remboursement".  Un avis qui a entraîné la colère des laboratoires pharmaceutiques dont Boiron. Pour le collectif Fakemed, c'est "un chantage à l'emploi pour influer sur une décision strictement scientifique."
 

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a notamment revendiqué le maintien du déremboursement de l'homéopathie. Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, il a estimé que ce serait une "fausse bonne idée" qui mettrait à mal le "pouvoir d'achat" et la "liberté de choix des patients". Il lui a demandé au moins de "maintenir un taux de 15%."
 
 

Médicaments : nouvelle règle de substitution des médicaments génériques 


Les pharmaciens pourront délivrer un médicament du même groupe générique par substitution à la spécialité prescrite par le médecin, sauf si ce dernier a exclu cette possibilité, en ayant indiqué sur l'ordonnance une mention expresse et justifiée. 
 

Lunettes 100% remboursées


La mesure avait été une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Elle rembourse totalement les lunettes, les prothèses dentaires et les prothèses auditives. Le remboursement intégral devra être effectué par la Sécurité sociale et la mutuelle santé du patient. 

Ce décret s'appliquera aux contrats souscrits ou renouvelés à compter du 1er janvier 2020 pour les lunettes et les prothèses dentaires et à compter du 1er janvier 2021 pour les aides auditives. Des plafonds sont pour autant prévus. Jusqu'à 800 euros pour des verres progressifs et 100 euros maximum pour les montures. 
 

Le dioxyde de titane interdit pour un an dans l'alimentaire


Le E171 est un additif alimentaire constitué de particules de dioxyde de titane (TiO2), qui est utilisé pour ses propriétés colorantes et opacifiantes dans de nombreux produits alimentaires comme les bonbons ou les pâtisseries. Pendant un an, toutes les denrées alimentaires contenant cet additif ne pourront plus êtres mises sur le marché. 

Cette décision a été prise par l'Agence nationale de sécurité sanitaire du fait d'un "manque de données scientifiques pour lever les incertitudes sur l'innocuité de l'additif E171".
 

Une décision saluée par Pascal Canfin, président de la commission environnement du Parlement européen : "Après le bisphénol A, la France est à la pointe du combat pour protéger notre santé."
 

Augmentation du prix du paquet de cigarettes pour certaines marques

 
Le prix de certaines marques de cigarettes, tabac à rouler ou cigarillos vont augmenter selon un arrêté publié au Journal officiel du 8 décembre 2019. Dans celui-ci, les différentes hausses sont détaillées
 


Un autre type de mesure a été pris à Orchies pour lutter contre le tabagisme. La commune du Nord qui a noué un partenariat avec la Ligue contre le Cancer a décidé d'interdire la cigarette dans l'un de ses parcs. 
 
 

Permis à 1 euro : réservé aux écoles de conduite labellisées 


A partir du 1er janvier 2020 (et au plus tard au 1er mars 2020), le dispositif du "permis à 1 euro par jour" sera uniquement accessible aux écoles de conduite et aux associations disposant du label "qualité des formations au sein des écoles de conduite". 
 

En Belgique, des zones de basses émissions plus restrictives 
 

Les véhicules diesel de la norme Euro 3 seront désormais interdits d'accès dans la Zone de Basses Émissions qui concerne tout le territoire de la région de Bruxelles-Capitale. Une période de trois mois est quand même prévue pour laisser le temps aux automobilistes de s'adapter. Ce ne sera qu'à partir du 1er avril 2020 qu'ils risqueront une amende de 350 euros en circulant dans la LEZ (Low Emission Zone).

L'interdiction concerne aussi bien les véhicules immatriculés en Belgique que ceux immatriculés à l'étranger. Ces derniers doivent être obligatoirement enregistrés sur le site www.lez.brussels, même si on roule à bord d'une voiture répondant aux normes admises, sous peine d'amende de 150 euros.
 

A Gand, la Zone de Basses Émissions entrera officiellement en vigueur le 1er janvier prochain. Anvers avait déjà lancé la sienne en 2017. Comme dans la capitale, les véhicules Euro 1, Euro 2 ou antérieurs peuvent ainsi accéder à la LEZ moyennant paiement, mais seulement huit fois par an. A compter du 1er janvier 2020, ce sera aussi le cas pour les véhicules Euro 3 et Euro 4 (sans limite annuelle). 
 

Le Brexit pour la fin du mois ? 


La quatrième fois sera-t-elle la bonne ?  La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a été fixée au 31 janvier. Depuis le 12 décembre dernier, Boris Johnson, le Premier ministre britannique peut s'appuyer sur une majorité écrasante. 
 

Huit jours plus tard, la chambre basse du Parlement a approuvé le projet de loi traduisant dans la loi l'accord de divorce négocié avec Bruxelles. Ce texte doit désormais faire l'objet de débats plus détaillés à partir du 7 janvier et d'une adoption finale espérée par le gouvernement dès le 9 janvier. Une fois l'assentiment de la reine reçu, il ne restera alors plus qu'au Parlement européen de le ratifier pour que le Royaume-Uni sorte de l'Union européenne le 31 janvier, après 47 ans d'une vie commune mouvementée. 
 

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