La police municipale d'Abbeville se dote de caméras-piétons pour "apaiser les tensions" lors des patrouilles

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Depuis mercredi 7 décembre 2022, les policiers municipaux d'Abbeville sont équipés de caméras-piétons lors de leurs patrouilles. Un investissement de 10 000 euros qui permet d'assurer la sécurité des policiers et des riverains.

Sur les gilets des policiers municipaux, impossible de ne pas la remarquer. Depuis mercredi 7 décembre, les agents d'Abbeville patrouillent avec des caméras-piétons.

Elle est portée "au niveau de la poitrine" et peut servir "en cas de conflit avec un individu qui pourrait être agressif ou qui pourrait être également insultant", explique Luc Henot, chef de service de la police municipale. 

"Nous sommes rassurés, c'est un plus"

La caméra-piéton n'est pas allumée en continu, l'agent doit la déclencher et prévenir l'individu qu'il est filmé. "C'est l'agent qui détermine le moment du déclenchement de la caméra", ajoute-t-il. La caméra a une autonomie de 8 à 9 heures, et peut donc couvrir une très grande partie de leurs vacations. 

Dans un parc de la ville, où les policiers effectuent régulièrement des contrôles, le nouvel appareil rassure les agents. "Oui, nous sommes rassurés, c'est un plus". Pour Luc Henot et ses collègues, c'est un outil "indispensable pour un policier" qui offre des preuves supplémentaires s'il y a "une rébellion". 

Cette initiative peut aussi servir à apaiser les tensions, "également pour le policier, ça peut l'amener à être dans une attitude un peu plus zen, il doit aussi se contenir". C'est en somme un outil de civilité pour les deux côtés. 

La caméra piéton, c’est de l’instantané. Le déclenchement va se faire si une situation dégénère, c’est l’agent qui décide de déclencher ou pas sa caméra

Luc Henot, chef de service de la police municipale d'Abbeville

Une fois de retour au poste de police, les images sont déchargées "automatiquement" s'il y a une séance de filmée. Celles-ci vont ensuite être gardées pendant un mois. Elles peuvent "servir dans le cas d'une procédure judiciaire comme un outrage, si nous avons été insultés, ou une rébellion". 

Un coût global de 10 000 euros 

Le coût global de l'investissement pour les caméras-piétons est de 10 000 euros. "Ça vaut vraiment le coup car la police municipale est en première ligne tous les jours", affirme Pascal Demarthe, maire d'Abbeville.

Ce sont des "caméras très perfectionnées qui permettent d'enregistrer des conversations, mais surtout de pouvoir capter des images fiables qui peuvent être utilisées pour d'éventuelles enquêtes", détaille-t-il. 

Cette initiative est d'autant plus importante que la ville s'est enrichie d'une "brigade verte" qui sillonne les parcs et jardins de la ville, et peut être confrontée à des situations compliquées dans des lieux assez reculés de la ville.

Par exemple, "ils peuvent faire face à des trafics cachés, des tentatives de cambriolage, donc il y a un certain nombre d'éléments qui nous poussent à faire en sorte que la police municipale soit très bien équipée". 

"Nous avons fait de la sécurité notre priorité"

Depuis plusieurs années, Abbeville s'axe "sur la sécurité", même si la ville est "tranquille" et "pas dangereuse", d'après le maire. Il existe néanmoins "des incivilités, beaucoup de problématiques liées à des trafics de drogues comme toutes les villes moyennes". 

Pour Pascal Demarthe, "nous sommes une ville qui présente des difficultés, certes. Mais il faut justement combattre à la base, si on n'agit pas à la base, les problèmes qui existent peuvent croître et donner de très mauvais résultats par la suite". Cette initiative des caméras-piétons s'inscrit donc dans une optique de faire de la sécurité une priorité. 

Et pour le moment, seul le chef de la brigade, le maire d'Abbeville et l'adjoint à la sécurité ont le droit de visualiser les images. 

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