SNCF : le réseau régional des Hauts-de-France repensé, les usagers picards inquiets

Ce dimanche 15 décembre, une refonte du réseau ferroviaire entre en vigueur dans la région Hauts-de-France. Nouveaux horaires, nouvelles lignes : la SNCF entend gagner en efficacité, au risque de bouleverser le quotidien de ses usagers.

Illustration train SNCF en gare d'Amiens
Illustration train SNCF en gare d'Amiens © N. Corselle / FTV
Sept années se sont écoulées depuis 2012 et la dernière refonte du réseau régional de train. Sept années pendant lesquelles les besoins en termes de mobilité ont changé, les secteurs d'activités se sont déplacés et l'offre ferroviaire s'est dégradée. D'où la nécessité pour la région Hauts-de-France et la SNCF de mettre en œuvre un nouveau schéma, entré en vigueur ce dimanche. Avec pour objectif final une augmentation de 9% de l'offre ferroviaire et 15 000 clients supplémentaires d'ici 2024.
 

Une offre abimée

"On a fait le constat d'une offre abimée avec des problèmes de capacité et des pannes qui se multipliaient malgré un afflux croissant d'usagers, reconnaît Florent Martel, directeur des opérations TER des Hauts-de-France. Bien loin du "triple A" exigé par la région : assis, à l'heure, averti. Alors il a fallu repenser le réseau en partant de zéro.

Désormais, il existera quatre types de TER, auxquels seront associées quatre couleurs. Les "Proxi", en vert, desserviront les petites gares ; les "Citi", en bleu, seront assignés aux périphéries des grandes villes ; les "Krono", en rouge, assureront des liaisons directes et rapides entre les grandes villes ; et enfin les "Krono+ GV", en violet, agiront comme les "Krono" classiques, version plus rapide. La SNCF a d'ailleurs publié une carte détaillée du nouveau réseau.

Pour faire simple, il s'agit d'un système de correspondances où les usagers des petites gares sont petit-à-petit acheminés vers les plus grosses stations. "Un système pas bête sur le papier mais mené un peu trop à la hussarde, sans véritable concertation avec les usagers", regrette Michel Magniez, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) des Hauts-de-France.
 

Les petites gares moins desservies

S'il reconnaît de belles améliorations autour d'Amiens, notamment "un bel effort" sur la liaison Amiens-Calais, il s'inquiète pour les villes moyennes ainsi que pour les petites stations de campagne. Pourtant, la SNCF l'assure, aucune des 304 gares que compte le réseau n'a été sacrifiée. Toutefois, "certaines zones auparavant surdimensionnées ont été réduites", affirme Florent Martel.

C'est notamment le cas d'Ailly-sur-Somme et de Longpré-les-Corps-Saints qui ont perdu un train sur quatre, ou de Fresnoy-le-Grand et Bohain-en-Vermandois, dans l'Aisne, qui ont perdu un train sur deux. Des trains désormais affectés à l'offre Krono, qui passent en gare mais ne s'arrêtent pas en raison d'une trop faible fréquentation.

"On ne peut pas à la fois augmenter la vitesse de nos liaisons et le nombre de gares desservies", souligne Florent Martel. Et dans cette refonte, la SNCF a clairement fait le choix de la vitesse en essayant, dit-elle, de maintenir son offre auprès des plus petites gares.
 

Le dialogue se poursuit

Des changements parfois difficiles à avaler parce qu'ils bousculent les habitudes des usagers. "En quelques mois, on a reçu environ 150 retours, affirme Michel Magniez, ce qui est beaucoup : des gens qui ont peur de perdre leur emploi, des parents inquiets pour la ponctualité de leurs enfants au lycée et des gens résignés qui vont reprendre leur voiture."

Certains horaires ont d'ores et déjà été adaptés. "Nous n'étions pas au courant de tous les enjeux locaux, reconnaît le responsable TER de la région, mais nous nous sommes basés sur des études, de l'INSEE notamment, et sur les besoins et les demandes que nous avions déjà identifiées." Premier bilan de cette refonte dans six mois.
 
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