Dons de nourriture ou de masques : les Picards solidaires face au coronavirus

Avec sa surjeteuse, Maryse Gérard a déjà confectionné une vingtaine de masques en coton pour les infirmières libérales. / © M. Gérard
Avec sa surjeteuse, Maryse Gérard a déjà confectionné une vingtaine de masques en coton pour les infirmières libérales. / © M. Gérard

Depuis le début du confinement général annoncé par Emmanuel Macron le 16 mars, de nombreux Picards ont pris des initiatives pour venir en aide au personnel soignant, aux forces de l'ordre ou aux plus démunis.  
 

Par MCP

Du don de matériel

Lorsqu’elle parle des médecins et des infirmières, Maryse Gérard ne peut s’empêcher de lâcher quelques sanglots. "Ils risquent leur vie tous les jours pour nous soigner, ça m’affole de voir tous ces gens inconscients qui continuent à sortir."

À 56 ans, cette retraitée de l’Éducation nationale a décidé de soutenir le personnel soignant à son niveau. Inspirée par les élans de solidarité sur les réseaux sociaux, elle a décidé de fabriquer des masques pour les infirmières libérales. "Une infirmière d’Amiens m’a dit qu’elle en avait besoin, précise Maryse. J’en ai aussi cousu pour celles de ma commune."
 
Confortablement installée dans sa maison de Pont-Noyelles, dans la Somme, Maryse a déjà cousu une vingtaine de masques en 24 heures. Trois épaisseurs de coton finement tissées et lavables à 60 degrés. "Je sais que ce n’est pas complètement étanche au virus mais c’est déjà mieux que rien", reconnaît cette passionnée de couture.
 

Les infirmières libérales de Pont-Noyelles ont récupéré leurs masques. "J'ai laissé le sac devant la porte, comme ça nous n’avons pas de contacts". Une bonne âme qui devait se rendre à Amiens s'est portée volontaire pour récupérer le colis de Maryse et l'apporter à l'infirmière qui continue de travailler dans son cabinet.
 
D'autres ont décidé d'aider les soignants en mettant à disposition leurs appartements. C'est le cas de cette internaute, Elsa Dec, qui propose un F2 situé proche du CHU d'Amiens. Ce logement meublé pourrait permettre, par exemple, d'héberger des membres de la réserve sanitaire qui seraient rappelés pour venir en aide au personnel de l'hôpital amiénois.
 


Du don de nourriture

Certains restaurateurs ont décidé de faire des dons alimentaires pour soutenir ceux qui contribuent à la protection des citoyens. Aurélien Gambart, propriétaire d’un kiosque à pizzas à Albert, qui a décidé de fermer malgré l’autorisation du gouvernement. "Je me suis dit que la livraison de pizzas n’était pas un service vital pour la France, précise le pizzaïolo. J’ai préféré protéger ma famille, mon salarié et mes clients."
 

Au lendemain de l’annonce du gouvernement, Aurélien est revenu dans son kiosque à pizzas pour donner un dernier coup de ménage avant la fermeture. "J’ai 48h pour utiliser les ingrédients ouverts alors j’ai décidé de préparer 60 dernières pizzas avec ce qu’il me restait, raconte-t-il. Ensuite, j’ai appelé les pompiers et les gendarmes d’Albert pour leur offrir ces pizzas. Ils étaient très contents !"

En cas de prolongation du confinement dans 15 jours, Aurélien pense déjà à renouveler l’opération. "Mon stock doit être consommé d’ici 3 semaines donc si le confinement est prolongé, je ferais à nouveau des pizzas pour ne pas gâcher." Cette fois, le pizzaiolo envisage de les offrir aux ambulanciers, aux hôpitaux ou même aux caissières de supermarchés "qui sont très courageuses", conclut-il.


Du don symbolique  

En plus des dons de nourriture, d’autres préfèrent apporter un soutien moral aux soignants engagés dans la lutte contre le Covid-19.  C’est le cas des chasseurs de l’Oise, qui se portent volontaires pour sonner les honneurs ou faire vibrer leur trompe chaque soir à 20 heures. "Ce geste symbolique est ainsi une alternative à celui des populations des villes invitées à applaudir, chaque soir, depuis leur balcon ces personnels en première ligne, et c'est avec fierté que nous le relayons" précise Guy Harlé d'Ophove, président de Fédération des chasseurs de l'Oise, sur les réseaux sociaux.
 
 

Du don de soi

Enfin, certains Picards ont décidé de répondre à l’appel de l’Établissement Français du Sang, qui demande aux donneurs de se mobiliser pour aider les malades. Sur les réseaux sociaux, plusieurs photos témoignent de cet engagement comme dans le quartier Saint-Leu d’Amiens, où les donneurs font la queue à l’extérieur de l’établissement.
 

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