Au CHU d'Amiens, on opère les maux de dos par le ventre

L'équipe du Pr. Johan Peltier du CHU d'Amiens au bloc opératoire. / © France 3 Picardie
L'équipe du Pr. Johan Peltier du CHU d'Amiens au bloc opératoire. / © France 3 Picardie

Depuis deux ans, cette technique est pratiquée au CHU d'Amiens pour traiter les lombalgies chroniques. L'incision par l'abdomen engendre moins de dégâts musculaires et une récupération plus satisfaisante. 

Par France 3 Picardie / ML

Quatre mois qu'Annabelle Mourin est sous morphine. Cette femme de 46 souffre d'un mal de dos chronique. Après une première opération d'une hernie discale en 2002, elle s'apprêtait à bénéficier vendredi dernier d'une technique récente pratiquée au CHU d'Amiens : la pose d'une prothèse au niveau des lombaires depuis le ventre.



L'idée a de quoi surprendre mais n'a pas rebuté la patiente. "J'ai dit oui tout de suite, confie-t-elle, en attendant de partir au bloc. Quand on souffre, on serait prêt à tout faire pour que ça s'arrête." Comme de nombreux patients, c'est un disque dépourvu de cartilage sur la colonne vertébrale qui la fait souffrir.

Deux opérations par semaine


Pour la soulager, le professeur Johan Peltier enlève le disque inflammatoire et le remplace par une prothèse en plastique. Pour l'introduire, le neurochirurgien ne va pas opérer par le dos pour ne pas fragiliser les muscles dans une zone déjà douloureuse mais par le ventre, en passant derrière les muscles abdominaux.

Cette technique est pratiquée depuis une dizaine d'années en France. / © France 3 Picardie
Cette technique est pratiquée depuis une dizaine d'années en France. / © France 3 Picardie


"En opérant par le dos, comme ça se faisait auparavant, on a un risque de dégénérescence graisseuse de ces muscles, expose-t-il. On abîme les muscles, on crée de la cicatrice, ce qui est pourvoyeur de lombalgie. On réentraîne un nouveau mal de dos." Le chirurgien effectue deux opérations de ce type par semaine sur des patients âgés de 25 à 55 ans. "

"La douleur : zéro"


A la sortie du bloc, la différence entre les deux procédés se fait sentir. Jean-Luc Pailier a été opéré avec les deux méthodes. "J'ai eu cette impression d'avoir récupéré plus vite, raconte-t-il, trois jours après être sorti, remarché plus vite. Franchement, la douleur : zéro."



L'opération ne dure qu'une heure et demie, et les malades du dos sont unanimes. Au bout de 4 mois,  ils retrouvent un seuil acceptable de douleur de 0 à 3, peuvent retravailler et retrouvent une vie sociale normale.

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