Cathédrale d'Amiens : retour sur plusieurs siècles de restaurations

Huit cents ans après sa construction, un nouveau chantier de restauration vient de s'achever à la cathédrale d'Amiens. Depuis plus de deux siècles, l'édifice gothique est l'objet de travaux destinés à la faire encore perdurer dans le temps. 
La cathédrale d'Amiens. Illustration.
La cathédrale d'Amiens. Illustration. © France 3 Picardie
 Construite au XIIIème siècle – la première pièce de l’édifice a été posée en 1220 par l’évêque Evrard de Fouilloy -, la cathédrale Notre-Dame d’Amiens représente une œuvre colossale. Le plus grand édifice gothique de France a fait l’objet au fil des siècles de nombreux chantiers de restauration.
 
« C’est indispensable, affirme Aurélien André, archiviste diocésain et historien d’art. Si un édifice qui a près de 800 ans est encore debout aujourd’hui c’est qu’on a toujours pris soin de lui que ce soit au Moyen-Âge, à l’époque moderne, au XIXème ou au XXème siècle.  Tous les édifices, ceux qui n’ont pas connu toutes ces restaurations, ont bien souvent disparu, tout simplement. »
   
Relativement épargnée par la Révolution française, la cathédrale d’Amiens a connu peu de dommages, mais aussi peu d’entretien. Les années ont contribué à dégrader l’édifice, si bien que décision est prise de lancer un premier cycle de restauration dès 1810. Plusieurs architectes se succèdent sur le projet, notamment Etienne-Hyppolite Godde et François-Auguste Cheussey. Les statues de la galerie des Rois sont également restaurées par les sculpteurs amiénois Louis et Aimé Duthoit.
 
Eugène Viollet-le-Duc mènera d’importants travaux à Amiens jusqu’en 1874, dont certains ont fait l’objet de vifs débats. Dans un premier temps, la façade occidentale est restaurée. La galerie des Sonneurs, située au-dessus de la rosace et qui permet de passer d’une tour à l’autre, est reconstruite. Les hauteurs de celles-ci sont égalisées.

  
Les travaux de restauration reprennent un an après la signature de la convention du Patrimoine mondial de l’Unesco – la cathédrale, elle, y est inscrite dès 1981. La flèche, les chapelles rayonnantes, le mobilier sont notamment remis en état.
 
La façade occidentale est de nouveau l’objet de travaux. Le chantier emploie une technique alors innovante : la désincrustation photonique, une méthode de nettoyage au laser, au niveau des trois portails. Derrière la couche de salissure accumulée au fil des siècles, les restaurateurs découvrent des traces de bleu, de rouge, d’ocre, d’or, de vert… Confirmation est donc faite que Notre-Dame d’Amiens, à l’origine, était polychrome. Les autres façades extérieures sont restaurées dans les années qui suivent.

   
Les pierres de ce pan moins connu de l’édifice ont subi de nombreux dommages, œuvre du temps, de la pollution et de l’érosion. Pendant quatre ans, il aura fallu en remplacer 80m3, réhabiliter les maçonneries, verrières mais aussi d’imposantes sculptures. Certaines, trop abîmées, sont conservées à l’abri et remplacées par des copies élaborées par imprimante 3D.
 

Alors que celui de la façade sud s’est achevé il y a quelques jours, un nouveau cycle de travaux commence. Pendant cinq ans environ, les services de la DRAC vont se concentrer notamment sur les parties basses du chevet. La prochaine phase de restauration pourrait ensuite ne survenir que dans un siècle et demi.


 



 
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